Nous, les autoédités…

2016-03-26 11.34.56

Auteurs en mal de reconnaissance pour certains, trahison, catastrophe de la part du salon du livre de Paris selon Monsieur Augustin Trapenard, les autoédités, dont je fais partie, en entendent des vertes et des pas mûres. Amélie Antoine a d’ailleurs écrit une très belle lettre adressée à ce journaliste aigri. Vous pouvez la découvrir ici si ce n’est déjà fait.

Je ne tenais pas à mettre mon grain de sel, mais mon sang chaud de fille du Sud s’est mué en un gros bouillon cette semaine et j’ai eu envie moi aussi d‘ouvrir les vannes avant que l’amertume ne me consume.

Tous les autoédités ne sont pas ces pauvres êtres voulant à tout prix voir leur prose publiée et peu importe le contenant pourvu qu’on est l’ivresse.

Dans mon cas, mon roman paru sur Amazon avait passé le cap d’une éditrice, mais peu avant sa publication, sa maison d’édition fit faillite. Car la loi de la jungle est impitoyable dans le milieu littéraire et si beaucoup n’aiment pas les autoédités, ceux qui ont pignon sur rue abhorrent les petites maisons d’éditions. Pour qui se prennent-elles ces moins que rien à vouloir une toute petite part du gâteau plein de crème littéraire. Même si quelquefois, la crème ne réussit guère à masquer la génoise ratée en-dessous…

Bref, il ne me restait que quelques options, soit me cacher dans le terrier d’un lapin, mais j’ai eu peur de rester coincée, soit pleurer toutes les larmes de mon corps, mais pas certain que mon assurance prenne en charge le dégât des eaux. Ou bien… publier sur Amazon.

Le choix fut vite fait, enfin presque. Je décidais donc de donner une nouvelle vie à mes personnages hurlant de désespoir dans leurs pages manuscrites. Tout d’abord, une petite nouvelle me permit de tâter le terrain (virtuellement parlant) et ô bonne surprise, fût bien accueillie. Alors je jetais mon roman dans la fosse aux lions et ô, à nouveau good surprise, il rencontra son petit public. Depuis il s’en vend quelques-uns presque tous les jours. Je ne suis pas certaine que petite auteure inconnue dans une grande maison d’édition, j’en aurais fait autant. Des gens que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, ni même de Brad Pitt (dommage) vont liker ma page auteur. Alors oui, je suis reconnaissante à mes lecteurs. Oui, je suis heureuse du tout petit succès de mon livre.

Des auteurs autoédités j’en ai interviewé sur mon blog, Caroline Plouffe, Patrick Ferrer, Charlie Bregman, Chris Simon, Robert Dorazi, Catherine Lang , Sandra Ganneval, etc… car je voulais leur donner la parole, leur permettre d’exprimer leur ressenti.  Tous sont de belles personnes méritant d’être connues. Leurs écrits m’ont conquise, certains plus que d’autres et je n’hésiterai pas à lire leurs prochaines œuvres. D’ailleurs quelques-uns rencontrent un succès bien mérité et sont happés par des éditeurs célèbres tels Alice Quinn (Comme il est bon de butiner dans le vivier des autoédités !) Ces auteurs-là  donneront donc du travail à l’imprimeur ou le libraire… ce que l’on nous reproche de ne pas faire apparemment.

Il est vrai qu’il y a des livres au français et à l’orthographe déplorables, à la mise en page désolante et ceux-là portent préjudice aux auteurs s’efforçant de proposer le meilleur en termes de présentation d’ebooks. Mais ce n’est pas l’apanage de l’autoédition que diable ! Certains font appel à des correcteurs ou passent eux-mêmes des heures à peaufiner leur texte. Dans beaucoup d’autres domaines aussi, on peut séparer le bon grain de l’ivraie. Lisant énormément de livres traditionnels, il m’est arrivé de tomber sur des perles…mais pas toujours de culture, loin s’en faut.  On commercialise bien des biographies de personnes célèbres d’une vingtaine d’années (hic !) alors de grâce laissez nous vendre nos ebooks à qui veut bien les acheter. Nous ne représentons qu’une toute petite part du marché (pour le moment) laissez-nous là. Il y a assez de place pour tout le monde. De plus, la littérature coûte chère, j’en sais quelque chose, et si le faible prix de nos livres permet à des gens n’ayant pas forcément les moyens de pouvoir s’offrir un peu de lecture, je ne vois pas en quoi cela est catastrophique…

