J’ai loupé le coche de Céline Vay

j'ai loupé le coche

Lire un livre de Céline Vay est à chaque fois une aventure extraordinaire. Sa plume alerte, parfois déroutante nous entraîne sur des chemins sinueux, à la rencontre d’âmes torturées.

Gaby est auteur. Comme son imagination lui fait défaut, il raconte la vie de ses voisines. C’est un homme tourmenté, luttant avec l’autre partie de lui-même, celle qui est féminine. En proie aux affres du quotidien, il survit dans un monde sans concession.

Gaby manie l’humour avec virtuosité, de façon caustique, jouant de l’autodérision comme d’une arme. Il pourrait être le voisin que l’on croise au supermarché du coin sans se douter une seconde du tsunami mental qui, souvent, l’emporte au-delà de sa propre personne.

C’est une plongée dans un esprit masculin, complexe, dominé parfois par sa libido, dont la concrétisation n’apporte qu’une paix relative. Dans les réminiscences de l’enfance, dans un corps ami ou ennemi selon les moments.

Mais c’est aussi une description de la vie de femmes, les voisines, luttant pour élever leurs enfants, pour garder un emploi. En proie à un système les broyant peu à peu, condamnant leurs illusions. Une analyse concrète de notre temps. Un hymne à la solitude, à cette illusoire pensée que derrière l’écran, il y a la vie.

« J’ai loupé le coche » est un récit jubilatoire et sérieux à la fois, extravagant parfois, un mélange de saveurs différentes, une envolée de mots, servis par une belle plume.

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Au-delà des tours de Anaïs W.

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Ayant eu la chance de lire ce roman en avant-première, j’avoue avoir été conquise par cette histoire. Pourtant, le sujet est douloureux.

Debbie est une adolescente vivant dans un quartier populaire où la violence se rencontre plus souvent qu’à son tour. Sa famille déficitaire, marquée par des évènements tragiques, la laisse seule face à un quotidien dangereux.

De nombreux thèmes sont abordés avec brio, loi des cités, drogue, peur viscérale, mais aussi amitié envers et contre tout. Chaque personnage est finement analysé. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour ses jeunes sans avenir à priori, en découvrant les raisons de leur descente aux enfers. Des enfants livrés sans pitié aux griffes d’un monde cruel, parfois par leurs propres parents.

Malgré tout, l’auteur nous offre avec son style direct et sans ambages, une belle leçon de vie, de courage. Comme quoi on peut s’en sortir même si toutes les conditions n’étaient pas réunies au départ.

Alors, n’hésitez pas à regarder « Au-delà des tours », vous les verrez désormais sous un autre jour…

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Racines de Joseph Ferrer

racines

Un témoignage bouleversant, une immersion troublante dans la mémoire d’un homme.

L’Algérie restera toujours dans le cœur de l’auteur. Pourtant, ce dernier n’a guère eu une vie facile. Enfant, il était riche uniquement de l’amour de sa famille. Mais il a su affronter les obstacles, faire un pied de nez à la maladie, celle-ci tentant plusieurs fois de le retenir dans ses filets. Quoiqu’il advienne, il gardera toujours la tête haute sans jamais plier l’échine.

L’homme a su rebondir, toujours. Par le travail acharné. Toute une vie de labeur malheureusement volée par l’exil forcé en 1962. Rebondir encore grâce à l’amour de Louise, de ses enfants, de la fraternité.

A l’aube de sa retraite, l’art lui permet enfin de s’exprimer réellement, de panser ses blessures.

Une histoire de vie me parlant forcément, vu mes origines, mais pas simplement pour cela.

Une leçon d’amour et d’espoir, comme quoi malgré les écueils de la vie, demain sera toujours meilleur…

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Woody L’Education conjugale de Jean-François Pissard

Woody ou l'Education conjugale

Woody n’a pas le physique d’un Apollon et un boulot de professeur à mi-temps ne l’enchantant guère. Bref, une vie banale.

Mais l’homme est attendrissant, se posant beaucoup de questions sur son couple, désireux de comprendre les femmes. Car celle de Woody est belle, pilote de ligne de surcroît. Notre héros voudrait tout faire pour que son ménage fonctionne, mais il fait des gaffes, se retrouve dans des situations invraisemblables, mettant en péril son ménage. Alors, il tente de se remettre en questions, de se mettre dans la peau d’une femme pour comprendre.

Ce roman écrit à la première personne porte bien son nom d’Education conjugale, car c’est de cela dont il s’agit, mais plus encore du questionnement d’un homme sur la vie en général.

Le style de l’auteur est fluide, direct, alerte, amusant, de toute beauté.

Une plongée en apnée dans un cerveau masculin.

Une lecture savoureuse, servie de main de maître.

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La Corporation des Gueux de Pascale Madeleine

corporation des gueux

Un très beau roman qui décrit sans concession mais sans misérabilisme aucun  le monde des SDF, ces miséreux desquels notre regard se détourne au détour d’une rue.

L’auteur doté d’une belle plume nous livre des portraits empreints de douceur, tout en finesse.

