Interview de Anaïs W. jeune auteure au talent prometteur

ITW

 

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je suis heureuse d’accueillir Anaïs, une jeune auteure au talent prometteur.  

Bonjour Anaïs, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

  • Bonjour Laurence. D’abord, merci beaucoup du soutien dont vous avez fait preuve après la lecture de mon roman et de m’accorder cette interview aujourd’hui.

Pour me présenter, je dirais avoir deux facettes : d’un côté la rigueur que nécessite ma profession de scientifique et, maintenant, d’auteure indépendante… organiser, planifier, avoir du leadership, je sais faire… et de l’autre côté, je suis très sensible, souvent à fleur de peau, très impliquée émotionnellement dans ma vie personnelle. Je suis un peu lunatique dira-t-on ! De nature très expressive, je rigole beaucoup et pleure presque autant ! C’est parfois pénible, mais si on en revient au sujet principal de cette rencontre, c’est aussi ce qui fait tout mon style d’écriture.

Qu’est-ce qui vous a poussée à prendre la plume ?

  • J’ai toujours aimé raconter des histoires et mes parents me forçaient à les raconter bien, sans répétitions et sans « tics du langage » (en fait, en fait, en fait…). C’est l’été de mes douze ans, que j’ai commencé à écrire ces histoires en écoutant la radio, Europe 2, dans la caravane de mes grands-parents. Je m’en souviens comme si c’était hier ! En deux semaines, j’ai préféré noircir des cahiers entiers plutôt que de profiter de la piscine avec mes amis. C’était ma première crise « d’inspiration » et elle est assez représentative des suivantes : lorsque j’écris, je deviens très asociale ! Donc ce qui m’a poussé à prendre la plume ? L’inspiration, qui commençait à déborder, il fallait que ça sorte, noir sur blanc !

Avez-vous des petits rituels lorsque vous écrivez ?

  • La musique est obligatoire. Généralement, je m’assieds devant mon ordinateur ou je prends un cahier sur mes genoux, puis j’enfonce mes écouteurs et m’isole complètement. Pas de café, ni de thé, juste mon esprit, mon histoire et la seule barrière entre les deux, un clavier ou un stylo. La musique est un vecteur qui me plonge dans l’état émotionnel dans lequel j’ai besoin d’être.

« Au-delà des tours » votre tout premier roman est fort en sentiments, le reflet d’un mal-être de la jeunesse actuelle vivant dans les cités, pourquoi avoir choisi de traiter un tel sujet ?

  • Plus que le sujet de la cité, c’est plutôt celui du mal-être de la jeunesse que j’aborde. Le monde de la cité m’a servi de support car l’autorité parentale n’y existe pas toujours. Pour être franche, j’ai commencé à écrire « Au-delà des tours » à l’âge de quinze ans. À cette période, je voulais être Debbie, une rebelle, une fille sans foi ni loi, brutale. Je portais des baggys et « j’emmerdais le monde » mais comme je ne vivais pas dans une cité, je devais contenir ma violence et mes frustrations. « Au-delà des tours » m’a permis d’exorciser ces émotions, de leur donner corps. L’adolescence a été pour moi un véritable enfer et ce sont toutes les émotions connues à cette période et la maturité acquise par la suite qui constituent mon premier roman. Je n’ai pas choisi ce sujet, je l’ai vécu, je l’ai porté et je suis heureuse si le dénouement de cette histoire peut servir aux jeunes d’aujourd’hui, qui se sentent dans l’impasse. J’aimerais leur redonner de l’espoir : même s’ils pensent ne pas avoir d’avenir, tout n’est pas voué à l’échec. Comme Debbie, ils sont les seuls maîtres de leur destin et eux seuls pourront décider d’aller de l’avant et pourront ainsi changer la donne.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de ce roman ?

  • Les sentiments justement. C’est un livre dur, noir, dans lequel j’ai mis beaucoup de moi. J’ai donc souvent dû réveiller mes propres démons, laisser sortir mes peurs, mes doutes pour les coucher sur le papier. C’était une écriture épuisante ou parfois je ressortais complètement déprimée alors que rien dans mon quotidien ne justifiait un tel sentiment. C’est pourquoi il m’aura fallu autant de temps pour l’achever.

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle ? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • Je n’ai pas du tout essayé l’édition traditionnelle, j’ai voulu accompagner mon projet jusqu’au bout car justement, j’y avais mis beaucoup de moi-même. Lors des relectures, j’ai eu de très bons retours et cela m’a conforté dans l’idée qu’une maison d’édition n’avait pas à mettre son nez dans mon histoire et la modifier à sa guise. Et j’aime aussi l’auto-édition par la proximité qu’elle offre avec le lectorat.

Quelles sont vos influences littéraires ?

  • Ce qui m’a inspiré l’univers d’« Au-delà des tours » c’est la lecture de « Moi, Christiane F, 13 ans, droguée, prostituée ». Comme la musique parfois, pour trouver le bon rythme et tirer sur les bonnes cordes, j’ai besoin d’un livre qui nourrit mon esprit. Pour « Au-delà des tours » je sais que j’ai aimé les livres sur l’injustice, la dureté de la vie tel que « Junk » de Melvin Burgess, « Le temps de la colère » de Tawni O’Dell pour n’en citer que deux. J’aime aussi beaucoup Russell Banks, « Sous le règne de Bone ».

Avez-vous d’autres projets de romans ?

  • Oui bien sûr ! J’ai un autre projet de la même trempe qu’ « Au-delà des tours » qui me tient à cœur, l’histoire d’un adolescent, battu par son père… mais c’est de plus en plus difficile pour moi de m’y enfermer… alors je verrai. En attendant, je me suis essayée à une histoire plus polar/suspens qui mériterait d’être terminée un jour et je travaille sur une suite pour « Au-delà des tours », 10 ans après cette première histoire. Vous voyez, des idées, il ne m’en manque pas ! Sachez qu’avant le prochain roman, je compte publier une nouvelle… C’est une surprise !

Pouvez-vous nous présenter votre blog ?

  • Comme je ne bénéficie pas de la vitrine d’une maison d’édition, j’ai dû créer la mienne. Mon site « Les Livres d’Anaïs W. » me permet ainsi de me présenter et d’introduire mes livres. J’y propose les premiers chapitres gratuitement et l’on peut y commander directement l’Ebook ou la version brochée d’ « Au-delà des tours ». J’aime aussi partager avec mes lecteurs cette grande aventure qu’est l’auto-édition, c’est pourquoi chaque semaine, je propose un article : j’y donne les dernières avancées, j’explique mes projets, mes difficultés… certains sont techniques (comment publier sur Amazon, etc…) mais il n’y a pas que ça. Je compte par exemple réaliser un article sur l’inspiration et inviter des auteurs à témoigner de leur propre expérience. Ça sera une occasion pour les lecteurs d’en savoir plus sur l’origine des histoires – parfois folles ! – qu’ils lisent.

Un rêve ?

  • Pour être totalement honnête je dirais : « Je rêve d’avoir un Jeep Cherokee des années 1990. Je pourrai ainsi asseoir mon enfant sur le capot et immortaliser ce moment comme mon père l’a fait avec moi à mes 6 ans ». Le rapport avec mon premier roman et l’écriture ? Cette voiture renferme des souvenirs avec mon père, plus ou moins bons, mais des moments de vie avec lui alors que notre relation a toujours été chaotique, d’autant plus à l’adolescence. Avoir cette Jeep est une revanche sur ces années gâchées, cette complicité difficile à bâtir. C’est une façon pour moi de prouver que ces années compliquées n’ont pas été vaines, car aujourd’hui tout va bien entre nous. Cette voiture est le symbole de ma – notre – victoire. On ne devrait jamais dire « c’est la crise d’ado, ce n’est pas grave ». Rien n’est plus important que cette étape qui détermine profondément ce que nous allons devenir. Cette épreuve m’aura donné une force, une volonté farouche d’être heureuse et je voudrais la transmettre. Je rêve ainsi plus largement qu’ « Au-delà des tours » serve de message aux jeunes en galère, comme un témoignage de combativité. Si Debbie et certainement beaucoup d’autres y sont parvenus, alors ils le peuvent aussi.

 

Merci beaucoup à Anaïs de s’être prêté au jeu de l’interview. Souhaitons-lui de trouver son public et…sa Jeep Cherokee !

Je vous invite à découvrir son roman sur son site « Livres d’Anaïs W. » et la chronique de « Au-delà des tours » 

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Interview de la talentueuse auteure, Alice Quinn

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Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai le grand plaisir de vous présenter Alice Quinn, une auteure à succès au talent certain.

Bonjour Alice, avant toute chose, peux-tu nous parler un peu de toi ? Pourquoi le pseudo Alice Quinn ?

  • Bonjour et merci de me réserver un espace sur ton blog.

Je me présente rapidement : j’écris depuis quelques années à présent, principalement pour la jeunesse, et depuis 2013, j’ai initié une série adulte: Au pays de Rosie Maldonne.
(ce « Au pays » est là pour alerter le lecteur en quête de réalisme, qu’il n’a pas frappé à la bonne porte.) J’ai sorti le premier, Un palace en enfer, en autoédition à la suite de 3 refus d’éditeurs qui n’adhéraient pas au mélange de comédie et de policier. Bien m’en a pris d’avoir continué à y croire, puisqu’il a été numéro 1 des ventes numériques France 2013. Le deuxième : Rosie se fait la belle, vient de sortir sur Amazon, papier et numérique. J’espère qu’il va plaire aux amis de Rosie Maldonne.

J’ai choisi Alice Quinn par clin d’œil à la série Alice détective, que je lisais quand j’étais ado, et à son auteur (Carol Quine) qui était, je l’ai appris depuis, en fait, un collectif d’auteur.

Quel a été le facteur déclenchant dans ta vie concernant l’écriture ?

  • Ma mère n’écrivait pas, mais elle racontait beaucoup. Et elle inventait ce qu’elle racontait. Elle était donc, on pourrait dire ça, une auteure orale ? Elle m’a transmis cette passion des histoires… ou plutôt l‘envie de raconter des histoires…

Tu es aussi une lectrice assidue, quel genre de littérature affectionnes-tu particulièrement ? Quels sont tes auteurs favoris ?

  • Ma liste d’auteurs préférés est quasi infinie et si j’en remplissais une page sur plusieurs colonnes ce ne serais toujours pas exhaustif. Je suis extrêmement reconnaissante à la vie de nous avoir donné les écrivains. Nous pourrions vivre dans un monde où cette notion d’imaginaire, de fiction,  n’existerait pas quelle tristesse ce serait ! Chaque fois que je termine un livre qui m’a transportée j’en remercie intérieurement l’auteur d’avoir passé tant de sa propre vie, tant de temps et de travail, tant de passion pour m’avoir offert ce grand plaisir.
    J’aime de nombreux genres différents, j’aime la littérature blanche et noire, j’aime les sagas gothiques, j’aime la Fantasy et le fantastique, j’aime les romans de comédie.
    J’aime les auteurs anciens, classiques comme les contemporains, ou les tous derniers. J’aime la poésie. Les auteurs édités et ceux qui s’autoéditent, les « indés ». 😀
    J’aime les livres écrits avec une économie de moyen comme ceux qui utilisent une profusion de mots et de personnages.
    Ce que je demande à un livre, c’est de me surprendre, de m’étonner, de me séduire, de m’émouvoir, ou de me bluffer, de me faire voyager, de m’aider à m’évader, à rêver, à pleurer ou à rire, peu importe ses moyens utilisés pour y parvenir.
    Je vais donc citer ici seulement 3 auteurs, complètement au hasard : un auteur contemporain : Dany Laferrière, un auteur classique : Mark Twain, un auteur indé : Audrey Alwett.

Lorsque tu écris, es-tu plutôt silence total ou fond de musique ? Café avec carré de chocolat ou thé et petits biscuits ?

