histoires-chatMon chat Fidji, en plein exercice…

La vie d’un chat relève de la philosophie.
Qui n’a jamais rêvé de se réincarner en cet animal, à la vue d’un matou affalé sur un canapé, dans une position pour le moins surprenante…

Personnellement, je trouve que regarder un chat, c’est comme admirer un tableau vivant. Si vous avez un animal de cette espèce, prenez le temps de l’observer se mouvoir avec cette aisance nonchalante, ce roulement des mécaniques que bien des hommes pourraient lui envier.

Le chat, même âgé, conserve sa grâce naturelle, son élégance de fauve à l’état miniature. Grimper sur les meubles ne lui fait pas peur, surtout s’ils viennent d’être cirés. Il adore aussi la chaleur bienfaisante des aquariums, et même si à cause de son poids, il se retrouve plongé jusqu’au cou dans l’eau, à la plus grande horreur des poissons qui ne manqueront pas d’en faire une syncope, le minet y reviendra quand même. Car plus têtu qu’un chat…

Le chat domestique vivant en appartement ne peut plus chasser ou alors, seulement après les mouches et jamais pendant la sieste. C’est pourquoi, avoir de beaux rideaux ou un chat, il faut choisir ! Qui n’a pas retrouvé son matou, les griffes coincées dans le doux tissu, miaulant désespérément en vous regardant d’un air égaré plus que penaud, et qui ne se fend même pas d’un miaulement de remerciement, aussitôt délivré !

Ah, les bêtises des chats, parlons-en ! Elles sont à la hauteur de leur tempérament indolent. Il faut bien que vie se passe tout de même…

Le mien, quand je lave par terre, me regarde d’un air de défi et marche consciencieusement là où je viens de passer la serpillière, et ce, dans chaque pièce. Peut-être n’aime-t-il pas l’odeur du nettoyant ménager ou bien, aime-t-il tout simplement me faire enrager… Étant donné que je change souvent de parfum pour le détergent, force est de constater que c’est plutôt la deuxième solution qui prévaut.

Oserais-je vous conter les embuscades dont je suis victime le matin ? Car quand un chat se lève, il estime que les humains qu’il a daigné accepter comme maîtres, sont là pour le servir. Et peu lui importe à ce minet, que sans votre dose de café, vous n’êtes que l’ombre de vous-même. Vous vous devez de remplir sa gamelle avant tout, sans quoi vous recevez des coups de pattes intempestifs,accompagnés de miaulements rageurs, dont le niveau sonore est effrayant, surtout un jour de migraine.

En parlant de nourriture, il parait que les chats ne font pas la différence sur ce qu’il y a dans leur gamelle. Pardon !!!

Celui qui a écrit cette ineptie n’a jamais, au grand jamais, côtoyé un chat…

Un jour, j’ai servi à mon chat des nouvelles croquettes, soi-disant bonne pour sa santé. Il m’a regardé d’un air de dédain qui signifiait : mange-les donc toi-même ! Je l’ai menacé de les lui laisser jusqu’à ce qu’il ait vraiment faim. Lorsque je suis revenu un peu plus tard, la gamelle était par terre, les croquettes épars sur le sol. Le chat m’a regardé, j’ai eu l’impression qu’il souriait… Comme moi aussi, je suis têtue, j’ai récidivé. Finalement, j’en ai eu marre de balayer.

Franchement, que serait la vie d’un minet sans ces petits amusements quotidiens ?

Une fois que l’on s’est bien vautré dans les nouvelles plantations d’une jardinière pour sentir si les fleurs sont aussi douces qu’elles en ont l’air, que l’on monte ensuite sur le lit, en prenant un air d’ange innocent, alors que notre maîtresse nous gronde en montrant la terre restée accrochée dans les poils et qui jonche maintenant le couvre-lit, que reste-t-il à faire ?

Oh, il y a bien, me direz-vous, des petits relents d’estomac à disséminer un peu partout, comme des petits trésors ! N’avez-vous jamais remarqué combien un chat reste perplexe devant votre colère, lors d’un tel dépôt sur votre canapé ? Il semble vous dire : « quoi… je t’offre avec amour le contenu de mon estomac, et tu n’en veux pas ! »

Ou son air outré lorsque vous le délogeait du fauteuil pour vous installer… A croire que c’est vous qui devriez vous asseoir par terre.

A mon humble avis, les chats ont développé le complexe du sphinx, et nous pauvres mortels, nous ne comprenons rien !

Le chien, n’en parlons pas ! Se rend-il seulement compte de l’honneur que lui fait le chat en occupant son panier ? Lorsque je vois mon chien, assis devant sa couche, regardant d’un air désespéré le minet squatteur, qui ferme les yeux pour montrer son profond dédain, j’avoue que cela me fait rire et m’énerve en même temps. Et quand je le déloge de l’endroit, comment vous raconter l’air courroucé dont me gratifie le chat.

N’oublions pas le bac qui se doit d’être immaculé, si on ne veut pas retrouver dans ses jardinières, des petites crottes à la place des bulbes si amoureusement plantés. Eh oui, le chat semble penser que vous avez spécialement disposé à son attention, les petites pousses tendres qui pointent à travers la terre, et cela uniquement pour le contentement de son estomac délicat ! Aussi ne comprend-il pas lorsque vous surgissez telle une furie, en l’invectivant et en montrant avec forces gestes, la chose dédaigneuse qui se trouve être le pot d’herbe à chat.

Bien sûr, tous ces petits désagréments n’enlèvent rien au plaisir des câlins avec son chat, qui est l’être le plus affectueux qui soit, quand il le veut bien. Sans parler de son empathie lorsque vous êtes malade, et qu’il renonce alors à son lot de petites bêtises quotidiennes pour vous soutenir de sa présence ronronnante.

Je ne crois pas que je puisse vivre un jour sans ce concentré d’amour à l’état pur. Car si vous aimez et respectez votre chat, il vous le rendra au centuple. Nul n’est parfait s’applique aussi aux animaux. Mieux vaut ne pas en avoir si l’on pense le contraire.

Ainsi, sauf si on est un chat des rues… une vie de bêtises, de farniente, outre l’art de cultiver un air outragé, s’offre à tout minet digne de ce nom.

Alors franchement, après une vie de labeur, qui ne voudrait pas être réincarné en chat…

L.L.H