histoire-fêtes

Les fêtes sont passées. Ouf, nous allons enfin pouvoir respirer…

Car la préparation de ces réjouissances nous laisse souvent sur les rotules.

Lorsque mon petit dernier me porte début décembre sa liste pour le Père Noël, je me dis que cette année, c’est chouette,  il n’a pas commandé un catalogue entier mais seulement quelques jouets et autres. Mais lorsque je prends ma calculette, pour constater à combien vont nous revenir tous ces beaux joujoux, je manque m’étrangler… le budget n’est pas dépassé, il est tout simplement explosé !

Vu que mes deux fils aînés ont aussi droit à leur Noël, je révise la liste avec mon petit garçon, pour ne garder que les jouets et jeux « réellement  indispensables ». Heureusement que notre famille est grande, ça aide.

Ensuite, vient le moment tant redouté des parents, celui où l’on décide de se rendre dans son magasin de jouets préféré ! Déjà, il faut arriver tôt le matin, sans quoi plus de place dans le parking ! Et mieux vaut se saisir rapidement d’un caddie.

Enfin, en respirant un grand coup, on pénètre dans l’antre du jouet, le royaume multicolore du gadget en tout genre, le paradis sur terre pour les enfants, qui se transforme alors en domaine de chasse pour les parents. Armée de l’indispensable liste, d’un stylo qui marche -c’est mieux- je m’avance dans l’allée centrale, suivie de près par mon mari, l’œil déjà aux aguets.

En cinq minutes tout au plus, nous passons de quelques parents à…beaucoup de parents ! Visiblement, ils se sont tous levés tôt. En soupirant, je tente de repérer les rayons qui nous intéressent. Lorsque nous trouvons l’objet convoité, nous le jetons fébrilement dans le caddie en cochant furieusement notre liste.

Soudain, l’horreur absolue, la hantise des parents… le fameux jouet que l’on ne trouve pas dans le rayon correspondant. Sueurs froides et gorges sèches, nous partons à la recherche d’un vendeur. C’est amusant un vendeur, quand vous n’en avez pas besoin il y en a dix autour de vous, mais lorsque vous en cherchez un, pouf, ils ont tous disparu. Ou bien ils sont occupés, c’est selon ! Dans ce dernier cas, on attend stoïquement, sauf que parfois, le vendeur est happé par l’enquiquineuse de service, qui pense que le personnel du magasin est à son service exclusif ! Enfin, quand vous réussissez à intercepter le pauvre gars qui sue sang et eau, que vous lui demandez le jouet dont votre enfant ne saurait se passer, il vous annonce froidement, sans même prendre des gants, que l’objet est en rupture de stock…

Quel parent n’a pas senti son cœur s’arrêter un instant de battre à cette soudaine annonce ! On se voit alors courant les magasins de la ville entière à la recherche de l’arche perdue…euh, pardon du jouet introuvable ! Heureusement, cette année nous avons tout trouvé ou presque, dans le même magasin.

Mais n’oublions pas la case caisse ! Il faut bien en passer par-là. Généralement, au moment de garer son caddie au bout de l’interminable queue, il nous prend souvent l’envie furtive de tout reposer, de faire un malaise, de crier au loup. Bref, de se sauver en courant… Encore plus depuis l’ère du téléphone portable car, en général, ceux qui s’ennuient, ont le vilain réflexe d’appeler une de leurs connaissances pour lui raconter leur vie en détail. Et si possible en parlant fort. Ah, mes pauvres oreilles s’en souviennent encore !

Après ces pérégrinations mouvementées, il est temps de préparer le réveillon de Noël. Entre divers menus, il faut choisir le meilleur, celui qui plaira à tout le monde. Bien souvent, on se retrouve à concocter divers petits plats, car il faut bien contenter toute la famille. C’est frustrant une personne qui ne mange rien un soir de fête. Alors, on se retrouve chef d’un jour et on comprend un peu, combien ce métier peut être difficile. Mais au-delà de ces basses considérations, quel plaisir pour celui qui cuisine de recevoir des compliments de ses hôtes…

Ce sont ces petits moments là, qui nous font oublier la jungle du grand magasin, où nous avons dû nous rendre armés, non pas d’une machette mais d’un caddie. Ah, le caddie ! Ce dernier peut être une arme très dangereuse, quand il est placé entre de mauvaises mains. Certains se sentent tout-puissants au volant de ce machin à roulettes et vous écrasent les pieds ou vous bousculent, en vous jetant de vagues pardons dont la sincérité laisse à désirer. Il faut beaucoup de courage pour faire ses courses pendant les fêtes. Affronter ces fauves en liberté qui sont prêts à vous mordre pour un bout de viande ! L’esprit de Noël n’est pas dans l’esprit de tous c’est certain…

Enfin, quand l’effervescence de Noël est passé, quand vous soupirez d’aise en vous disant que c’est enfin terminé, votre fils aîné arrive et vous demande avec un large sourire :

– Qu’est-ce qu’on mange pour le réveillon du nouvel an ?

L.L.H