Écrire n’a de réelle utilité que si l’on nous lit, si nos personnages prennent vie dans l’esprit de nos lecteurs, alors si une pétition n’est pas lancée contre nous sur Internet pour nous intimer de cesser d’écrire à tout jamais, c’est peut-être que certains arrivent à s’évader, pour un petit moment, de ce monde de brutes grâce à nos écrits. Deux siècles auparavant, nous aurions pu être conteurs, aujourd’hui nous sommes des autoédités…

L’un de mes romans, non publié sur Amazon, sera bientôt édité par une petite maison d’édition, mais une chose est certaine, je continuerai quoiqu’il se passe à publier mes propres ebooks !

Pour finir, je reprends pour nous la devise des scouts :

Autoédités un jour, Autoédités toujours…

 

 

On a toujours besoin d’une blonde sexy en bikini pour vendre une machine à laver de Sandra Ganneval

On  a tous besoin d'une blonde en bikini pour vendre

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser supposer, ce roman traite de sujets douloureux, violents, voire sordides. Un thriller psychologique se lisant d’une traite.

Avec un style impeccable, alerte, sans concession,  Sandra nous conte l’histoire d’une vengeance de femme. Une vengeance loin d’être à l’eau de rose.

D’un côté, Pélagie, sculpturale blonde éthérée, rêvant de gloire, de reconnaissance, ayant appris dès l’adolescence à jouer de son physique pour s’attirer les bonnes grâces. De l’autre, Clara, femme au caractère bien trempée, cynique, sculptée par les horreurs vécues dans son enfance. L’histoire va les réunir pour le malheur de l’une d’entre elles.

L’auteur nous emporte ainsi sur le chemin de secrets de famille cachés, enfouis, gangreneux. Croyez-moi, ce livre vous tiendra en haleine jusqu’au bout.

Explorer les méandres d’esprits tortueux est difficile comme de boire un alcool au goût amer mais dont on redemande.

Si tous les romans de Sandra Ganneval sont ainsi, je signe à nouveau…

Lien vers le livre

Woody L’Education conjugale de Jean-François Pissard

Woody ou l'Education conjugale

Woody n’a pas le physique d’un Apollon et un boulot de professeur à mi-temps ne l’enchantant guère. Bref, une vie banale.

Mais l’homme est attendrissant, se posant beaucoup de questions sur son couple, désireux de comprendre les femmes. Car celle de Woody est belle, pilote de ligne de surcroît. Notre héros voudrait tout faire pour que son ménage fonctionne, mais il fait des gaffes, se retrouve dans des situations invraisemblables, mettant en péril son ménage. Alors, il tente de se remettre en questions, de se mettre dans la peau d’une femme pour comprendre.

Ce roman écrit à la première personne porte bien son nom d’Education conjugale, car c’est de cela dont il s’agit, mais plus encore du questionnement d’un homme sur la vie en général.

Le style de l’auteur est fluide, direct, alerte, amusant, de toute beauté.

Une plongée en apnée dans un cerveau masculin.

Une lecture savoureuse, servie de main de maître.

Lien vers le roman

Interview de Catherine lang, auteur de talent

catherine lang

 

Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai le plaisir de recevoir Catherine Lang, auteur talentueuse et prolifique.

Bonjour Catherine, pouvez-vous vous raconter en quelques mots ?

  • Je vous remercie, Laurence, de m’avoir proposée cet entretien.

Je partage ma vie depuis quelques années entre Paris et la Vendée. J’écris depuis 5 ans.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux ? En général, combien d’heures consacrez-vous à l’écriture ?