  • Ça dépend complètement du contenu du livre. Pour Rosie Maldonne, je me sens accompagnée par une musique intérieure rythmée sur un fond de chansons populaires des années 80. Normal, c’est sa mère qui lui envoie chaque nuit depuis l’au-delà sous forme de rêve, une chanson pour l’aider à affronter sa journée. Pour Banco, je me passais en boucle du jazz musette style Jo Privat. En fait, chacun de mes romans suit un rythme, un phrasé particulier, imposé par le personnage principal. J’écris de façon relaxée, dans un canapé ou dans mon lit avec l’ordinateur sur mes genoux et le chat pas loin. De temps en temps je me lève pour me faire un jus de fruits frais à la centrifugeuse et je le sirote en écrivant quand je lève le nez de l’ordi. Je m’endors parfois en écrivant car il arrive que je me donne tellement pour certaines scènes que j’ai toute mon énergie pompée. Je dors 5 minutes et la machine repart.
    La série de Rosie Maldonne n’a l’air de rien, (c’est le but recherché, la fluidité, la facilité, la légèreté), mais en réalité elle prend pas mal d’énergie. Heureusement qu’elle me fait rire, aussi !

Combien de temps s’écoule-t-il entre le moment où une idée de roman germe dans ton esprit et la conception finale ?

  • Il n’y a pas de règle. J’ai des tas de carnets avec des idées de partout qui traînent. J’ai besoin d’avoir 2 ou 3 idées qui peuvent se croiser et qui ont l’air de pouvoir résonner ensemble pour me lancer. Ça peut aller vite comme prendre parfois des années.

En tant qu’auteure tu n’en es pas à ton premier coup d’essai puisque tu as déjà publié d’autres romans chez des éditeurs, alors pourquoi avoir choisi l’auto-édition ?

  • J’ai publié en autoéditée par réflexe de survie d’auteur. Le système tel qu’il est n’est pas vraiment compatible avec qui je suis. Et j’ai supporté cet état de fait à mes débuts, parce que 1/ quand on est jeune on est plus résilient 🙂 2/ il n’y avait pas d’autre choix. Maintenant qu’il y en a, je m’en saisis avec un sentiment de grande libération, de jubilation et de prendre mon destin en main.

En tout cas, tu es aujourd’hui un modèle pour tous les auto-édités, quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui se lancent ?

  • Les mêmes conseils que tous les autres : l’autoédition ne pardonne pas la mauvaise qualité formelle. Donc pour commencer, il faut soigner la forme, je ne vais pas détailler ici, il y a pléthore d’ouvrages sur le sujet. Ensuite, il ne faut pas trop attendre de l’autoédition, car il y a de plus en plus d’autoédités. Donc je crois qu’il faut écrire avec surtout beaucoup de passion et de plaisir. Si ensuite vous avez la chance de plaire à des lecteurs, qu’ils soient 10, 100 ou 1000, ce sera formidable, un cadeau de la vie. Chaque étape de l’autoédition est à prendre avec gourmandise. C’est une chance incroyable, c’est tout nouveau, il faut en avoir conscience. En même temps, il n’y a rien à perdre donc il ne faut avoir peur de rien. Bien faire son travail, et foncer, c’est tout.

Rosie Maldonne est l’héroïne de ton best-seller « Un palace en enfer », pourquoi, à ton avis, les lecteurs ont-ils si bien accrochés au personnage ? Est-ce parce qu’elle est « presque » comme n’importe quelle femme ou plutôt un idéal féminin à cause de sa débrouillardise et son côté sexy ?

  • Si on en croit les commentaires des lecteurs qui ont aimé, en effet, il semble que les gens ont adhéré à Rosie pour sa fraîcheur, sa candeur, sa vaillance, sa générosité, son optimisme au delà des ennuis qu’elle traverse, sa capacité à affronter les embrouilles. Quelqu’un récemment a parlé dans un commentaire, je le cite : « …  une vision assez pessimiste de la société d’aujourd’hui doublée d’une grande joie de vivre. » C’est merveilleux de trouver dans un commentaire une seule phrase qui résume exactement ce qu’on a voulu faire. Cette phrase me définit assez bien d’ailleurs. La plupart des gens voient uniquement dans mon roman le côté léger, rares sont ceux qui perçoivent la noirceur de notre société en filigrane. Certains parfois me reprochent de rire de la misère. C’est tout le contraire. J’essaie de la transcender et de donner du courage, nous en avons tous besoin pour continuer dans ce monde.

Même si « Un palace en enfer » n’est pas autobiographique, tu dis avoir beaucoup de points communs avec Rosie, lesquels sont-ils ?

  • Difficile à dire. Mes proches doivent le voir mieux que moi. Je vois plutôt ce qui me sépare d’elle. Je ne suis pas aussi courageuse, ni aussi belle, ni aussi généreuse, ni aussi jeune, ni aussi candide, ni aussi optimiste. Par contre, comme elle, je n’aime pas rencontrer un problème sans essayer à tout prix d’en trouver la solution. J’aime aller au bout des choses. Je suis têtue et soupe au lait. Et j’aime bien Gaston Lagaffe et Snoopy. 🙂

Ton roman est aujourd’hui publié chez Michel Lafon, peux-tu nous en dire un peu plus ?

  • J’ai rencontré Florian Lafani sur internet. Il est auteur aussi, un type formidable. Il est éditeur chez Michel Lafon et aussi chargé de la numérisation de leur fond. C’est lui qui amène à Michel Lafon les auteurs qu’il déniche dans le top 100 d’Amazon. J’ai un très bon rapport avec lui. Je ne connais pas grand monde à part lui, dans la boîte, je ne peux pas en dire plus. Ils ne m’ont pas signé de contrat pour le tome 2. Par contre le roman, Un palace en enfer sera grâce à Florian sur le catalogue France Loisir très bientôt.

Les nouvelles aventures de Rosie Maldonne viennent tout juste de sortir, avec un titre très prometteur : « Rosie se fait la belle », c’est un réel plaisir pour un auteur de repartir avec son personnage fétiche, n’est-ce pas ?

  • Oui, je vis avec Rosie Maldonne à présent de façon constante depuis 2013 (avec une interruption assez longue due à un accident) et je ne m’en lasse pas. C’est une bonne copine. C’est avec elle que je passe le plus clair de mon temps et il m’arrive souvent devant un événement ou un objet dans une vitrine de « lui » demander ce qu’elle en penserait. Elle m’aide à faire des choix, elle guide mon comportement car je la trouve plus sensée et plus fiable que moi !

Tu as aussi un blog ? Peux-tu nous le présenter ?

  • J’ai commencé un blog en janvier 2015, soit 2 ans après la sortie du livre sur Kindle. Je m’en sers pour annoncer de temps en temps mon actualité livresque, évoquer mes émerveillements,  faire suivre des infos importantes pour les indés ou le monde éditorial en général, et parfois parler d’un auteur indé que je trouve chouette. Ça prend du temps et j’y écris finalement assez rarement, moins que ce que je voudrais. J’ai de plus en plus de gens qui me suivent, ça me fait plaisir.

Quels sont tes projets ?

  • Je termine actuellement mon opus Rosie Maldonne numéro 3 (pas de titre encore), et Rosie se fait la belle va sortir en anglais en février 2016.

Pour finir, si l’on t’accordait un souhait, lequel serait-il ?

  • Rosie Présidente. 😀

 

Un grand merci à Alice pour m’avoir accordée cette interview.

Rosie présidente, je ne sais pas, mais en tout cas il est certain que lire les aventures de cette héroïne des temps modernes vous permettra de vous évader de votre quotidien et vous donnera la pêche.

Alors à quand Rosie prescrite sur ordonnance…

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Un palace en enfer sur Amazon:

 

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Rosie se fait la belle sur Amazon:

 

 

 

 

Interview de Charlie Bregman écrivain talentueux et prolifique

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Bonjour à tous,

Aujourd’hui je vous propose d’en découvrir un peu plus sur Charlie Bregman, auteur prolifique aussi  talentueux que malicieux.

Bonjour Charlie, si vous deviez vous raconter en quelques mots ?

  • Bonjour Laurence. Si je devais me raconter en quelques mots, je commencerais déjà par mettre ceux de tout un dictionnaire dans un chapeau pour les laisser eux-mêmes me définir. Avec la chance que j’ai, je n’en sortirais pas forcément les plus jolis, mais bon, qu’importe, ça tournerait peut-être autour de « passionné », « optimiste », « idéaliste »…

Il y en a un qui resterait probablement bien caché au fond derrière les autres : « sensibilité ». Mais c’est normal, la sensibilité, ça va avec la pudeur, la réserve et la fragilité. Il vaut mieux ne pas en parler 😉

Vous utilisez un pseudonyme pour vos écrits, est-ce plus facile pour vous ou juste une façon de se protéger en quelque sorte ?

  • Le problème est que mon pseudonyme commence à entrer en conflit avec ma véritable identité. Je deviens de plus en plus Charlie, et de moins en moins Nicolas. En terme d’heures, en terme de relations, mais aussi en terme de personnalité. Quand je me suis trouvé ce pseudo, au départ, c’était pour partager quelques écrits en toute liberté, incognito, sur un blog. C’était en 2006. (J’ai donc l’honneur et la joie de vous annoncer que l’année prochaine, je pourrai enfin vous chanter la chanson de Souchon « J’ai dix ans ». Prenez d’ores et déjà des actions chez les fabricants de parapluies.) Petit à petit, Charlie est devenu une manière de donner vie à ce que je considère comme étant la meilleure partie de moi. J’ai toujours pensé que la société dans laquelle l’on vit cherche trop à mettre en avant les personnalités au détriment de leurs réalisations. Ce que l’on écrit, pour peu que l’on cherche à le faire en se détachant de l’égo et en se rapprochant de sa nature profonde plus universelle, est forcément bien meilleur que ce que l’on est dans la vie de tous les jours. Charlie est donc pour moi le fruit d’un accouchement permanent, parfois enthousiaste, parfois douloureux, mais c’est un accouchement qui donne un sens à ma vie, et qui me la rend donc plus facile.

Quelle place l’écriture a-t-elle prise dans votre vie ? Et depuis quand ?

  • J’ai commencé à écrire des histoires de science-fiction quand j’avais 13 ans. J’étais un gamin, mais ça m’amusait beaucoup. Mais ce n’est que deux ans plus tard, que les mots ont pris une importance toute particulière à mes yeux. J’avais quinze ans, et j’avais un cœur qui se réveillait avec des sentiments. Je crois que les mots nous offrent cette capacité à se connecter avec sincérité et profondeur à notre corps émotionnel, qui est supérieur au corps physique. Les émotions nous gouvernent, jusqu’au cœur de nos cellules. Au moment où j’ai pris conscience de la véritable profondeur de cet univers qui bouillonnait en moi, l’amour des mots ne m’a plus jamais quitté.

À un moment donné, par la force des choses, parce qu’il faut se construire une vie, s’assurer un confort, un statut et un avenir, je me suis un peu éloigné de cet amour-là, mais je devenais malheureux. Ce n’est qu’en 2006, en me reconnectant à l’écriture, que je suis revenu à la vie.

Votre premier roman est né d’un blog, pouvez-vous nous raconter cette aventure littéraire ?

  • L’aventure du blog des « Impatiences amoureuses » a été extraordinaire. Quelques années plus tôt, j’avais déjà écrit deux « romans », mais ni l’un ni l’autre n’étaient satisfaisants. Par contre, la première partie de l’un d’eux contenait un germe qui m’interpellait. En 2006, je découvrais le monde des blogs, je venais d’ouvrir le mien quelques semaines plus tôt, et j’étais tombé sur un illustrateur dont j’appréciais beaucoup l’humour, et qui me faisait penser à Hergé, dont je suis un grand fan. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais toujours est-il que je l’ai contacté pour lui faire une proposition : ouvrir un blog ensemble, sur lequel je publierais épisode par épisode mon premier roman, en partenariat avec lui qui en ferait les dessins. Il a dit banco, et je me suis retrouvé au pied du mur : alors que je lui avais fait parvenir mes 50 premières pages en lui expliquant que seule la fin du roman était à revoir, en réalité, c’était tout ce que j’avais et je n’avais pas la moindre idée de là où l’on irait.

Ce sont les lecteurs du blog, qui m’ont boosté, et aussi ce partenariat avec Jepeh. Nous avions pris l’engagement de publier 2 à 3 épisodes par semaine, et nous nous y sommes tenus.

C’était mal écrit, parfois je jouais un peu les prolongations en attendant de pouvoir trouver une issue favorable à mon personnage à qui j’en faisais voir de toutes les couleurs, mais au bout d’un an et demi, le premier jet d’un roman était là sous nos yeux.

