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Ah ! Cette fameuse rentrée des classes…

Pour l’aborder sereinement, il y a toute une préparation avant cela. Tout d’abord… psychologique. Car il en faut du courage pour faire les courses scolaires, courant août ou début septembre. Le rayon des cartables et autres accessoires indispensables pour l’école, c’est la jungle, en à peine plus civilisé, encore que…

A quoi reconnaît-on un parent ce jour-là ? C’est tout simple, il est généralement armé d’une liste plus ou moins longue et d’un caddie qu’il pousse en râlant. Il est rouge, suant sous l’effort de la concentration extrême pour comprendre pourquoi le prof a demandé un cahier qui n’existe que dans ses rêves. Il ne s’excuse pas lorsqu’il vous heurte. Pas le temps ! Il vous arrache des mains les feuilles format A4, que vous venez juste de sortir du carton. On ne sait jamais des fois qu’il y ait rupture de stock dans les trois secondes à venir. C’est vrai quoi, il y a tellement peu de grandes surfaces en France… Faudrait pas risquer de manquer de quoi que ce soit… Il gère ou pas, une situation de crise provoquée par une enfant de six ans, qui hurlent que sans le cartable « hello kitty », elle ne peut pas travailler ! C’est le moment pas vraiment idéal, que choisit alors le parent pour essayer d’expliquer les écarts de prix, la crise dans le monde, à une gamine aux narines frémissantes, qui ayant dû certainement boire trop de coca, semble sur le point d’imploser.

Quelquefois, des parents se sourient, se reconnaissant dans la même galère. Oui, oui, ça m’est arrivé. Bref, à partir du moment où l’on a des enfants, on ne peut échapper à cette corvée, qui en plus se reproduit souvent plusieurs fois car il manque toujours quelque chose. Que le parent qui n’a pas couru à la recherche du cahier d’exercice spécial machin-truc lève la main. Je ne le croirai pas ! Mais ce n’est pas tout…

Deux ou trois jours avant, on court à l’école voir à quel heure rentre le petit dernier. Évidemment, ce n’est pas affiché. Faut revenir plus tard. Le grand, qui est au lycée fait râler son frère parce que lui, il fait sa rentrée deux jours après.Bonjour l’ambiance…

Le jour J, l’effervescence est au plus haut point. Les enfants sont survoltés ou abattus, c’est selon. Les affaires préparées la veille sont devenues soudain très moches à la lumière du jour, et les baskets, c’est certain, ça tient plus chaud que les tongs. Le petit est tellement pressé de retrouver ses copains qu’il décompte les minutes à voix haute, s’arrêtant juste pour râler que l’heure ne passe pas assez vite. Son autre frère, qui ce même jour, rentre en dernière année de collège se moque de lui, en lui assénant qu’aimer l’école ce n’est pas normal, et que surtout, ça ne va pas durer…

Enfin l’heure du départ. Ah ! Le fameux trajet jusqu’à l’école, ça m’avait manqué. Euh ! Non, en fait. L’école est là, crie mon fils. Manquerait plus qu’elle se soit évanouie dans les airs pendant les vacances, tiens ! Et voila qu’apparaît « le » meilleur copain à l’horizon. Les retrouvailles du jour de la rentrée, c’est émouvant. Oh ! Tiens ! La maman de son copain a acheté les mêmes lunettes que mon fils pour le sien, mais… dans une couleur différente. Chouette…

C’est le concert de bisous-bisous qui commence. Tu vas bien, oui, ça va et toi, bonnes vacances ? Et on recommence une bonne dizaine de fois…

Mes joues s’en souviennent encore.

Le portail ouvre, laissant rentrer une foule d’enfants tous plus joyeux les uns que les autres. Ils ne savent pas ce qui les attend ou quoi ! Qu’ils reviennent avec des devoirs plein le cartable et on en reparlera. Il y en a quand même un qui pleure le pauvre…je me disais aussi. Pas le temps de faire un bisou, mon fils est déjà dans la cour. Il me fait quand même un signe de la main et se retourne pour suivre son meilleur copain. Où est-il mon bébé, boooouh…

Ça a quelque chose d’émouvant la rentrée, ça nous rappelle lorsque nous étions enfants et que nous portions notre gros cartable sur le dos ( Z’étaient pas aussi beaux à l’époque ) et que nous arrivions dans la cour plein d’espoir, le cœur un peu serré à l’idée de la fin des vacances. Ah ! C’était le bon temps… C’est ça ouais, et puis quoi encore !

La journée a filé super vite. C’est reparti! Seize heure trente, affluence devant le portail de l’école. Il y a toujours beaucoup de monde les premiers jours. C’est sympa de pouvoir être là, si on peut, pour recevoir les premières impressions de notre enfant, style : j’aime pas la maîtresse ou pire, elle est trop belle la maîtresse…

« Le » truc à ne surtout pas oublier, c’est le goûter. Surtout, si vous voulez éviter les regards en coin, qui signifient : bouh la mauvaise mère ( ou le mauvais père). C’est ainsi que les potins recommencent entre mamans ou papas, genre copine sympa qui vous raconte sa croisière idyllique alors que vous cet été, vous avez voyagé entre pots de peinture couleur blanc Alaska et brun Normand, en passant par le gris iceland pour refaire votre intérieur. Nous n’avons vraiment pas les mêmes valeurs… Enfin, mon fils sort de l’école trop content, il a super bien mangé à la cantine. Merci, ça fait toujours plaisir. Il adooooore la maitresse, elle est trop cool. Il y a un nouveau mais qui n’est pas là parce qu’il arrive demain. Ils ont appelés les pompiers parce qu’il y avait un nid de guêpes dans la cour. La maitresse est trop gentille. Il n’y a pas de devoirs mais il faut signer le cahier. Marie a un beau cartable. Son meilleur copain est trop sympa, il lui avait manqué. Qu’est-ce qu’il y a pour le goûter? Tout ça en moins de cinq minutes top chrono.

Et voilà, c’est reparti pour une année…

L.L.H