  • Je n’ai plus d’activité professionnelle depuis 2 ans. Quand j’ai commencé à écrire, je bloquais des week-ends entiers où je ne faisais que ça, à peu près une fois par mois.

Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

  • Je ne me souviens pas avoir eu envie d’écrire, c’est venu un peu par hasard. Un concours de circonstances. Une participation à des ateliers d’écriture avec des écrivains, en Vendée. Ce qui est intéressant, dans ce type d’ateliers, c’est la rencontre avec l’écrivain, de ce qu’il fait, de la manière dont il le fait. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, on écrit très peu dans ces ateliers (du moins ceux que je fréquente), on y parle surtout littérature et écriture. Ça m’a plus, j’ai donc continué. Je crois que j’avais besoin aussi de découvrir un univers inconnu pour moi jusque-là.

Un petit rituel d’écriture ?

  • Je n’ai pas de rituel, pas d’organisation, pas de temporalité non plus. J’écris d’abord dans ma tête, c’est à dire que l’histoire germe dans mon esprit, je la travaille, j’invente les personnages, les lieux, les événements. Quelquefois, c’est le thème qui vient d’abord, quelquefois les personnages, la forme du récit (très important aussi). C’est très variable. Et puis un jour, je me décide à écrire et, à partir de là, tout s’enchaine (plus ou moins bien). Il est rare que l’histoire que j’écris soit entièrement construite,  comme par exemple pour Les ballerines bleues : j’avais les lieux, les personnages, les évènements mais arrivée aux deux tiers du livre, je ne savais toujours pas qui serait le meurtrier. Je fais alors une pause, je réfléchis, j’échafaude plusieurs hypothèses (dans ma tête, toujours) et je me remets à écrire…

Vous écrivez dans différents genres : littérature, poésie, érotique, polar ; est-ce difficile de passer de l’un à l’autre ? Comment choisissez-vous les sujets ? En combien de temps les rédigez-vous ?

  • Non seulement ça n’est pas difficile, mais c’est surtout très intéressant, ça permet d’explorer des univers très différents. Je pourrais dire que pour moi le genre est peu important (sauf pour toucher certains lecteurs plus que d’autres, pour vendre…), et qu’un livre peut aussi faire appel à plusieurs « catégorisations ». Ce qui compte, c’est ce que l’on dit, ce que le lecteur lit ; le genre pourrait être plus considéré dans ce cas-là comme un prétexte à dire qui, de plus, n’est pas incompatible avec un objectif de divertissement. Parce que quand on écrit, on raconte toujours quelque chose de l’humain, de ce que nous sommes, nous, les êtres humains, du monde qui nous entoure et c’est ce qui m’intéresse.

J’essaie d’écrire à peu près un livre par an, mais là, j’en suis plutôt à un tous les quatorze ou quinze mois, J’ai écrit Kevin Martin, un homme sans histoire, en sept mois, avec des coupures dans la partie technique de l’écriture, mais cette histoire m’a habitée pendant un an. Pour Les ballerines bleues, j’y ai pensé pendant deux ans avant de commencer à l’écrire : je voulais écrire un polar sous la forme épistolaire, donc je suis partie du genre et de la forme que j’avais définis pour construire l’histoire. Il m’a fallu ensuite six mois pour finaliser l’intrigue et l’écrire.

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • Au début, je ne me suis pas posée la question. Quand le premier livre a été terminé, en 2010, je me suis dit : qu’est-ce que j’en fais ? A cette époque, pas si lointaine, je ne connaissais rien à l’édition numérique. J’ai donc cherché un imprimeur à qui j’ai confié l’impression de mon livre, et j’ai commencé à fréquenter les salons. C’est quelques mois après que j’ai découvert l’ebook (sur les réseaux sociaux et dans des groupes d’auteurs autoédités) et que j’ai fait mes premiers pas.