Il ne me restait plus qu’à le corriger, encouragé par le fait que notre blog avait eu pas mal de succès (plus de 100.000 visiteurs en 2007, citations à la radio, sélections parmi les meilleurs blogs du moment, etc.)

Vivement l’amour n’est pas autobiographique, mais il y a quand même une grande part de vérité, n’est-ce pas ?

  • Ah ah ! J’aime ce genre de questions ! Vivement l’amour a surtout été écrit en suivant les codes de l’autobiographie. Je trouvais que cette forme littéraire correspondait bien avec l’éveil identitaire de mon personnage. Par manque d’expérience, c’était facile pour moi de tremper ma plume dans quelque chose de plus ou moins vécu. Je me suis donc inspiré de mon propre entourage, de mes amis, de mes flirts (surtout ratés) de l’époque, parfois en brouillant les pistes, et souvent en tombant dans la caricature (parce que Vivement l’amour a surtout été écrit pour donner la pêche et le sourire), mais toujours avec l’intention de rendre hommage à tous ces gens que j’ai pu fréquenter à cette époque, et avec le sentiment que nous ne sommes en réalité, sur le fond, que très peu différents des uns des autres. De manière générale, au lieu de nous juger, dans ce monde actuel un peu en perdition, nous ferions mieux de lâcher prise vis-à-vis de nos pseudo-certitudes, et apprendre à nous aimer un peu plus inconditionnellement.

J’aime dire que dans Vivement l’amour, tout est faux et en même temps rien n’est plus juste. Tout ce que vit le personnage est aux antipodes de ce que j’ai réellement vécu, du point de vue narratif. Par contre, c’est une histoire que j’aurais pu vivre si j’avais été plus mature, plus audacieux, plus inspiré, et moins soumis aux normes et à l’autorité, ce qui est loin d’avoir été le cas.

Vous avez par la suite publié des livres genre « Écris ton livre » ? Est-ce par pur altruisme ?

  • Plus j’avance dans la vie, et plus je ressens le besoin d’aider les autres. C’est quelque chose qui me passait absolument au-dessus de la tête quand j’avais vingt ans. La vie apprend des tas de choses à qui sait l’écouter, et ensuite, c’est naturel de vouloir le communiquer.

Écris ton livre provient d’un constat sordide : des tas de gens rêvent d’écrire, c’est un des rêves les plus partagés de l’humanité, et la plupart ne le feront pas ou n’iront jamais jusqu’au bout, tout simplement parce qu’ils sont victimes d’une vision sélective de la littérature, ou encore parce qu’ils ne s’en croient pas capables. Si j’y arrive moi-même, il n’y a aucune raison pour que d’autres n’y parviennent pas. J’avais de l’énergie à revendre, une expérience à partager, et surtout, j’avais tiré un enseignement de ce qui m’avait empêché de pouvoir y arriver pendant plus de quinze ans. Les gens ont besoin de motivation, pour écrire, et surtout de lâcher prise vis-à-vis de leurs convictions erronées. C’est ce que j’ai essayé de leur transmettre dans ce livre. Attention, je rappelle que ce n’est absolument pas un guide technique.

Par la suite, j’ai publié d’autres guides : un sur l’auto-édition, tiré d’une enquête auprès de 130 auteurs francophones concernés par le sujet ; et deux guides de développement personnel, qui sont malheureusement la cause d’un gros manque de crédibilité vis-à-vis de certains auteurs plus « littéraires », car publier des guides de développement personnel a une connotation un peu américaine, un peu du genre « écrire des livres pour faire du fric ». En France, c’est à la fiction, que l’on attribue ses lettres de noblesse. Surtout quand elle s’éternise dans de belles phrases pour raconter de toutes petites histoires insignifiantes. C’est culturel. C’est ancré. Et c’est peut-être aussi à cause de cette vision des choses (que l’on nous a inculquée sur les bancs d’école) que la majorité des gens, aujourd’hui, détestent la lecture.

Mes livres de développement personnel sont les jalons d’un travail personnel qui me tient à cœur. Que les suspicieux soient ici rassurés : ils ne me rapportent pas un kopeck ! Je n’ai aucune leçon à donner aux autres, mon intention est seulement de partager les conclusions que je tire de mon propre cheminement vers une reprise en main de ma vie (que j’avais un peu perdue de vue en acceptant aveuglément les codes et diktats de la société). À chacun son développement « personnel ». À chacun son rythme, à chacun sa manière, à chacun sa volonté de vouloir s’épanouir dans la vie plutôt que de la subir. C’est très long, de modifier des habitudes de vie et de pensée qui nous empêchent d’accéder au bonheur auquel on aspire. L’expérience des autres peut parfois nous aider à gagner du temps.

Sincèrement, je souhaite à tous ceux qui lisent ces lignes de faire autre chose dans leur vie que de lutter contre les mauvaises croyances sur lesquelles leur personnalité s’est construite. Ces croyances sont à la base de tous leurs comportements, et les manipulent ainsi à leur insu. C’est peut-être de l’altruisme, que de souhaiter voir les autres plus heureux dans leur vie, ou c’est peut-être de l’idéalisme. Je ne sais pas. Je pense surtout que c’est une bonne façon d’être tout simplement humain.

Vous écrivez aussi des nouvelles, pourquoi ce choix ?

  • Le choix des nouvelles est d’abord un choix purement égoïste. Je prends beaucoup de plaisir à écrire des textes courts. Je trouve cela très formateur pour un auteur, et aussi très épanouissant, dans le sens où l’on n’a pas à plancher des mois durant sur un manuscrit, dont on ne sait jamais d’avance si l’on va réussir à le rendre conforme à ses attentes. C’est aussi une façon pour moi de partager d’autres pans, parfois plus sombres, de ma personnalité.

Ensuite, publier au format numérique permet de toucher un nouveau lectorat de gens qui n’avaient pas forcément l’habitude de lire des livres papier. Nous vivons tous des journées bien remplies, durant lesquelles les sollicitations ne manquent pas, et parfois, un peu d’évasion de quelques dizaines de minutes seulement, cela correspond exactement à ce que l’on recherche, dans les transports, par exemple, devant l’écran de son smartphone…

La nouvelle est un genre qui correspond à cette attente.

Lorsque vous écrivez, quelles sont les difficultés à surmonter ?

  • Mes plus grandes difficultés précèdent le moment où je vais commencer à écrire. J’éprouve beaucoup de doutes sur les thèmes que je veux aborder, et surtout sur l’ordre de priorité que je leur attribue.

Je suis quelqu’un qui m’intéresse à beaucoup de domaines différents, et qui a du mal à rester canalisé dans un projet précis s’il n’y a pas une récompense plus ou moins possible au bout du chemin.

Quand on écrit dans l’intention de publier, la présence et la réaction des lecteurs est une ombre omniprésente, sur son travail. Parfois, quand le projet demande un investissement sur plusieurs mois, voire plusieurs années, c’est très démoralisant de pouvoir imaginer que ces lecteurs-là pourraient ne pas être au rendez-vous. Quand ce doute m’envahit, j’essaie de me reconnecter à mes propres convictions, en écrivant les textes que j’aimerais pouvoir lire en tant que lecteur. Mais quand on écrit pour soi, on prend le risque de s’éloigner des autres. Tous mes efforts consistent alors à essayer de faire ressurgir ce qu’il peut y avoir de plus universel en moi.

C’est ma principale difficulté.

En général combien de temps entre la première et dernière ligne de vos écrits ?

  • Pour les nouvelles courtes, 3 ou 4 heures suffisent, car j’ai besoin de les écrire d’une traite. La dernière (Saint-Valentin premier cru) a été un peu plus exigeante avec moi : une journée complète, suivie d’une nuit blanche. Cela ne me dérange pas. Écrire la nuit confère une certaine intimité, avec l’écriture. Une intimité qui ne tolère aucune infidélité, et dans laquelle je me sens profondément en sécurité.

Vivement l’amour a été écrit en un an et demi pour le premier jet, puis corrigé sur les 4 années suivantes. Mais c’est un cas particulier. Tout était à réécrire et ma vie professionnelle était déjà bien remplie. En plus, le brouillon était très long. Plus de 600 pages, contre 420 au final.

L’écriture de mon deuxième roman a été interrompue plusieurs fois à cause de différents problèmes personnels qui étaient incompatibles avec le ton que je voulais donner à ce livre. J’ai fini par revoir le projet de A à Z, et j’ai maintenant quelque chose d’encourageant, auquel je consacre un travail de réécriture depuis le mois de juin. En toute lucidité, dans un cadre un peu bienveillant, je crois que 6 mois d’écriture pour un premier jet cohérent, puis 6 mois supplémentaires pour pouvoir en réaliser la réécriture, les corrections, le pitch, et une couverture à peu près vendeuse et adaptée seraient un objectif parfaitement envisageable.

Mais pour le moment, je manque encore de la capacité de concentration qu’il faut pour le faire.

Un guide personnel me demande deux petites semaines de travail (mais après plusieurs mois d’expérimentation réelle). Mon troisième volet sera bientôt réalisable. Jusqu’à maintenant, c’était prématuré pour moi.

Le guide L’auto-édition pourquoi comment pour qui m’a demandé un peu plus de 3 mois de travail. Les données du formulaire d’enquête que j’avais lancé en ligne étaient beaucoup plus difficiles à analyser que ce que je croyais au départ, et je ne pouvais pas prendre le risque de les traiter à la légère en publiant mon ouvrage pour le Salon du Livre de Paris.

Le choix de l’auto-édition s’est-il imposé d’emblée ?

  • Pas d’emblée, mais très rapidement. Publier mon premier roman chez un éditeur me faisait à la fois rêver… et flipper. Rêver parce que c’est toujours un peu flatteur pour son égo, il faut le reconnaître. Par contre, je ne me sentais pas encore très à l’aise avec cette étiquette d’auteur, à laquelle, consciemment ou pas, les gens ne peuvent pas s’empêcher d’accoler des tas de qualificatifs qui ne correspondent pas avec ma nature simple et enjouée. J’avais trouvé dans l’écriture une opportunité de pousser les portes de la liberté, et j’avais soudain le sentiment de pouvoir être amené à jouer un rôle auquel je n’étais absolument pas préparé.

J’ai quand même envoyé mon manuscrit à une maison d’édition parisienne. Une seule. Par acquis de conscience, et un peu comme on remplit une grille de loto. Je ne me suis jamais posé la question de la qualité de mon texte. Le fait qu’il avait déjà su conquérir un lectorat me paraissait suffisant, à mes yeux, pour lui conférer une certaine légitimité. Il avait certainement des lacunes à combler, des choses à améliorer, et un style qui ne pouvait pas plaire à tout le monde, mais ça, c’est valable pour tous les manuscrits, et peu importe l’auteur. Dès le moment où l’on envoie un texte à un éditeur sérieux, on s’oriente forcément vers un travail d’équipe. Ce n’est pas quelque chose qui pouvait poser problème à mes yeux.

J’étais parfaitement conscient des faibles chances d’être accepté… Et cela m’aurait certainement causé de terribles insomnies s’ils l’avaient fait ! Heureusement, leur courrier type est arrivé dans ma boîte trois mois plus tard, et je me suis alors précipité sur le dessin de ma couverture, qui avait mûri en moi entre temps.

Depuis la première édition papier de Vivement l’amour, trois éditeurs m’ont contacté, ainsi qu’un agent littéraire. Je pourrais avoir là une bonne occasion de me vanter, mais c’est loin d’être le cas, et je l’évoque ici pour que les auteurs un peu novices sachent comment ça se passe : deux maisons manquaient de sérieux, et l’agent en question était un escroc (j’en ai fait les frais) ! Un seul éditeur était fiable à mes yeux, et le temps me l’a confirmé puisque sa maison est toujours en activité, contrairement aux deux autres. Cet éditeur voulait se charger du développement numérique, mais il tardait à mettre en place la collection dans laquelle devait s’inscrire mon livre. Au bout de plusieurs mois d’attente, j’ai alors décidé d’accélérer les choses pour me publier tout seul, via le Kindle Direct Publishing d’Amazon.

L’auto-édition est pour moi un champ de liberté incroyable, mais elle n’est pas de l’anti-édition. Pour l’instant, j’avance à mon rythme, en essayant de rester dans une certaine cohérence éditoriale. Viendra sans doute le jour où je me déciderai à chercher des partenaires, mais je ne me précipite pas. Je préfère laisser au hasard des rencontres la magie des opportunités.

