Pas une larme

larmes

Souffrez, Monsieur, que je me retire de notre amour !

Amour…

Un mot fort pour un présent si dérisoire,

Vous me fîtes tant souffrir.

L’Amour…

Mais j’y crois Monsieur, il est là qui m’attend quelque part,

Loin de vous.

Allez donc trouver d’autres bras qui sauront bien vous consoler

Peu m’importe à présent.

Monsieur…

Je vous appelle ainsi car je ne connais plus, ni votre nom, ni votre prénom,

Vous m’êtes étranger désormais.

Et encore, ce Monsieur, vous ne le méritez même pas !

Cruelle…

Ah ! Monsieur, pitié, n’ajoutez pas au ridicule de notre amour, le ridicule de vos mots.

Vous regarder…

Il m’a suffi d’un regard pour vous aimer, mais ma vue fut troublée,

Par trop de larmes noyant ma solitude.

Longtemps, je fermais les yeux pour ne pas voir le monstre d’égoïsme que vous êtes.

Immergée dans votre regard, je ne savais pas que j’y puisai mon désespoir.

Que c’est bon d’y voir clair à nouveau, de regarder le soleil briller !

Vous haïr…

Monsieur, voyons le sentiment est trop fort,

Permettez-moi de pleurer…de rire !

Rire de vos larmes…

Mais Monsieur, n’avez-vous pas ri des miennes !

Le contrat…

Le contrat est rompu, il eût fallu l’honorer,

Un peu de vous aurait suffi pour la vie.

Partir…

Oui, je pars avant que vous ne m’ôtiez jusqu’à l’espoir de le faire !

Des regrets…

Ah ! Monsieur, n’utilisez pas un mot qui vous dépasse et quand bien même,

Ne valent-ils pas mieux que l’absence, la trahison !

Plus d’Espoir…

J’ai vogué longtemps sur une mer d’espoir, mais la tempête, jamais, ne s’est éloignée.

L’embarcation a dérivé, je ne sais pas naviguer !

M’ôter la vie…

Pour vous !

Enfin Monsieur, vous vous faites trop d’honneur !

Des promesses…

Ne me faites pas l’affront de vos promesses, Monsieur,

Le combat est fini, bien fini.

Adieu, Monsieur,

La porte se referme,

Cessez donc vos sanglots, ils ne s’adressent qu’à vous !

Une larme…

Pour vous, Monsieur, je n’en verserai pas,

Pas une, Monsieur, plus jamais !

L.L.