Pour ce qui concerne l’édition traditionnelle, j’ai une expérience avec un éditeur traditionnel que j’avais croisé dans un salon. J’ai rompu le contrat au bout d’un an.

Ma nouvelle érotique B.A.L. en soir a un éditeur traditionnel. J’ai signé un contrat de quatre ans. Ma première expérience m’ayant échaudée, je ne prends aucun risque dont celui d’être éditée par une maison qui n’a pas d’expérience.

Bien sûr, si Gallimard me demande de signer chez eux, ce sera les yeux fermés (ou presque). Quoique… De plus, les droits d’auteur ne sont pas comparables, surtout qu’après quelques années, le travail paie : plus de reconnaissance, plus de visibilité.

Peut-être que si j’avais dix ans de moins, j’enverrais mes manuscrits à des maisons d’édition. D’un autre côté, l’autoédition offre une telle liberté qu’il me serait difficile d’y renoncer…

Avez-vous des auteurs fétiches ? Des références littéraires particulières ?

  • Je n’ai pas d’auteurs fétiches. Si je devais citer des auteurs, je dirais Camus, Vautrin, Lemaître, Philip Kerr, Weslake, Arnaldur, Jim Thompson, Daeninckx, Simenon, Djian (quelquefois), Duras (parfois). Et tous ceux que j’oublie. Je lis aussi beaucoup d’auteurs contemporains… ceux que je croise dans les ateliers d’écriture.

Êtes-vous en contact avec vos lecteurs ?

  • Oui, avec certains ; ce que j’aime lire dans les commentaires, c’est reconnaître l’auteur que je suis à travers ce qu’ils disent du livre. C’est pour cette raison aussi que j’aime bien les salons où le contact est direct.

Quels sont vos projets en cours ?

  • Le prochain livre, je laisse passer l’été avant de me mettre au travail d’écriture proprement dit, pour l’instant, il occupe mes neurones.

La publication d’un recueil de poésie issu du concours de poésie de Plume de poète :

https://www.facebook.com/groups/concourspoesie/?fref=ts

Cette publication est chapeautée par l’association que j’ai créée en janvier 2015.

Et puis toujours des chroniques de livres d’auteurs autoédités avec Nicolas Tison, de l’Ebookivore :

https://www.facebook.com/pages/Lebookivore/720075998037616?fref=ts

Avez-vous un site internet ou un blog ?

Si je vous accordais un rêve ?

  • Qu’il continue (le rêve) ! Celui d’écrire et de toucher les lecteurs.

 

Un grand merci à Catherine pour ses réponses. N’hésitez pas à vous rendre sur son blog pour découvrir d’autres anecdotes et à dévorer l’un de ses nombreux romans.

Lien vers les livres de Catherine Lang

Interview de Patrick Ferrer, écrivain talentueux

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Bonjour à tous,

C’est avec un grand plaisir que j’accueille aujourd’hui Patrick Ferrer, écrivain talentueux ayant à son actif de nombreux romans.

 

Bonjour Patrick, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

  • Oui, bien sûr. J’ai cinquante-huit ans et je peux dire que j’ai toujours évolué dans l’univers du livre, d’une façon ou d’une autre. J’ai abandonné l’école traditionnelle avant le Bac et me suis instruit à l’école de la vie. J’ai été bouquiniste sur les quais de la Seine, travaillé en librairie, et puis chez un éditeur étranger où j’ai eu l’occasion d’acquérir une précieuse expérience dans le marketing. J’ai toujours aimé écrire et mes collègues me confiaient systématiquement les travaux de copywriting parce que c’était mon point fort. Quand j’ai quitté l’édition, je me suis lancé dans l’écriture romanesque pour mon propre compte, un rêve que j’entretenais depuis toujours et qui relie mes deux passions.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux ? Combien de temps consacrez-vous en moyenne à vos écrits ?

  • Oui, j’ai un boulot alimentaire qui ne me prend pas trop la tête et je me suis organisé pour consacrer un maximum de temps à l’écriture. Ce n’est pas toujours facile, quand on rentre crevé le soir à la maison, mais je m’efforce de consacrer une quinzaine d’heures par semaine à l’écriture pure. Plus à peu près autant d’heures à la promotion de mes œuvres et à participer à la communauté des auteurs indépendants.

