goûter-anniversaire-histoire

Flexion, extension, un peu d’abdominaux, étirement des biceps, contrôle de la respiration… Non, je ne me prépare pas pour un marathon mais pour le goûter d’anniversaire de mon fils.

Eh oui, sept ans, ça se fête ! Mais attention, mieux vaut être en forme pour le jour J. Car organiser ce genre de petites fiestas requiert une énergie considérable. Surtout si on a décidé de faire le gâteau soi-même.

Mais commençons par le commencement.

Tout d’abord, il y a les invitations. Ô combien importantes. Le choix s’avère crucial en effet. Vous, vous croyez bêtement qu’il va choisir son héros favori et bien non, il préfère tout autre chose. Parce que vraiment, il n’aime plus du tout Spiderman.

— Ben ouais, quoi ! T’es nulle Maman…
Enfin bref !
Ensuite, il faut les rédiger ces fameuses cartes. Et dans ce cas là, un conseil, faites vite car sinon, toutes les cinq minutes, vous aurez droit à :
— On les fait ces cartes ? On les fait ?
Et même au petit coin, vous ne serez plus tranquille !
Puis vient le moment de choisir les copains qui seront invités. Choix extrêmement crucial !
— Je peux inviter toute la classe ?
— Euh, mon chéri, ça risque de faire un peu beaucoup dans le salon…
— Allez, steplaaaaît !!!
— Désolée, mais dans la vie, il faut faire un choix.
Mais à sept ans faire un choix, c’est dur ! Une demi-heure, c’est le temps minimum qu’il faut à mon fils pour se décider, après avoir changé dix fois d’avis. Surtout, ne pas oublier le meilleur copain. Même pas la peine d’envisager la fête sans lui. Ensuite, il y a la copine dont il faut inviter la meilleure amie, sinon elle ne viendra pas. Ah ! Les filles, même à cet âge là, elles font tourner en bourrique les garçons. Enfin, il y a les :
— Ah non, elle, je l’invite pas, j’l’aime pas !
Sauf que l’enfant concerné est justement la fille d’une maman que je connais bien. Aie !
— Tu es certain que tu ne veux pas l’inviter ?
— Beuh non ! Elle est trop méchante !
Pas dans le caca moi…
Au bout du compte, après maintes délibérations, dignes d’un jury de tribunal, nous sélectionnons dix petits invités, dont les prénoms sont soigneusement rédigés sur l’enveloppe qui accompagne la carte.
Le lendemain, distribution des invitations, en croisant les doigts pour qu’un autre anniversaire n’ait pas lieu le même mercredi que nous. Mais non tout va bien. Enfin presque, car on a frôlé la catastrophe. La maman du meilleur copain travaille ce jour-là, il a failli ne pas venir. Heureusement comme je connais sa mère, nous trouvons ensemble une solution.
Bon, les dés sont jetés, plus possible de revenir en arrière. La fête va avoir lieu.
Deux jours avant, c’est le moment des courses, que je recommande sans enfant, pour plus de tranquillité et pour ne pas se retrouver avec un stock de bonbons pour les dix prochaines années à venir. Là, on se rend dans son supermarché favori, on prend un caddy, on bifurque vers le rayon de friandises. Oui, oui, celui qu’on évite d’habitude. Et avec forts gestes gracieux, on jette dans le chariot divers paquets de bonbons, tous plus colorés les uns que les autres, sous le regard effaré d’une vieille dame, qui se demande si c’est vous qui allez manger tout ça. Puis, il y a les boissons. Parmi ces dernières, le fameux breuvage au cola qui se doit de ne pas manquer sur une table de fête d’enfants, sous peine de voir apparaître des moues désabusées et des remarques blessantes. Sauf que, on s’en passerait bien volontiers pour certains petits diablotins qui, après en avoir ingurgité un verre semblent montés sur ressort !
Ensuite, il y a la décoration : nappe, assiettes, verres à l’effigie de tel ou tel héros enfantin. Ne pas oublier les bougies, ça pourrait jeter un froid le jour de la fête. Souffler sur une bougie d’ambiance, c’est pas le top pour un gosse.
Le jour J, je me lève aux aurores et le nez dans mon café brûlant, je pense à tout ce que j’ai à faire.
A peine arrivé, mon enfant me crie dans l’oreille :
— C’est aujourd’hui qu’ils viennent !
— Mouais…
— Ouaaaaaaaaaaaais !!!!!
Ça, c’est un avant-goût de ce qui m’attend. Où est mon aspirine…
J’ai prévu un gâteau pirate, d’après des modèles trouvés sur Internet. Sauf que, ayant suivi bien consciencieusement la recette, j’ai oublié qu’il fallait doubler les doses. Donc, il a fallu faire une autre génoise au chocolat. Pendant ce temps-là, l’heure tourne et je me demande comme à chaque fois, pourquoi je n’ai pas tout simplement acheté le gâteau, comme ma copine Elise qui, pour l’anniversaire de sa fille a juste eu à ouvrir le carton, ce qui lui a pris deux secondes et demi. Et une de plus pour mettre sur un plateau. Mais bon, je m’accroche et pendant que le deuxième gâteau cuit, je prépare une tarte aux pommes. J’ai l’habitude, ça va vite.