Quelles lectures vous ont le plus marquées et pourquoi ?

  • Les 3 mousquetaires est le livre qui m’a donné un vrai goût de la lecture. J’étais en CM2, j’avais emprunté le premier volume à la bibliothèque de la classe, et je n’étais pas du tout certain de pouvoir lire ce pavé en entier. Deux semaines plus tard, je me ruais sur le second volume. C’était une histoire avec plein de rebondissements, des personnages héroïques, et c’était pile poil ce qui me faisait rêver quand j’étais enfant.

Depuis, de nombreux livres m’ont marqué, et il y en a sans doute encore plus qui m’ont nourri, consciemment ou pas. Parmi eux, il y a forcément Le petit prince, que j’ai lu pour la première fois à l’âge de vingt ans. C’est à mes yeux le livre le plus abouti de tous, parce qu’il dépeint toute la difficulté de l’existence, de manière absolument simple et poétique. Je n’y changerais pas un seul mot. C’est un conte absolument magnifique.

La trilogie des Fourmis, de Bernard Werber, m’a fasciné. C’est un auteur qui a su garder un regard curieux sur tout, et qui possède un réel talent pour raconter les histoires. Les littéraires le dénigrent, pour la pauvreté de son style. Personnellement, même si j’ai également été un grand fan de Cioran, Lautréamont, Sade ou Proust, cela n’enlève rien à l’admiration que je voue pour cet auteur.

Plus récemment, une auteure a réussi à m’arracher des larmes à la lecture de ses livres, une expérience inédite pour moi, qui, en général, suis quelqu’un d’assez sensible au cinéma et à la musique. Tous les auto-édités connaissent cette auteure au succès bien mérité : je parle d’Agnès Martin-Lugand, qui a commencé avec Les Gens heureux lisent et boivent du café.

Avez-vous aujourd’hui des contacts avec vos lecteurs ?

  • Ça dépend de quel genre de contacts vous voulez parler. Mais oui, j’ai des contacts avec eux !

C’est l’avantage d’Internet et de l’auto-édition. Nous sommes éloignés les uns des autres tout en restant à proximité. J’ai la chance d’avoir des lecteurs qui me soutiennent depuis le début. Avec certains, j’ai tissé des liens particuliers et nous correspondons régulièrement. Ils font désormais partie de ceux qui comptent pour moi, et je leur fais ici un petit clin d’œil.

Quels sont vos projets immédiats ?

  • Finir cette interview pour aller chercher ma fille à la sortie du collège !

Non, plus sérieusement : publier une version papier de mon guide auto-édition, qui sera disponible sur Amazon, mettre à jour les couvertures de mes autres éditions papier, et finir mon deuxième roman.

Mais à part ça, tout va bien, je ne suis absolument pas un homme débordé ni éparpillé !

Avez-vous un site internet ou un blog ?

  • J’ai un site, qui me permet de centraliser tout ce qui se rapporte à mon activité d’auteur : mes livres, leurs résumés, les liens vers les plateformes sur lesquelles on peut les trouver, les avis des lecteurs, les fiches des personnages, des extraits, des interviews, des podcasts… J’y ai aussi un blog, sur lequel je publie des billets tous en lien avec l’écriture et l’auto-édition.

Ce site est : http://charlie-bregman.iggybook.com

J’y invite tous les lecteurs qui ont le mérite d’avoir lu cette interview jusqu’ici de venir chercher leur récompense en utilisant le code suivant pour télécharger ma nouvelle Amour impossible gratuitement : q3786337401 (valable jusqu’au 31/10/2015).

J’ai également un blog que je consacre aux auteurs indépendants, sur lequel vous découvrirez des tas d’autres interviews comme celle-ci, mais consacrées à d’autres auteurs qui ont tout autant de choses à dire : http://www.auteursindependants.com

Et enfin, j’ai un site en cours de développement, consacré au développement personnel :

http://charliebregman.wix.com/la-vie-meilleure

Quel serait votre plus beau rêve ?

  • « Que les filles soient nues, et qu’elles se jettent sur moi… » Euh. Chut. Pourquoi est-ce que je pense soudain à cette chanson de Balavoine ?!

Non, mon plus beau rêve, ce serait de pouvoir assister à un saut de conscience collectif qui permette à notre monde de basculer vers quelque chose de plus beau, plus responsable envers notre planète, et plus solidaire envers notre Humanité.

Comme j’ai fait le choix de ne me tenir principalement informé que des découvertes et initiatives positives de notre civilisation, je sais que ce rêve est possible.

 

Merci infiniment à Charlie pour ses réponses pleines d’humour, mais aussi de sincérité.

Voici sa page auteur sur Amazon si l’envie irrépressible de découvrir ses ouvrages vous tenaille, vous ne serez pas déçus :

Charlie Bregman

Interview de Chris Simon, écrivaine talentueuse aux nombreuses facettes

Lacan et la boite de mouchoirs

 

 

Bonjour à tous,

C’est avec un grand plaisir que je vous propose aujourd’hui de faire plus ample connaissance avec Chris Simon, excellente auteure aux nombreux succès.

Bonjour Chris, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

  • Je suis franco-américaine. Je vis à Paris depuis cinq ans. Ma première série Lacan et la boîte de Mouchoirs, qui se passe entièrement dans un cabinet de psy, a été pendant trois mois dans le Top100 Amazon en 2013 et a été sélectionnée pour le Prix du livre numérique de 2014. Une troisième Saison est en cours d’écriture et devrait sortir le 7 novembre.  Le format série satisfait mon appétit d’écriture, à tel point que j’ai écrit une deuxième série, Brooklyn Paradis,  qui cette fois vient d’être publiée chez un éditeur, La Bourdonnaye.

Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

  •  J’ai commencé à écrire assez jeune. Un jour que je faisais mes devoirs de math, une voix dans ma tête s’est mis à penser plus vite que moi. Elle pensait tout haut dans ma tête. Ainsi, chaque après-midi pendant une semaine, la voix parlait d’un débit accéléré, elle m’empêchait de me concentrer sur mes exercices. Je devenais folle, du moins, j’avais peur de le devenir. J’ai eu l’idée de fermer mon cahier de mathématiques et d’en ouvrir un autre, vierge, et j’ai écrit. C’est ainsi que la voix s’est tue. J’ai continué à écrire par période de plus en plus longues jusqu’à aujourd’hui.

Avez-vous des petits rituels sans lesquels il vous est impossible d’écrire ?

  •  J’aime écrire dans mon lit (sur mon ordinateur) tôt le matin. Pendant des années, j’ai acheté des carnets, puis des cahiers, j’en avais presque toujours un avec moi. Bien qu’aujourd’hui j’écrive sur mon smartphone quand une idée, un dialogue, me vient hors de chez moi, j’ai gardé ce rituel du cahier, j’en achète toujours, au format cahier d’écolier. À présent, je les utilise plus pour les corrections couplées avec mon Kindle.

Comment vous est venue l’idée de votre premier roman ?

  • Je viens seulement de finir un premier roman (pas encore publié). J’ai écrit de nombreuses nouvelles (publiées en revues), des pièces de théâtre et des scénarios pendant pas mal d’années, mais je n’avais jamais fini un roman. Mes premières idées me sont venues en associant à la fois des personnes que j’ai rencontrées, des situations vécues ou non, des faits divers. Les gens que je rencontre ou que j’ai connus m’inspirent beaucoup et j’ai connu beaucoup de monde, car j’ai vécu dans des lieux tellement différents… Parfois une personne ou une émotion s’imprègne en moi et cela peut me prendre des années pour en faire quelque chose d’intéressant.

Rencontrez-vous des difficultés particulières pour la rédaction de vos écrits ?

  • Bien sûr, une grande partie de l’acte d’écrire consiste à résoudre des problèmes. Certains sont plus difficiles que d’autres. Dans le roman que je suis en train de finaliser, je rencontre une difficulté de taille : comment donner de l’espoir au lecteur quand on raconte une partie de l’histoire tragique de l’humanité, quand on aborde le côté le plus sombre de l’être humain ? Est-ce même possible ?

Combien de temps s’écoule entre la première et la dernière ligne de l’un de vos livres ?

  • Ça dépend vraiment du livre. Pour les séries, c’est plus rapide parce que j’ai une situation très précise et je travaille avec plus de méthode, afin de ne pas me perdre (Brooklyn Paradis possède de nombreux personnages et au fil des saisons, il va falloir m’y retrouver). L’écriture des 3 saisons de Lacan et la boîte de mouchoirs s’est fait sur un peu plus de 2 ans (je termine en ce moment la Saison 3 qui sort le 7 novembre). Les deux premières saisons étaient de pures improvisations. Chaque mois, j’écrivais une séance, la publiais sur Amazon, Kobo et iTunes, je l’éditais aussi et en faisais la promotion. Un épisode par mois était un bon rythme pour arriver à tout bien faire. La première Saison de Brooklyn Paradis m’a pris 3/4 mois d’écriture (non inclus la création du concept et des personnages). Mon roman m’a pris des années, c’était d’abord une nouvelle avant de devenir un roman, mais l’idée remonte à au moins 10 /15 ans.

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • Oui, avec un recueil de nouvelles, Le Baiser de la mouche. Je l’ai envoyé à 24 maisons d’édition en 2010, je crois. J’ai eu quelques retours encourageants d’éditeurs. Puis une m’a répondu oui, malheureusement ce n’était pas vraiment une maison d’édition. Je venais de m’installer en France, J’étais un peu innocente. Il y a beaucoup d’«éditeurs» (en numérique et papier) qui s’auto-proclament éditeurs et qui n’en sont pas. Un éditeur qui n’a pas de distributeurs ou de diffuseurs sérieux et un lectorat n’est pas un éditeur, un éditeur qui ne vous paie pas vos droits d’auteurs au premier exemplaire vendu et qui vous propose moins de 8% de droits d’auteurs est à fuir… Je pourrais continuer la liste… Choisissez un bon éditeur ou autoéditez-vous, mais évitez les piètres vendeurs de livres. Au final, ils vous font vendre votre livre  à votre famille, vos proches et empochent le plus gros du bénéfice. Vendre à votre entourage vous pouvez le faire vous-même. 😉  L’autoédition est une vraie alternative pour un auteur. Elle lui permet de conserver ses droits (et droits dérivés), de commencer à se constituer son lectorat, de tester ses écrits, de publier et de maîtriser tout le processus du début jusqu’à la fin, et aussi d’être mieux rémunéré.

J’ai conçu et pensé Lacan et la boîte de mouchoirs 100% autoédition dès le départ, d’une part parce qu’il n’y avait pas de maison d’édition qui publiaient des séries courtes à cette époque, d’autre part parce qu’il aurait été difficile de vendre un livre pas encore écrit à une maison d’édition. Je suis assez impressionnée du chemin que ma série a fait, et continue de faire, grâce à la curiosité des lecteurs et aux plateformes numériques internationales comme Amazon et Kobo. Les ventes mensuelles de la série sont stables.

Quels sont vos coups de cœurs littéraires ?

  • J’en ai eu beaucoup et à chaque période de ma vie. À l’adolescence, j’ai eu une passion pour les surréalistes. Je n’ai découvert et aimé les classiques que plus tard, Français, Russes, Anglais et Américains… Pour les contemporains : Nabokov, Gombrowicz, nombreux(ses) nouvellistes anglophones, Toni Morrison, Marguerite Duras… Je lis aussi les scénaristes William Goldman, Woody Allen… La liste est longue, d’autant plus que je lis en français et en anglais !