Avez-vous des petits rituels lorsque vous écrivez ?

  • J’ai besoin de calme essentiellement. J’écris deux, trois heures d’affilée, après quoi je fais un truc pour me détendre. J’aime bien sortir et marcher dans un environnement serein pour éliminer la « crasse mentale » qui peut s’accumuler lorsque j’écris des trucs assez durs (la plupart de mes sujets d’écriture remuent des trucs assez angoissants) mais, habitant Paris, ce n’est pas toujours facile. Quand je bloque totalement et que je ne peux plus écrire, je m’évade quelques jours à la campagne pour recharger mes batteries.

Vos livres sont des thrillers, des romans noirs, comment vous est venue l’idée du premier et pourquoi ce style ?

  • En fait, j’écris dans différents genres. Science-fiction, Fantastique, Western, Horreur, Aventure et Policier/Espionnage. Il y en aura d’autres. Je pense qu’un auteur, ou tout artiste, doit être capable de maîtriser tous les instruments de son art. Le polar est le seul genre où j’ai été capable d’écrire un long roman alors que pour les autres, je suis plus à l’aise au format court. Pour mon premier roman, je n’avais pas de style préconçu au départ, je voulais simplement écrire une histoire et j’ai eu l’idée d’un flic émérite qui tombe amoureux de la suspecte et dont la vie va être détruite à cause de cela. Mon héros devait mourir à la fin. Bien sûr, mon personnage n’était pas d’accord et nous avons fini par faire un compromis qui nous satisfaisait tous les deux.

Mon style est assez noir parce que j’essaie de traiter de sujets qui me semblent importants pour la survie de l’humanité et de cette planète. J’aime m’attaquer aux abus de pouvoir, à l’injustice, à la discrimination, à tout ce qui peut constituer la folie des hommes et promouvoir les idées de justice, de tolérance, de compréhension et de solidarité entre les êtres de toute nation, race, voire espèce. Pour moi, avant de se défaire du mal qui nous ronge, il faut pouvoir le confronter, le regarder en face. Je considère que c’est mon boulot, en tant qu’écrivain, de dénoncer cela et promouvoir de nouvelles valeurs et idées. Car ce sont les idées qui changent le monde et l’écrivain a un rôle déterminant dans cela.

Votre thriller « Le baiser de Pandore » premier d’une trilogie, a reçu le Prix du roman numérique Monbestseller, qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

  • Honnêtement, les prix, tout ça, ça me fait plaisir, bien sûr, mais ce n’est pas pour cela que j’écris. En fait, mes plus grandes fiertés, ce qui me touche réellement, ce sont les réactions positives des lecteurs. Je crois qu’il n’y a pas de plus grande récompense qu’une personne lambda qui vous dit : « Moi qui ne suis pas fan de polars, je reste sans voix… je viens de découvrir qu’un auteur de roman noir pouvait aussi être subtil, écrire avec grâce et intelligence. Vous remettez mes a priori en cause et je vous en remercie ! » Ce genre de truc n’a pas de prix.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de vos romans ? Et combien de temps en général mettez-vous pour les écrire ?

  • Mon premier roman a été très long à écrire. D’abord parce que c’est un pavé de 950 pages (après avoir écumé une centaine de pages en trop environ), parce qu’il traite d’événements historiques pour lesquels j’ai dû faire pas mal de recherche et parce que c’était également un apprentissage et que j’ai écrit huit versions différentes du roman. Tout ça prend beaucoup de temps, des années en fait. Par opposition, j’écris mes nouvelles en deux, trois jours max. Une de mes nouvelles la plus populaire, « La rouille », a été écrite en une après-midi. Je ne pense pas qu’on puisse quantifier cela précisément, ça dépend de la complexité du sujet.