Une immersion dans un monde sans concession où chaque jour est une lutte contre soi-même, un combat en dehors d’une société qu’ils rejettent ou qui les rejettent.

Car ces hommes ou ces femmes ont eu une vie avant, ont fait partie du moule. Se regroupant en corporation, pas forcément d’indigents d’ailleurs, ils espèrent ouvrir les yeux de tous sur ce qu’ils sont, des personnes à part entières…

La corporation des gueux

Vent d’Espoirs de Monique Massot-Escaravage

vent d espoirs

 

Étant moi-même d’origine pied-noir, je ne pouvais pas passer à côté de ce livre.

Avec une écriture toute en douceur puisée dans son cœur, Monique Massot-Escaravage nous entraîne sur les côtes d’Algérie en 1848 pour suivre le chemin d’une jeune Alsacienne, Justine, dont la vie n’a guère était plaisante jusqu’à présent. Cette dernière rencontre Clément un ouvrier parisien, alors qu’elle s’apprête à embarquer sans son mari, buveur invétéré.

Loin de ce que l’administration française avait promis, l’installation dans ce pays étranger ne se fera pas sans heurts. Une route semée d’embûches attend Justine.

Difficultés matérielles, incertitudes, peur, découragement ou persévérance, sont le lot de ces femmes et hommes à qui on avait prédit monts et merveilles.

Sous fond d’histoire romanesque, l’auteur nous dévoile la vérité sous toutes ses coutures.

Un très beau roman didactique, mais surtout enchanteur…

Vent d’espoirs

Lettres de Sibérie de Murielle Lucie Clément

lettres de sibérie

 

Pour rester dans le genre, voici quelques lettres qui nous emmènent en voyage. Une découverte toute en douceur de contrées étonnantes, en train, parfois à cheval, de la Sibérie à la Mongolie.

Une rencontre avec des personnes chaleureuses, différentes, dont le mode de vie diffère tellement du nôtre.

Le roman assez court, très bien écrit, se lit d’une traite. C’est dommage que le voyage ne soit pas un peu plus long.

Un journal intime où les mots s’écrivent dans la tiédeur d’un été sibérien…

Lettres de Sibérie

La couleur oiseau de Céline Vay

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Bien que les sujets abordés soient particulièrement délicats, la lecture de ce roman est un enchantement grâce à l’écriture poétique, douce et fascinante de l’auteur.

Comment ne pas avoir d’empathie pour les personnages côtoyés page après page, chacun conté avec une finesse rare !

La petite Justine, victime d’une jeune mère parfois cruelle, orpheline de père, qui continue malgré tout de croire en la vie. Jean-Philippe, le papa, prisonnier d’un corps mourant peu à peu. La grand-mère qui peint pour ne pas oublier. Elodie, femme enfant, fleur cueillie trop tôt.

Des phrases ressortent, si belles à relire pour s’en imprégner. Tout cela dans une atmosphère teintée de couleurs oiseau et bercée de quelques notes de musiques.

Un roman comme une symphonie de mots…

 

 

Amazon.fr Céline Vay

 

La vie est trop courte de Sally Mandel

la vie est trop courte sally mandel

Dans ce roman, on parle de sclérose en plaques.

Cela pourrait faire peur, mais l’auteur nous raconte avec un certain humour l’histoire d’Annie Bolles, une jeune femme atteinte de cette maladie depuis cinq ans.

Lors d’une exposition, elle rencontre Joe, un photographe amateur. Bien qu’elle soit à cet instant dans un fauteuil roulant – ce qui n’est pas toujours le cas, car c’est selon le bon vouloir de la sclérose – c’est immédiatement le coup de foudre entre les deux jeunes gens. Tout irait pour le mieux, si Annie n’avait pas peur de se laisser aimer.

En effet, comment condamner quelqu’un à subir sa propre maladie ? Comment le faire vivre au quotidien avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête ?

Malgré ce que l’on pourrait penser, ce roman est loin d’être larmoyant. C’est une plongée dans une maladie contraignante, déstabilisante, une plongée qui nous emporte sur les flots de l’espoir.

C’est cela qui fait la force de ce beau roman, car la vie est trop courte pour refuser d’aimer…

On ne fait que passer de Christiane Rancé

on ne fait que passer

Avoir une maison de vacances est le rêve de beaucoup de gens.

Certes, mais est-ce vraiment de tout repos ?

Christiane Rancé analyse avec humour cet état de fait en nous invitant à passer quelques semaines avec elle, sa famille…et ses amis.

« On ne fait que passer » va être la clé pour des vacances réussies, mais pas pour la propriétaire, pour les autres. Les squatteurs, les envahisseurs, les radins, les opportunistes, tous ces gens qui n’oublient jamais votre numéro de téléphone quand il s’agit de vous laisser leurs enfants ou de passer une semaine les pieds en éventail au bord de la piscine.

Bref, un été de tout repos !

En refermant ce livre, nous n’aurons plus qu’une envie, retourner travailler…