Vous êtes à l’origine du Mag des Indés, journal en ligne s’adressant aux auteurs indépendants, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

  •  J’avais envie de partager mes lectures glanées en anglais et peu en français à l’époque autour de l’autoédition. Je partageais déjà mes réflexions sur le sujet sur mon premier Blog, Le Baiser de la mouche, avec une série de billets dont le premier s’intitulait Réfractaires, mais pas vaincus : http://chrisimon.com/refractaires-oui-mais-pas-vaincus/

J’ai eu l’idée de le faire sous forme de curation sur Scoopit. À mon grand étonnement, le Mag des Indés lors de sa première parution (février 2014) a reçu 400 visites en un seul weekend. Scoopit fonctionne aussi comme un réseau social, mais comme tout le monde n’a pas un compte Scoopit, j’ai ouvert également une page Google dédiée au Mag des indés qu’on peut suivre pour ne manquer aucun article. Le plus gros des articles est renouvelé chaque vendredi après-midi et ce durant tout le weekend, afin de créer un rendez-vous concret et à un moment de temps libre. Le Mag suit l’actualité de l’autoédition (numérique et papier). Il comporte aussi une rubrique de tutoriaux en français et parfois en anglais, des articles sur les nouveaux outils de publication, (corrections, logiciels, nouvelles plateformes…), le contexte économique, les statuts juridiques ; des billets sur le marketing ou sur l’écriture (technique, approche, formats, atelier d’écriture) pour progresser dans votre démarche artistique et même des billets sur des questions de fond.

Un Mag pour les indés, fait principalement par les Indés.

La plupart des informations ou réflexions viennent d’auteurs, de sites ou de groupes qui sont impliqués dans l’autoédition et partagent leurs expériences. Je voulais une adresse, un point de rencontre pour les autoédités. Maintenant si on nous cherche, on sait où nous trouver !

Quels sont vos projets ?

  • Je viens de collaborer à un projet littéraire avec la Revue Saint Ambroise, dont l’idée est née il y a 2 ans, un numéro spécial Nouvelles des Amériques. Dans ce numéro, qui sortira en novembre, je propose à nos lecteurs les traductions de nouvelles de nouvellistes majeurs d’Amérique du Nord.

Je suis toujours en train de réévaluer ma situation, ma vie ; continuellement en train de me demander dans quelle direction emmener ceci ou cela… Je me la pose pour le Mag des Indés, comment faire évoluer ce Magazine qui répond à une véritable demande. J’ai aussi envie d’entreprendre au niveau créatif, au niveau de l’écriture. J’ai une formation pédagogique et une formation littéraire et scénaristique … J’ai pratiqué les ateliers d’écriture en tant que participante, mais aussi en tant qu’animatrice en France et aux États-Unis. Envie de combiner ces compétences, de développer de nouveaux ateliers, d’aller plus loin dans ce sens. Les choses sont en train de mûrir…

J’ai l’idée d’une nouvelle série qui me trotte dans la tête… Mais d’abord, je dois finir et publier la Saison 3 de Lacan et la boîte de mouchoirs.

Avez-vous un site internet ou un blog ?

sur lequel vous trouverez des infos sur l’autoédition, mais aussi sur mes activités et mes livres.

Quel souhait vous tient le plus à cœur ?

  • Que le concept d’auteur évolue en France. L’auteur n’est pas un enfant qui cherche un père (éditeur) et qu’on peut sous payer parce qu’il est mineur. L’auteur est un créateur, capable d’apprécier la complicité, la compréhension d’un éditeur autour de l’écriture et de ses livres, mais capable aussi de gérer son oeuvre. L’autoédition, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, est une excellente étape d’émancipation pour un auteur. C’est aussi une opportunité !

Je remercie vivement Chris pour ses réponses sans détours. N’hésitez pas à vous rendre sur sa page auteure  pour découvrir ses écrits :

Lien vers les écrits de Chris Simon

Le Mag des Auteurs Indés

Interview de Catherine lang, auteur de talent

catherine lang

 

Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai le plaisir de recevoir Catherine Lang, auteur talentueuse et prolifique.

Bonjour Catherine, pouvez-vous vous raconter en quelques mots ?

  • Je vous remercie, Laurence, de m’avoir proposée cet entretien.

Je partage ma vie depuis quelques années entre Paris et la Vendée. J’écris depuis 5 ans.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux ? En général, combien d’heures consacrez-vous à l’écriture ?

  • Je n’ai plus d’activité professionnelle depuis 2 ans. Quand j’ai commencé à écrire, je bloquais des week-ends entiers où je ne faisais que ça, à peu près une fois par mois.

Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

  • Je ne me souviens pas avoir eu envie d’écrire, c’est venu un peu par hasard. Un concours de circonstances. Une participation à des ateliers d’écriture avec des écrivains, en Vendée. Ce qui est intéressant, dans ce type d’ateliers, c’est la rencontre avec l’écrivain, de ce qu’il fait, de la manière dont il le fait. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, on écrit très peu dans ces ateliers (du moins ceux que je fréquente), on y parle surtout littérature et écriture. Ça m’a plus, j’ai donc continué. Je crois que j’avais besoin aussi de découvrir un univers inconnu pour moi jusque-là.

Un petit rituel d’écriture ?

  • Je n’ai pas de rituel, pas d’organisation, pas de temporalité non plus. J’écris d’abord dans ma tête, c’est à dire que l’histoire germe dans mon esprit, je la travaille, j’invente les personnages, les lieux, les événements. Quelquefois, c’est le thème qui vient d’abord, quelquefois les personnages, la forme du récit (très important aussi). C’est très variable. Et puis un jour, je me décide à écrire et, à partir de là, tout s’enchaine (plus ou moins bien). Il est rare que l’histoire que j’écris soit entièrement construite,  comme par exemple pour Les ballerines bleues : j’avais les lieux, les personnages, les évènements mais arrivée aux deux tiers du livre, je ne savais toujours pas qui serait le meurtrier. Je fais alors une pause, je réfléchis, j’échafaude plusieurs hypothèses (dans ma tête, toujours) et je me remets à écrire…

Vous écrivez dans différents genres : littérature, poésie, érotique, polar ; est-ce difficile de passer de l’un à l’autre ? Comment choisissez-vous les sujets ? En combien de temps les rédigez-vous ?

  • Non seulement ça n’est pas difficile, mais c’est surtout très intéressant, ça permet d’explorer des univers très différents. Je pourrais dire que pour moi le genre est peu important (sauf pour toucher certains lecteurs plus que d’autres, pour vendre…), et qu’un livre peut aussi faire appel à plusieurs « catégorisations ». Ce qui compte, c’est ce que l’on dit, ce que le lecteur lit ; le genre pourrait être plus considéré dans ce cas-là comme un prétexte à dire qui, de plus, n’est pas incompatible avec un objectif de divertissement. Parce que quand on écrit, on raconte toujours quelque chose de l’humain, de ce que nous sommes, nous, les êtres humains, du monde qui nous entoure et c’est ce qui m’intéresse.

J’essaie d’écrire à peu près un livre par an, mais là, j’en suis plutôt à un tous les quatorze ou quinze mois, J’ai écrit Kevin Martin, un homme sans histoire, en sept mois, avec des coupures dans la partie technique de l’écriture, mais cette histoire m’a habitée pendant un an. Pour Les ballerines bleues, j’y ai pensé pendant deux ans avant de commencer à l’écrire : je voulais écrire un polar sous la forme épistolaire, donc je suis partie du genre et de la forme que j’avais définis pour construire l’histoire. Il m’a fallu ensuite six mois pour finaliser l’intrigue et l’écrire.

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • Au début, je ne me suis pas posée la question. Quand le premier livre a été terminé, en 2010, je me suis dit : qu’est-ce que j’en fais ? A cette époque, pas si lointaine, je ne connaissais rien à l’édition numérique. J’ai donc cherché un imprimeur à qui j’ai confié l’impression de mon livre, et j’ai commencé à fréquenter les salons. C’est quelques mois après que j’ai découvert l’ebook (sur les réseaux sociaux et dans des groupes d’auteurs autoédités) et que j’ai fait mes premiers pas.

Pour ce qui concerne l’édition traditionnelle, j’ai une expérience avec un éditeur traditionnel que j’avais croisé dans un salon. J’ai rompu le contrat au bout d’un an.

Ma nouvelle érotique B.A.L. en soir a un éditeur traditionnel. J’ai signé un contrat de quatre ans. Ma première expérience m’ayant échaudée, je ne prends aucun risque dont celui d’être éditée par une maison qui n’a pas d’expérience.

Bien sûr, si Gallimard me demande de signer chez eux, ce sera les yeux fermés (ou presque). Quoique… De plus, les droits d’auteur ne sont pas comparables, surtout qu’après quelques années, le travail paie : plus de reconnaissance, plus de visibilité.

Peut-être que si j’avais dix ans de moins, j’enverrais mes manuscrits à des maisons d’édition. D’un autre côté, l’autoédition offre une telle liberté qu’il me serait difficile d’y renoncer…

Avez-vous des auteurs fétiches ? Des références littéraires particulières ?

  • Je n’ai pas d’auteurs fétiches. Si je devais citer des auteurs, je dirais Camus, Vautrin, Lemaître, Philip Kerr, Weslake, Arnaldur, Jim Thompson, Daeninckx, Simenon, Djian (quelquefois), Duras (parfois). Et tous ceux que j’oublie. Je lis aussi beaucoup d’auteurs contemporains… ceux que je croise dans les ateliers d’écriture.

Êtes-vous en contact avec vos lecteurs ?

  • Oui, avec certains ; ce que j’aime lire dans les commentaires, c’est reconnaître l’auteur que je suis à travers ce qu’ils disent du livre. C’est pour cette raison aussi que j’aime bien les salons où le contact est direct.

Quels sont vos projets en cours ?

  • Le prochain livre, je laisse passer l’été avant de me mettre au travail d’écriture proprement dit, pour l’instant, il occupe mes neurones.

La publication d’un recueil de poésie issu du concours de poésie de Plume de poète :

https://www.facebook.com/groups/concourspoesie/?fref=ts

Cette publication est chapeautée par l’association que j’ai créée en janvier 2015.

Et puis toujours des chroniques de livres d’auteurs autoédités avec Nicolas Tison, de l’Ebookivore :

https://www.facebook.com/pages/Lebookivore/720075998037616?fref=ts

Avez-vous un site internet ou un blog ?

Si je vous accordais un rêve ?

  • Qu’il continue (le rêve) ! Celui d’écrire et de toucher les lecteurs.

 

Un grand merci à Catherine pour ses réponses. N’hésitez pas à vous rendre sur son blog pour découvrir d’autres anecdotes et à dévorer l’un de ses nombreux romans.

Lien vers les livres de Catherine Lang

Interview de Patrick Ferrer, écrivain talentueux

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Bonjour à tous,

C’est avec un grand plaisir que j’accueille aujourd’hui Patrick Ferrer, écrivain talentueux ayant à son actif de nombreux romans.

 

Bonjour Patrick, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

  • Oui, bien sûr. J’ai cinquante-huit ans et je peux dire que j’ai toujours évolué dans l’univers du livre, d’une façon ou d’une autre. J’ai abandonné l’école traditionnelle avant le Bac et me suis instruit à l’école de la vie. J’ai été bouquiniste sur les quais de la Seine, travaillé en librairie, et puis chez un éditeur étranger où j’ai eu l’occasion d’acquérir une précieuse expérience dans le marketing. J’ai toujours aimé écrire et mes collègues me confiaient systématiquement les travaux de copywriting parce que c’était mon point fort. Quand j’ai quitté l’édition, je me suis lancé dans l’écriture romanesque pour mon propre compte, un rêve que j’entretenais depuis toujours et qui relie mes deux passions.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux ? Combien de temps consacrez-vous en moyenne à vos écrits ?

  • Oui, j’ai un boulot alimentaire qui ne me prend pas trop la tête et je me suis organisé pour consacrer un maximum de temps à l’écriture. Ce n’est pas toujours facile, quand on rentre crevé le soir à la maison, mais je m’efforce de consacrer une quinzaine d’heures par semaine à l’écriture pure. Plus à peu près autant d’heures à la promotion de mes œuvres et à participer à la communauté des auteurs indépendants.

Avez-vous des petits rituels lorsque vous écrivez ?

  • J’ai besoin de calme essentiellement. J’écris deux, trois heures d’affilée, après quoi je fais un truc pour me détendre. J’aime bien sortir et marcher dans un environnement serein pour éliminer la « crasse mentale » qui peut s’accumuler lorsque j’écris des trucs assez durs (la plupart de mes sujets d’écriture remuent des trucs assez angoissants) mais, habitant Paris, ce n’est pas toujours facile. Quand je bloque totalement et que je ne peux plus écrire, je m’évade quelques jours à la campagne pour recharger mes batteries.

Vos livres sont des thrillers, des romans noirs, comment vous est venue l’idée du premier et pourquoi ce style ?