La difficulté principale est de trouver le temps d’écrire. J’ai suffisamment d’idées pour écrire en continu pendant des années mais le temps est le grand ennemi.

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • Oui. J’avoue que j’étais naïf, même ayant bossé plus de vingt ans dans l’édition. J’ai écrit mon premier roman, « Le baiser de Pandore » sans me soucier du marché ou des impératifs éditoriaux et quand je me suis pointé chez les éditeurs avec un manuscrit de plus d’un million de signes… J’ai claqué un fric fou en impression de manuscrits et en envois sans aucun résultat. Alors, j’ai décidé de diffuser gratuitement une moitié du manuscrit sur des sites de lecture comme MonBestseller et YouScribe. Et, à ma grande surprise, « Le baiser » a décollé dans les classements, les lecteurs ont aimé et l’ont fait savoir. Finalement, grâce à ce modeste succès, j’ai eu des contacts avec deux éditeurs parisiens qui avaient aimé mon manuscrit mais leurs demandes (sans doute justifiées) quant aux changements à effectuer pour le rendre publiable (principalement le réduire de moitié) étaient au-dessus de mes forces. Il aurait fallu tout réécrire. J’avais accouché d’un enfant sans doute difforme mais je ne me sentais ni le courage, ni l’envie de le renier.

À l’origine, j’avais une idée préconçue de l’autoédition qui s’est avérée fausse. Pour moi, seule l’édition traditionnelle pouvait donner de la légitimité à un auteur. S’auto-publier, c’était l’équivalent de ce que les Anglais appellent du ‘vanity publishing’, l’édition de vanité. J’avais tort. La légitimité, elle vient de vos lecteurs. Ce sont eux qui décident si vous êtes un auteur ou pas. Pas l’éditeur, pas les critiques. Les lecteurs. Et l’autoédition est le test le plus probant et le plus difficile de cette conquête. Parce que vous êtes seul face au lecteur et qu’il vous faut le séduire sans autre artifice que votre livre.

Je travaillais donc, suite à mon premier échec avec les éditeurs, sur deux autres romans beaucoup plus courts et publiais des nouvelles ici et là lorsque j’ai découvert par hasard qu’un auteur indépendant, Jean Philippe Touzeau, délivrait un séminaire gratuit en 22 vidéos sur comment s’auto-publier avec succès. J’ai suivi la série avec un intérêt croissant et, arrivé à la fin, j’avais toutes les cartes en main pour me lancer dans l’auto édition. Suivant les conseils de JP, j’ai cassé mon roman en trois parties d’environ 300 pages chacune, j’en ai réécrit une partie pour en faire trois tomes distincts et je me suis lancé avec le premier tome publié sur Amazon en novembre 2014. Au même moment, un micro-éditeur de SF m’a proposé de publier deux de mes nouvelles et j’étais lancé.

Je dois dire que je ne regrette pas ce choix. Aujourd’hui, j’ai vendu plus d’exemplaires de mon roman que j’aurais pu espérer en vendre avec l’édition traditionnelle, mes trois tomes sont placés depuis des mois dans le top 20 des Thrillers d’espionnage et chipent régulièrement la première place à Millénium ou Ken Follett et je peux envisager un jour de vivre de mes ventes si elles continuent à croître de la sorte.

On vous dit le digne héritier de Fred Vargas, cet auteur a-t-il été une référence pour vous ? Avez-vous d’autres écrivains fétiches ?

  • En fait, ayant vécu longtemps à l’étranger avant de me lancer dans l’écriture, mes influences sont plutôt cosmopolites. Je ne connaissais pas Vargas (ses fans, j’espère, me le pardonneront) avant que certains lecteurs ne soulignent nos points communs. Mais c’est flatteur, même si nous écrivons sur des sujets assez différents. Je suppose que c’est l’atmosphère et les références historiques du roman qui donne cette impression.