Puis, pendant que les génoises refroidissent, je nettoie la maison, prépare la décoration, en évitant une espèce de petit diable, qui court dans tous les sens en me demandant toutes les cinq minutes, si l’après-midi, c’est pour bientôt. Des fois que ça fasse avancer le temps plus vite.
Après le déjeuner, j’entreprends illico la décoration du gâteau pirate, enfermée dans la cuisine pour que mon fils ne le voit pas. Heureusement, cela se passe mieux que prévu. Au passage, je goûte une chute, on ne sait jamais. Et aussi quelques bonbons, oups…
Puis, tout le monde s’habille et à 13 h 30, tout est fin prêt. Les ballons pour indiquer la fête sur la rambarde de la terrasse et sur la porte d’entrée sont accrochés. Tout semble Ok !
Ouf ! J’ai bien cru ne jamais y arriver…
L’espace d’un instant, me vient la fugace envie de courir très très vite, très très loin… mais soudain le premier invité sonne à la porte. C’est parti !
Les enfants arrivent les uns derrière les autres. À peine un bisou à leur mère, et hop ! Ils se ruent dans la chambre de mon fils en me jetant leurs vestes au passage. Heureusement, l’une de mes amies, qui est aussi la maman d’une copine de mon fils, décide de rester pour me donner un coup de main. Avec mes fils aînés, on ne sera pas de trop.
Lorsque tous les petits invités sont là, la fête commence enfin.
Et soudain… l’appartement entre dans la quatrième dimension. Le chat qui s’est sauvé – le veinard – en a encore les poils qui frémissent. Ce ne sont plus des enfants mais des GCPNI ( Gamins courant partout non identifiés ). J’en retrouve un debout sur le canapé, un autre a déjà grimpé sur le lit en hauteur de mon fils. D’autres se cachent dans ma chambre. Une horde de petits démons est en train d’investir les lieux, en poussant des cris terribles qui me font dresser les cheveux sur la tête. Je tente une percée au milieu de la cohue.
Lorsque je propose un jeu collectif, je suis assaillie par une meute d’enfants, qui demandent tous en levant les bras et sautant sur place, à être le premier.
Bon sang, lequel choisir ! Vais-je me tirer de ce mauvais pas ? J’en désigne un au hasard, promettant à tous de pouvoir jouer ensuite. On commence par le jeu du dessin sur des grandes feuilles accrochées sur le tableau noir et dont le but est de deviner ce que dessine l’un des enfants. Heureusement, cela se passe bien, entre celui qui crayonne dans le coin tout en bas de la feuille et celle qui nous fait de l’art abstrait. Puis, il y a le jeu de l’âne, grand moment pour les enfants, moins évident pour mes pauvres tympans et les voisins. Désolée pour eux. Ensuite, le jeu des mimes, de Jacadi et j’en passe.
N’oublions pas mon fils qui, toutes les cinq minutes, me demande quand est-ce qu’on ouvre les cadeaux. Puis il y a le petit qui a mal au ventre mais pas pour les bonbons – tiens donc -celui qui se prend pour Superman et qui trouve moyen de se faire une bosse. Juste ce que je redoutais…
Enfin, vient le moment tant attendu du gâteau. Mon fils découvre enfin son bateau pirate qui fait l’unanimité auprès des enfants et même de ma copine. Il souffle en trois secondes les bougies, pour pouvoir enfin ouvrir ses cadeaux. Merci, ça fait plaisir… Les filles veulent toutes du gâteau, sauf les garçons qui ont le bide rempli de bonbons arrosés au cola. Pas certaine qu’ils mangent quoi que ce soit au dîner. Un des gosses veut de la tarte aux pommes, mange une miette, puis la repousse en disant que c’est le truc le plus dégeu qu’il ait jamais mangé. Sympa les gamins de nos jours !
Après la trêve, les hostilités ont repris…euh ! Je veux dire la fête a continué. Les enfants, dont le taux de glycémie a bien monté, sont de plus en plus surexcités. Mais je gère avec l’aide de mon fils aîné qui organise un bras de fer, dont il est le grand perdant, ce qui amuse beaucoup les enfants. Ma copine m’assiste en allant fumer une cigarette sur la terrasse.
La fin de l’après-midi est proche, l’heure de la délivrance aussi. Quand la première sonnerie retentit, j’avoue éprouver une sorte de soulagement. Mon amie décide de m’abandonner lâchement sous prétexte que le petit frère de sa fille est fatigué. Mouais…
Enfin, ils s’en vont les uns après les autres, le petit sac de bonbons dans les petites menottes collantes en souvenir. A un moment donné, je ressens un grand moment de solitude et d’angoisse, lorsque l’un des gamins décide de me faire une blague en se cachant lorsque son père arrive. Le petit a bien ri, pas moi.
Le dernier enfant parti, je referme la porte en soupirant. Reste plus qu’à tout nettoyer maintenant. Mon fils est ravi, il s’est super bien amusé.
Je suis claqué, sur les rotules, HS… Une petite migraine se demande si elle ne va pas squatter ma tête pour faire une petite bringue. Je cherche la petite cuillère pour me ramasser moi-même…
Et dire que certains s’occupent d’hordes d’enfants tous les jours. Je les admire vraiment.
Bon, j’ai quand même trouvé cela amusant mais…heureusement qu’un anniversaire n’arrive qu’une fois par an…

L.L.H