  • En fait, j’écris dans différents genres. Science-fiction, Fantastique, Western, Horreur, Aventure et Policier/Espionnage. Il y en aura d’autres. Je pense qu’un auteur, ou tout artiste, doit être capable de maîtriser tous les instruments de son art. Le polar est le seul genre où j’ai été capable d’écrire un long roman alors que pour les autres, je suis plus à l’aise au format court. Pour mon premier roman, je n’avais pas de style préconçu au départ, je voulais simplement écrire une histoire et j’ai eu l’idée d’un flic émérite qui tombe amoureux de la suspecte et dont la vie va être détruite à cause de cela. Mon héros devait mourir à la fin. Bien sûr, mon personnage n’était pas d’accord et nous avons fini par faire un compromis qui nous satisfaisait tous les deux.

Mon style est assez noir parce que j’essaie de traiter de sujets qui me semblent importants pour la survie de l’humanité et de cette planète. J’aime m’attaquer aux abus de pouvoir, à l’injustice, à la discrimination, à tout ce qui peut constituer la folie des hommes et promouvoir les idées de justice, de tolérance, de compréhension et de solidarité entre les êtres de toute nation, race, voire espèce. Pour moi, avant de se défaire du mal qui nous ronge, il faut pouvoir le confronter, le regarder en face. Je considère que c’est mon boulot, en tant qu’écrivain, de dénoncer cela et promouvoir de nouvelles valeurs et idées. Car ce sont les idées qui changent le monde et l’écrivain a un rôle déterminant dans cela.

Votre thriller « Le baiser de Pandore » premier d’une trilogie, a reçu le Prix du roman numérique Monbestseller, qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

  • Honnêtement, les prix, tout ça, ça me fait plaisir, bien sûr, mais ce n’est pas pour cela que j’écris. En fait, mes plus grandes fiertés, ce qui me touche réellement, ce sont les réactions positives des lecteurs. Je crois qu’il n’y a pas de plus grande récompense qu’une personne lambda qui vous dit : « Moi qui ne suis pas fan de polars, je reste sans voix… je viens de découvrir qu’un auteur de roman noir pouvait aussi être subtil, écrire avec grâce et intelligence. Vous remettez mes a priori en cause et je vous en remercie ! » Ce genre de truc n’a pas de prix.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de vos romans ? Et combien de temps en général mettez-vous pour les écrire ?

  • Mon premier roman a été très long à écrire. D’abord parce que c’est un pavé de 950 pages (après avoir écumé une centaine de pages en trop environ), parce qu’il traite d’événements historiques pour lesquels j’ai dû faire pas mal de recherche et parce que c’était également un apprentissage et que j’ai écrit huit versions différentes du roman. Tout ça prend beaucoup de temps, des années en fait. Par opposition, j’écris mes nouvelles en deux, trois jours max. Une de mes nouvelles la plus populaire, « La rouille », a été écrite en une après-midi. Je ne pense pas qu’on puisse quantifier cela précisément, ça dépend de la complexité du sujet.

La difficulté principale est de trouver le temps d’écrire. J’ai suffisamment d’idées pour écrire en continu pendant des années mais le temps est le grand ennemi.

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • Oui. J’avoue que j’étais naïf, même ayant bossé plus de vingt ans dans l’édition. J’ai écrit mon premier roman, « Le baiser de Pandore » sans me soucier du marché ou des impératifs éditoriaux et quand je me suis pointé chez les éditeurs avec un manuscrit de plus d’un million de signes… J’ai claqué un fric fou en impression de manuscrits et en envois sans aucun résultat. Alors, j’ai décidé de diffuser gratuitement une moitié du manuscrit sur des sites de lecture comme MonBestseller et YouScribe. Et, à ma grande surprise, « Le baiser » a décollé dans les classements, les lecteurs ont aimé et l’ont fait savoir. Finalement, grâce à ce modeste succès, j’ai eu des contacts avec deux éditeurs parisiens qui avaient aimé mon manuscrit mais leurs demandes (sans doute justifiées) quant aux changements à effectuer pour le rendre publiable (principalement le réduire de moitié) étaient au-dessus de mes forces. Il aurait fallu tout réécrire. J’avais accouché d’un enfant sans doute difforme mais je ne me sentais ni le courage, ni l’envie de le renier.

À l’origine, j’avais une idée préconçue de l’autoédition qui s’est avérée fausse. Pour moi, seule l’édition traditionnelle pouvait donner de la légitimité à un auteur. S’auto-publier, c’était l’équivalent de ce que les Anglais appellent du ‘vanity publishing’, l’édition de vanité. J’avais tort. La légitimité, elle vient de vos lecteurs. Ce sont eux qui décident si vous êtes un auteur ou pas. Pas l’éditeur, pas les critiques. Les lecteurs. Et l’autoédition est le test le plus probant et le plus difficile de cette conquête. Parce que vous êtes seul face au lecteur et qu’il vous faut le séduire sans autre artifice que votre livre.

Je travaillais donc, suite à mon premier échec avec les éditeurs, sur deux autres romans beaucoup plus courts et publiais des nouvelles ici et là lorsque j’ai découvert par hasard qu’un auteur indépendant, Jean Philippe Touzeau, délivrait un séminaire gratuit en 22 vidéos sur comment s’auto-publier avec succès. J’ai suivi la série avec un intérêt croissant et, arrivé à la fin, j’avais toutes les cartes en main pour me lancer dans l’auto édition. Suivant les conseils de JP, j’ai cassé mon roman en trois parties d’environ 300 pages chacune, j’en ai réécrit une partie pour en faire trois tomes distincts et je me suis lancé avec le premier tome publié sur Amazon en novembre 2014. Au même moment, un micro-éditeur de SF m’a proposé de publier deux de mes nouvelles et j’étais lancé.

Je dois dire que je ne regrette pas ce choix. Aujourd’hui, j’ai vendu plus d’exemplaires de mon roman que j’aurais pu espérer en vendre avec l’édition traditionnelle, mes trois tomes sont placés depuis des mois dans le top 20 des Thrillers d’espionnage et chipent régulièrement la première place à Millénium ou Ken Follett et je peux envisager un jour de vivre de mes ventes si elles continuent à croître de la sorte.

On vous dit le digne héritier de Fred Vargas, cet auteur a-t-il été une référence pour vous ? Avez-vous d’autres écrivains fétiches ?

  • En fait, ayant vécu longtemps à l’étranger avant de me lancer dans l’écriture, mes influences sont plutôt cosmopolites. Je ne connaissais pas Vargas (ses fans, j’espère, me le pardonneront) avant que certains lecteurs ne soulignent nos points communs. Mais c’est flatteur, même si nous écrivons sur des sujets assez différents. Je suppose que c’est l’atmosphère et les références historiques du roman qui donne cette impression.

    Sinon, j’ai lu et lis énormément dans des genres très différents. Les livres que je conserve précieusement dans ma bibliothèque sont les œuvres de Vian, les premiers romans de H. Murakami (avant qu’il soit connu) et les écrits des surréalistes, mais dans les étagères du bas, on trouve de tout : des écrits moyenâgeux, du polar chinois, de la SF russe, du roman français (Tournier, Modiano, Houellebecq) des contes, légendes et mythologies de tous les pays, des livres d’espionnage de John le Carré, Len Deighton et Martin Cruz Smith. J’ai lu énormément de SF, Asimov, van Vogt, Bradbury, Clarke, Heinlein, Sturgeon, K. Dick, Farmer, Gibson. Je suppose que tout ce qu’on a lu vous imprègne d’une certaine manière donc si vous pouvez imaginer un pot-pourri de tout ça…

Etant déjà connu comme auteur avez-vous des contacts avec vos lecteurs ? Sinon, l’envisagez-vous ?

  • Ce ne sont pas tant des contacts avec les lecteurs que des gens qui partagent la même passion. Le contact avec les lecteurs se limite souvent à « J’ai beaucoup aimé, quand sort le prochain ? » ou « en avez-vous publié d’autres ? » et je pense que c’est bien. Ce que j’ai à dire, je le mets dans mes livres. Les gens les lisent et occasionnellement me mettent un commentaire ou m’envoie un encouragement ou un remerciement ou une critique salée. L’échange s’arrête là. Je crois que c’est parfait comme ça.

À côté de cela, j’ai des messages de lecteurs qui sont aspirant auteurs eux-mêmes, ou travaillent dans le milieu ou tiennent un blog et nos contacts donnent lieu à des échanges. Par exemple une lectrice m’a signalé des anomalies dans mes livres et depuis elle fait office de première correctrice. Ce sont toujours des échanges, des conseils, des avis constructifs qui font partie de mon travail et l’enrichissent.

Avez-vous un autre livre en préparation, un tome 4 pour « Le baiser de Pandore » ou d’autres projets ?

  • Oui, j’ai deux autres romans en cours d’écriture, et j’écris régulièrement des nouvelles pour des anthologies, des magazines ou des webzines dont je prévois de publier prochainement un recueil qui sera plutôt SF/Fantastique. La saga du Baiser de Pandore est terminée pour l’instant et l’intégrale en un volume sera auto-publiée prochainement. Il y a certains personnages qui pourrait être développés dans des histoires ultérieures, pourquoi pas, j’ai encore plein de matériel que je n’ai pas utilisé pour le « final cut » mais pour l’instant j’ai envie d’explorer d’autres univers.

Il est également possible que je m’associe avec un éditeur mainstream pour sortir une série, qui m’obligerait à travailler un autre style d’écriture, à épisodes. J’ai fait un premier essai avec le Quotidien du Médecin pour lequel j’ai pondu une petite série policière centrée autour d’une jeune légiste et c’est assez facile à faire. Ça ne m’a pris que quelques jours à écrire et ça paie bien donc ça me permet de financer d’autres projets.

Avez-vous un site internet ou un blog ?

  • Oui, j’ai un blog à www.mezaventures.com où les lecteurs peuvent lire gratuitement mes nouvelles et des extraits de mes livres. Mais c’est encore en chantier, faut porter le casque pour s’y aventurer.

Si je vous demande quel serait votre plus beau rêve (allez deux ou trois si vous voulez) lequel serait-il ?

  • Mon véritable rêve serait que tous ensemble nous créions une civilisation humaine basée sur l’intelligence et le respect de l’autre et de notre environnement. C’est d’autant plus rageant que c’est parfaitement possible si l’humanité commençait à s’attaquer aux vrais problèmes qu’elle doit confronter pour survivre et prospérer, au lieu de jouer le jeu des intérêts d’une minorité qui n’ont aucun égard pour la vie humaine, pour la planète, sa faune et sa flore. Nous laissons des fous furieux nous diriger et nous plaignons que le monde soit devenu un enfer. Chacun d’entre nous joue un rôle, si minime soit-il, pour injecter de la raison dans notre civilisation et en éliminer la folie. Si mes écrits peuvent contribuer à cela, je serai le plus heureux des hommes.

 

Un grand merci à Patrick pour avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Je vous invite à consulter son blog cité plus haut, vous pourrez y trouver des petits bijoux de littérature.

Et surtout n’hésitez pas à vous procurer ses livres :

Livres de Patrick Ferrer

Interview de Murielle Lucie Clément auteur prolifique et talentueuse

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Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai le plaisir et l’honneur de vous présenter Murielle Lucie Clément Docteur ès lettres, auteur de nombreux ouvrages.

Bonjour Murielle, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

  • Bonjour Laurence, Originaire de la Vallée de Chevreuse, ayant habité aux Pays-Bas, je réside maintenant dans le Berry. J’ai une formation universitaire avec un doctorat de Lettres et il va sans dire que la littérature est une de mes passions.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux ?

  • En fait, tout est une question de discipline et on peut très bien concilier plusieurs professions. C’est mon cas car la recherche nécessite beaucoup de temps, bien que je me consacre de plus en plus à la lecture et l’écriture.

Combien de temps consacrez-vous en moyenne à l’écriture ?

  • C’est variable car tout dépend de ce que l’on comprend par écriture. Disons, physiquement derrière mon bureau devant mon ordinateur ou mon bloc de papier, de quelques heures par jour à toute la journée. Et, il y a tout le travail de cogitation, de recherche, de réflexion et de nez en l’air.

Qu’est-ce qui vous a poussée à prendre la plume ?

  • Rien ne m’a poussée si ce n’est moi-même. C’est tout simplement un postulat que j’avais décidé déjà très jeune.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de vos livres ? Notamment ceux sur une personnalité comme Michel Houellebecq ?

  • En fait, j’écris plusieurs genres. Il y a en gros : la fiction et la non-fiction. Les livres de non-fiction au niveau universitaire sont nettement plus complexes que ceux de fiction (poésie, nouvelles, roman, récit).

Sur un auteur comme Michel Houellebecq, comme j’étais la première à écrire un livre académique sur l’auteur, la principale difficulté était que je n’avais aucune source. Cela s’est avéré être également un grand avantage car cela m’a obligée à me concentrer uniquement sur les textes de l’auteur et non pas sur ce qu’un pair aurait écrit.

Mais pour tous les livres, la même difficulté apparaît toujours : s’y mettre et s’y tenir !

Comment vous est venue l’idée de votre premier roman ?

  • Les idées bouillonnent toujours en moi, ce n’est pas le problème !

Combien de temps pour écrire le mot fin à la dernière page ?

  • Comme pour tous les livres, je le couve, je l’écris, réécris, corrige, relis et relis, puis recorrige etc. et ainsi se passent le jours, les semaines, les mois et se déroulent les années ! Entre-temps tellement de choses… Certains livres je les ai écrits en une quinzaine ; d’autre en plusieurs années.

Combien de temps avez-vous mis pour trouver un éditeur ?

  • Trouver un éditeur est relativement aisé. On envoie ses manuscrits et on attend en écrivant autre chose. Arrive ensuite une lettre l’une après l’autre de refus. Cela est normal. Il faut s’y préparer. La seule lettre importante est celle de l’éditeur qui accepte la publication.

Quels sont vos coups de cœurs littéraires ?

  • Pour moi, il y a les livres que je lis et relis et il y a ceux que j’oublie et ceux-là sont les plus nombreux, je suppose. J’adore Andreï Makine. C’est un auteur qui ne m’a jamais déçue. Tous ses livres sont excellents et ceux qu’il a publiés sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde sont absolument excellentissimes.

Avez-vous des contacts avec vos lecteurs ?

  • Oui, je rencontre souvent des personnes qui lisent mes livres et c’est toujours très agréable. Ce sont des amis, en fait. Sans lecteur un auteur ne peut exister.

Quels sont vos projets ?

  • Beaucoup trop pour en parler !

Avez-vous un site internet ou un blog ?

Un rêve ?

  • Des rêves plein la tête surtout quand je dors !

Un grand merci à Murielle pour avoir pris le temps de répondre à mes questions. Si vous souhaitez la découvrir un peu plus, rendez-vous sur son blog cité plus haut et n’hésitez surtout pas à découvrir l’un de ses nombreux ouvrages :

Lien vers livres Murielle Lucie Clément

Interview de Sandra Ganneval auteur de talent auto-publiée

 

a l'eau de rose et de vaisselleon a toujours besoin d'une blonde en bikini pour vendre une machine à laver

 

Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous présenter Sandra Ganneval, auteur de plusieurs romans publiés en auto-édition.

Bonjour Sandra, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

  • Bonjour, Laurence. Tout d’abord, merci de m’avoir proposé de répondre à ce petit questionnaire. Sandra Ganneval est mon nom de plume. Sandra est un prénom que j’aurais pu porter et Ganneval est le nom de mon méchant préféré. Pierre Ganneval est un vilain savant fou que l’on retrouve dans le roman « Cristal qui songe »(1) de Theodore Sturgeon (2), un écrivain américain à l’univers très particulier qui jongle avec la science fiction, le fantastique et l’horreur. Son personnage, Pierre Ganneval, réalise des expériences sur des cristaux d’un genre particulier. Il a découvert que ces pierres étaient vivantes et que certaines s’unissaient pour donner naissance à des êtres vivants. Il les torture d’une manière particulière (c’est de la science-fiction), les cristaux étant sensibles à la haine et il leur en envoie des décharges par la pensée dans le but de les contrôler.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux ?

  • Pour faire dans la banalité, être écrivain est mon rêve de petite fille que je n’ai jamais cessé d’entretenir, de caresser dans un coin de ma tête. J’ai fait de nombreuses tentatives et n’ai réussi à écrire un texte potable qu’en 2008. Depuis, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de miracles, que c’était un vrai travail et qu’il fallait que je passe des heures devant mon ordinateur pour arriver à écrire quelque chose d’à peu près potable. Comme je suis très optimiste, résolument optimiste, j’ai décidé de consacrer une journée par semaine à l’écriture, le reste du temps, je travaille pour mettre des choses dans la marmite avant de la faire bouillir.

Combien de temps consacrez-vous en moyenne à l’écriture ?

  • Depuis le début de cette année, une journée par semaine, sept heures, je suis une fervente des trente-cinq heures. Et puis, le reste de la semaine, j’essaie de consacrer une heure par jour à faire un semblant de promotion ou à écrire. Le soir, à partir de 21h00, il ne faut surtout pas me déranger. Objectif : faire avancer le schmilblick !

Qu’est-ce qui vous a poussée à prendre la plume ?

  • Petite fille timide, je lisais énormément, je me réfugiais dans les livres. Adolescente timide, c’était la même chose. Adulte timide, c’est encore pire. Bon, je plaisante, à moitié. Aimer lire m’a donné envie d’écrire. J’ai encore quelque part dans un carton une tentative de création d’un livre à la manière de ceux de la bibliothèque rose. Je réalisais mes propres couvertures à la gouache. L’autoédition, je ne pouvais pas y échapper (lol). J’y étais prédestinée.

Comment vous est venue l’idée de votre premier roman ?

  • Mon premier roman s’appelle « SOS FLEMMARDS ». Ce n’est pas un roman autobiographique mais j’y ai mis beaucoup de ma petite personne. J’y retrace, à ma façon, une expérience professionnelle. J’ai eu le plaisir de faire un passage à Pôle Emploi quand il s’appelait encore ANPE en tant que conseillère (et dans con-seillère, il y a… seillère) et ça m’a semblé une situation tellement kafkaïenne que j’ai eu envie d’en faire un roman. Ce premier livre est une comédie dont les deux héros sont originaires des Antilles françaises, comme moi. Dans ce livre, je parle de la culture antillaise telle que je la perçois, moi qui ai quitté mon île de naissance à l’âge de quatre ans, je tente de parler du racisme ordinaire avec humour, j’y évoque la difficulté de grandir, l’abandon de ses rêves avec l’âge et je m’attarde un peu sur le soi-disant sens des responsabilités que l’on doit acquérir en vieillissant… enfin, plein de sujets qui me tiennent à cœur.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de vos romans ?

  • J’aime écrire quand je suis seule. Je déteste que quelqu’un lise par-dessus mon épaule ou me demande ce que je suis en train de faire, de quoi ça parle. L’écriture est vraiment mon jardin secret. Donc, je ne peux écrire que lorsque je sais que je ne vais pas être dérangée. Du coup, je n’en ai pas toujours l’énergie parce qu’en dehors du travail, j’ai une vie de famille bien remplie mais j’ai appris que la régularité paie. Je sais que si je m’efforce de travailler un peu chaque semaine sur un livre, à un moment, il sera terminé. Un pas après l’autre, comme disait je ne sais plus qui. Un mot après l’autre, il me semble que ça, c’est de Stephen King, dans « Écriture, mémoire d’un métier » (3).

L’autre difficulté, c’est la confiance en soi. Il en faut une sacrée dose pour aller au bout d’un texte et, parfois, elle fait défaut. Je relis ce que j’ai écrit auparavant, pour me convaincre que si je l’ai déjà fait, je peux encore le faire et pour me rappeler que j’ai déjà ramé mais que je suis quand même arrivée au bout du voyage.

Pourquoi ce style de romans ?

  • J’ai essayé des styles différents.

Super motivée, à l’époque, j’ai envoyé « SOS Flemmards » à plusieurs bloggeurs, un comité de lecture a pris le temps de le lire sur un site qui n’existe plus mais qui s’appelait WBE. C’était une belle initiative, en ce qui me concerne, car les lecteurs s’arrêtaient autant sur la forme que sur le fond et faisaient une critique approfondie du livre en ménageant parfois modérément l’ego de l’auteur. Cela a été une belle expérience et cela m’a donné confiance dans ma capacité d’écrire ce que j’avais envie d’écrire.

Du coup, ensuite, j’ai écrit un roman à l’eau de rose trouble, comme je l’appelle : « A l’eau de rose et de vaisselle. », que l’on peut classer dans la catégorie chick lit ; puis, un recueil de nouvelles fantastiques : « De l’autre côté de l’écran », avec comme sources d’inspiration Guy de Maupassant (4) (ses contes fantastiques) (5) et Richard Matheson (6) (auteur de la nouvelle : « Né de l’homme et de la femme » (7), cela fera tilt dans le cerveau des amateurs) ; après ça, j’ai fait une plongée dans le glauque avec une sorte de thriller psychologique :« On a toujours besoin d’une blonde sexy en bikini pour vendre une machine à laver », c’est le titre le plus long que j’ai pu trouver (lol). Dans ce livre, j’aborde des sujets plus difficiles comme la prostitution et l’inceste. Pour l’un des personnages, Amandine, l’écriture est salvatrice et lui permet de ne pas plonger dans la folie.

Je pense que si l’on a envie d’écrire un certain style de roman, il faut se lancer, le voir comme un défi, le plus important, c’est de se faire plaisir.

Combien de temps pour écrire le mot fin à la dernière page ?

  • J’écris plus vite qu’il y sept ans, je pense, j’ai acquis quelques techniques, enfin, je sais à peu près de quelle manière m’y prendre mais je ne me fixe pas vraiment de temps. Dans l’idéal, sortir un livre par an me paraît un bon rythme. Deux, ce serait presque parfait.

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • J’ai envoyé, il y a des siècles, un roman à une maison d’édition mais, avec le recul, je réalise à quel point mon texte méritait d’être travaillé. Depuis, je n’ai envoyé aucun texte. En revanche, j’ai été contactée par un éditeur lorsque mon roman à l’eau de rose trouble a été premier des ventes dans la catégorie humour d’Amazon mais je ne me sentais pas prête à travailler avec un éditeur. J’aime la liberté que procure l’autoédition même si ça représente un gros travail. Je n’ai pas envie d’écrire toujours dans le même genre, de la même façon, de formater mon écriture, j’aime bien me surprendre. J’avoue que la réussite d’auteurs anglo-saxons comme Joe Konrath (8), Amanda Hocking (9) ou John Locke (10) me fait rêver. J’aimerais bien être de nouveau contactée par un éditeur mais, après avoir vraiment fait mes preuves en m’autoéditant et ainsi, être en position de force.

Quels sont vos coups de cœurs littéraires ?

  • Mon dernier coup de cœur, c’est « Terra Divina » (11) de Marie Fontaine, auteur que j’ai connu lorsque je me suis lancée dans l’autoédition. C’est drôle, pêchu, entraînant. J’ai vraiment beaucoup aimé. C’est une lecture qui fait du bien et que je recommande.

Avez-vous des contacts avec vos lecteurs ?

  • J’aimerais avoir des contacts avec tous les lecteurs qui m’ont laissé des commentaires cinq à trois étoiles sur Amazon, ce n’est malheureusement techniquement pas possible (lol). J’ai des contacts avec les lecteurs qui laissent leurs commentaires sur les plates formes telles monbestseller.com, ou sur Facebook. C’est très agréable d’avoir des retours. Positifs, c’est génial, bien sûr. Mitigés ou négatifs, ça apporte aussi quelque chose, si c’est argumenté, parfois, j’avoue rester dubitative et me demander si l’on me parle bien du texte que j’ai écrit. J’ai appris et j’apprends encore à prendre du recul, à relativiser, à faire la part des choses.

Quels sont vos projets ?

  • Actuellement, je travaille sur un nouveau roman, ma seconde chick lit à la sauce Ganneval, dont le titre sera : « Les tablettes de chocolat du Père Noël ». J’espère réussir à l’autoéditer pour la fin de l’année, le titre s’y prête. J’ai également en projet un second recueil de nouvelles fantastiques.

Avez-vous un site internet ou un blog ?

  • Oui, j’ai un blog qui s’appelle SOS Flemmards, que je ne fais pas vivre autant que je le voudrais, bizarre, les journées ne font que 24 heures, vous avez remarqué ? En voici l’adresse : http://sosflemmards.blog4ever.com/

Un rêve ?

  • Mon rêve d’autoéditée ? Vivre de mes ventes de livres, bien sûr ! Comme le font pas mal d’auteurs anglo-saxons et quelques auteurs francophones. Je suis résolument optimiste !
  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cristal_qui_songe
  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Theodore_Sturgeon
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89criture_:_M%C3%A9moires_d’un_m%C3%A9tier
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_de_Maupassant
  5. http://les.tresors.de.lys.free.fr/poetes/guy_de_maupassant/le_fantastique/menu_le_fantastique.htm
  6. http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Matheson
  7. http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Journal_d’un_monstre
  8. http://jakonrath.blogspot.fr/
  9. http://www.enviedecrire.com/un-editeur-francais-publie-un-roman-americain-autoedite/
  10. http://www.lexpress.fr/culture/livre/un-auteur-independant-passe-le-million-d-ebooks-vendus_1004666.html
  11. http://www.amazon.fr/Terra-Divina-Lint%C3%A9grale-Cerisaie-Tchekhov-ebook/dp/B00IPMWWME/ref=cm_cr_pr_product_top

Un grand merci à Sandra pour avoir pris le temps de me répondre en toute honnêteté. Bientôt un article sur mon blog à propos de l’un de ses romans. Comme le dit si bien notre invitée : « les journées ne font que 24 heures », difficile de tout concilier ! Si son univers vous intéresse, n’hésitez pas à faire un tour sur son blog et bien entendu, à commander l’un de ses ebooks :

A l’eau de rose et de vaisselle

On a toujours besoin d’une blonde sexy en bikini pour vendre une machine à laver

 SOS flemmards

De l’autre côté de l’écran

 

Interview de l’excellente auteur Céline Vay

celine vay

 

Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’accueille avec plaisir l’excellente auteur auto-éditée Caroline Vay qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Bonjour Céline, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

  • Je m’appelle Céline Vay, ou à peu près, je suis née dans la fin des années soixante, une année rendue célèbre par Gainsbourg. Mon enfance s’est vécue sur fond de musique classique, dans les couloirs et les salles de classe d’un conservatoire. Mes études m’ont menée à la comptabilité, mais je ne l’ai pas fait exprès.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux ?

  • Je cumule un emploi avec deux heures de trajet quotidien, c’est donc difficile de cumuler encore davantage, d’autant que j’avoue qu’à la fin de mes journées, je me rends compte que je ne suis plus du premier âge.

Combien de temps consacrez-vous en moyenne à l’écriture ?

  • Je consacre à l’écriture mes trois quart d’heure de pause- déjeuner, manque de mourir à chaque bouchée de sandwichs pour ne perdre aucune minute et mes soirées après 9h30, à moins que le sommeil ne me cueille. Dans ce cas, je me lève le matin d’humeur chagrine et suis insupportable avec mes collègues de bureau.

Qu’est-ce qui vous a poussée à prendre la plume ?

  • Mes enfants et mon mari me trouvaient stressée par mon travail. Je leur en rabâchais les oreilles à longueur de temps. Je ne lâchais jamais prise, même le week-end, toujours entre deux déclarations fiscales ou sociales. Ils ont eu besoin de souffler, je crois. Depuis, je suis plus détendue, je souris aux anges les trois-quarts du temps. Je suis toujours entre deux idées littéraires.

Comment vous est venue l’idée de votre premier roman ?

  • « Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde ».

Je n’ai jamais autant adoré un livre que « Le Petit Prince ». J’ai été déçue de ne pouvoir le faire aimer à mes enfants. Ce fut une grande tristesse. Il me semblait qu’ils étaient devenus apatrides, faute d’apprivoiser cet imaginaire-là. La Couleur Oiseau m’est apparu comme un langage, les mots à avoir quand un proche disparait, trop tôt, trop vite, pour que le mot fin ne s’écrive pas à son histoire. Ou tout du moins, ce sont les mots que j’aurais aimé entendre.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de votre roman ?

  • La complexité d’écrire deux histoires en parallèle, à dix ans d’intervalle. Le choix d’un style qui dans mon esprit du moins restait dans la continuité de l’imaginaire poétique de l’artiste peintre, en décalage avec la réalité, et quelque peu suranné.

Pourquoi ce style de romans ?

  • Par conviction sur la nécessité de préserver une certaine poésie aux enfants, quand on est parent. Ils ne lisent plus assez, sont déflorés par les médias. La petite Justine n’est pas de cette génération mais de la génération Casimir, elle écoutait Monsieur Dusnob, François et Julie, leurs histoires de Pierrot et Colombine.

Combien de temps pour écrire le mot fin à la dernière page ?

  • Un an et demi.

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • Trois maisons d’éditions, trois refus, sans explications pour corriger. Avec l’autoédition, j’espérais en apprendre davantage, bien que je sache moi pertinemment qu’en écrivant une histoire de personnages surannés, pas suffisamment toutefois pour qu’ils appartiennent à l’histoire avec un H, et en refusant de me plier aux considérations d’écriture actuelles, je prenais un risque. Je dirais que ce premier livre fut un mal nécessaire. Je ne l’aurais pas écrit autrement, il s’est imposé ainsi, à l’image de toutes ces années de conservatoire. Le phrasé suit celui des partitions des œuvres que j’ai écoutées en l’écrivant, d’une certaine façon. A présent, j’ai tourné la page, je n’écris plus ainsi. Je rejoins le 21ième siècle. J’ai donc décidé de l’ancrer davantage, de séparer les histoires, et de le réécrire, d’une façon autre. Je suis étonnée d’ailleurs de certains témoignages que j’ai reçus, comme si d’autres personnes pouvaient aussi être d’un autre temps.

Quels sont vos coups de cœurs littéraires ?

  • Passés, présents ou à venir ? Edités, ou autoédités? De partout, les styles fusent, me plaisent, ou m’exaspèrent.

Avez-vous des contacts avec vos lecteurs ?

  • J’ai l’immense chance de pouvoir entrer en contact avec tous. Fabuleux, non ?

Quels sont vos projets ?

  • J’ai trois livres en suspens, la première priorité restant de réécrire La Couleur Oiseau d’une façon plus contemporaine, pour une version bien plus courte, et de le présenter à d’autres maisons d’édition.

Avez-vous un site internet ou un blog ?

  • Non, c’est un travail difficile, très prenant. Je vous remercie Laurence, pour le vôtre. Il est d’inspiration très variée, très agréable à lire.

Un rêve ?

  • Que mes enfants sortent de l’adolescence. J’essaie toujours d’avoir des rêves à ma portée.

Je remercie vivement Céline pour avoir pris le temps de répondre à mon questionnaire, car ses journées ne sont pas de tout repos. J’espère avoir bientôt le plaisir de lire à nouveau l’un de ses romans, car j’apprécie beaucoup son style d’écriture. En attendant, vous pouvez découvrir son livre « La couleur oiseau » sur Amazon :

La couleur oiseau

Interview de Monique Massot-Escaravage, auteur talentueuse

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Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir Monique Massot-Escaravage dont le roman Vent d’Espoirs sortira le 06 juin aux Éditions AETH.

 

Bonjour Monique, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

  • Bonjour à vous toutes et tous. Je m’appelle Monique Massot-Escaravage. Je suis née en Algérie dans les années d’ après-guerre. J’ai 4 enfants et j’habite dans la belle ville d’Antony depuis 25 ans. J’occupe mon temps entre l’écriture, le bénévolat et le plaisir immense que me procurent mes petits-enfants.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux

  • Non, je suis à la retraite et j’ai tout mon temps pour me livrer à mes passions.

Combien de temps consacrez-vous en moyenne à l’écriture ?

  • Je ne m’impose rien. Quand j’ai une idée, (souvent la nuit quand je ne dors pas), je me précipite sur mon cahier et je note tout avant que cela ne disparaisse. Je peux rester des jours sans écrire, tout comme il m’est arrivé d’y passer 6 heures sans voir le temps filer.

Qu’est-ce qui vous a poussée à prendre la plume ?

  • J’ai depuis toujours un carnet qui ne me quitte pas. J’y note tout ce qui a de l’importance pour moi. Cela va de mes tristesse face aux coups durs de la vie, à mes mésaventures (en voyage, je me demande souvent si je ne suis pas maudite) pour terminer par mes plus grandes joies (la famille, les amis). Il y a quatre ans, je parlais à mon fils via Skype. Il vit à Montréal depuis 7 ans. Il me montre une grosseur sur son cou. Mon sang n’a fait qu’un tour. Échographie. Diagnostic : Suspicion très forte de cancer de la thyroïde. Retour en France en catastrophe, opération à L’hôpital de la Pitié dans la foulée et l’attente… Entre temps, mon mari me montre également une boule qu’il a dans le cou. Le professeur qui suivait mon fils le rassure, c’est bénin, un goitre. On vous opèrera le mois prochain. Les résultats de mon fils arrivent, ça n’est pas cancéreux. Pour mon mari, ça l’était… Voilà pourquoi je me suis vraiment mise à l’écriture. Je m’évadais de mon quotidien angoissant en m’immergeant dans un autre monde où rien ne pouvait m’atteindre et c’est ce qui m’a permis de me maintenir la tête hors de l’eau.

Comment vous est venue l’idée de votre premier roman ?

  • Il y a 5 ans, j’ai entrepris des recherches généalogiques. J’avais envie de connaitre le parcours de mes ancêtres, essayer de comprendre pourquoi ils avaient quitté leur Alsace natale en 1848, pour peupler la colonie d’Algérie. Par le plus grand des hasards, j’ai mis la main sur un secret de famille qui restera à jamais enfoui dans les oubliettes du temps. L’homme qui a accompagné mon aïeule en Algérie n’était pas son vrai mari et pourtant il avait le même état civil que celui-ci. Que s’était-il passé ? Qui était l’intrus ? Ce mystère était resté en latence dans mon esprit mais il refaisait surface de temps en temps sans que l’idée d’un roman ne s’impose pour autant. Ce sont les circonstances décrites plus avant qui m’ont décidée à franchir le pas. C’était ça ou crever à petit feu.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de vos romans ?

  • Mis à part le fait de me documenter pour ajuster fidèlement mon histoire au contexte historique de l’époque, tout a été limpide. Les idées venaient plus vite que le fait de les coucher sur le papier (Je note tout avant d’écrire sur mon ordi).Je n’ai jamais été en panne d’inspiration, bien au contraire…

Pourquoi ce style de romans ?

  • Tout simplement pour que mes enfants et petits enfants connaissent mon histoire. Sans entrer dans les polémiques, dans la politique, sans chercher qui avait tort ou raison. (D’autres, et ils sont nombreux, se sont largement épanchés sur le sujet). Je l’ai voulu léger, volontairement, pour désamorcer les tensions qui perdurent encore.

Combien de temps pour écrire le mot fin à la dernière page ?

  •  Un an environ.

Combien de temps avez-vous mis pour trouver un éditeur ?

  • Trois ans. Mon livre n’étant pas « bancable » je ne les intéressais pas. Pas dans leur lignée éditoriale.

Quels sont vos coups de cœurs littéraires ?

  • Je lis tout. Je ne vais pas vous ressortir les classiques qui font très intello. Moi, mes coups de cœur, je les ai avant les 50 premières pages. Si ça m’accroche et m’emporte, c’est bon. J’aime trop ce que lire m’apporte pour me farcir des bouquins qui ne sont que masturbation intellectuelle. En gros, mes chouchous : Stephen King, Glenn Cooper, Karine Giebel, Douglas Kennedy, Pat Conroy, Harlan Coben. Parmi les auteurs français, David Foenkinos, Frank Thilliez, Maxime Chattam et j’en passe et des meilleurs. Je lis environ 15 livres par mois, c’est dire.

Quels sont vos projets ?

  • Ce roman, «  Vent d’espoirs » retrace de façon romanesque les premières années de mes aïeux en Algérie. En préparation, le second retracera mes dernières années là-bas.

Avez-vous un site internet ou un blog ?

Un rêve ?

  • Plein de projets. Voyager, écrire, aimer…

Un grand merci à Monique pour la sincérité de ses réponses. N’hésitez pas lorsque son roman sortira à le commander (connaissant déjà quelques extraits, il me tarde de le lire)sur le site de son éditeur : www.lestemps.fr