    Sinon, j’ai lu et lis énormément dans des genres très différents. Les livres que je conserve précieusement dans ma bibliothèque sont les œuvres de Vian, les premiers romans de H. Murakami (avant qu’il soit connu) et les écrits des surréalistes, mais dans les étagères du bas, on trouve de tout : des écrits moyenâgeux, du polar chinois, de la SF russe, du roman français (Tournier, Modiano, Houellebecq) des contes, légendes et mythologies de tous les pays, des livres d’espionnage de John le Carré, Len Deighton et Martin Cruz Smith. J’ai lu énormément de SF, Asimov, van Vogt, Bradbury, Clarke, Heinlein, Sturgeon, K. Dick, Farmer, Gibson. Je suppose que tout ce qu’on a lu vous imprègne d’une certaine manière donc si vous pouvez imaginer un pot-pourri de tout ça…

Etant déjà connu comme auteur avez-vous des contacts avec vos lecteurs ? Sinon, l’envisagez-vous ?

  • Ce ne sont pas tant des contacts avec les lecteurs que des gens qui partagent la même passion. Le contact avec les lecteurs se limite souvent à « J’ai beaucoup aimé, quand sort le prochain ? » ou « en avez-vous publié d’autres ? » et je pense que c’est bien. Ce que j’ai à dire, je le mets dans mes livres. Les gens les lisent et occasionnellement me mettent un commentaire ou m’envoie un encouragement ou un remerciement ou une critique salée. L’échange s’arrête là. Je crois que c’est parfait comme ça.

À côté de cela, j’ai des messages de lecteurs qui sont aspirant auteurs eux-mêmes, ou travaillent dans le milieu ou tiennent un blog et nos contacts donnent lieu à des échanges. Par exemple une lectrice m’a signalé des anomalies dans mes livres et depuis elle fait office de première correctrice. Ce sont toujours des échanges, des conseils, des avis constructifs qui font partie de mon travail et l’enrichissent.

Avez-vous un autre livre en préparation, un tome 4 pour « Le baiser de Pandore » ou d’autres projets ?

  • Oui, j’ai deux autres romans en cours d’écriture, et j’écris régulièrement des nouvelles pour des anthologies, des magazines ou des webzines dont je prévois de publier prochainement un recueil qui sera plutôt SF/Fantastique. La saga du Baiser de Pandore est terminée pour l’instant et l’intégrale en un volume sera auto-publiée prochainement. Il y a certains personnages qui pourrait être développés dans des histoires ultérieures, pourquoi pas, j’ai encore plein de matériel que je n’ai pas utilisé pour le « final cut » mais pour l’instant j’ai envie d’explorer d’autres univers.

Il est également possible que je m’associe avec un éditeur mainstream pour sortir une série, qui m’obligerait à travailler un autre style d’écriture, à épisodes. J’ai fait un premier essai avec le Quotidien du Médecin pour lequel j’ai pondu une petite série policière centrée autour d’une jeune légiste et c’est assez facile à faire. Ça ne m’a pris que quelques jours à écrire et ça paie bien donc ça me permet de financer d’autres projets.

Avez-vous un site internet ou un blog ?

  • Oui, j’ai un blog à www.mezaventures.com où les lecteurs peuvent lire gratuitement mes nouvelles et des extraits de mes livres. Mais c’est encore en chantier, faut porter le casque pour s’y aventurer.

Si je vous demande quel serait votre plus beau rêve (allez deux ou trois si vous voulez) lequel serait-il ?

  • Mon véritable rêve serait que tous ensemble nous créions une civilisation humaine basée sur l’intelligence et le respect de l’autre et de notre environnement. C’est d’autant plus rageant que c’est parfaitement possible si l’humanité commençait à s’attaquer aux vrais problèmes qu’elle doit confronter pour survivre et prospérer, au lieu de jouer le jeu des intérêts d’une minorité qui n’ont aucun égard pour la vie humaine, pour la planète, sa faune et sa flore. Nous laissons des fous furieux nous diriger et nous plaignons que le monde soit devenu un enfer. Chacun d’entre nous joue un rôle, si minime soit-il, pour injecter de la raison dans notre civilisation et en éliminer la folie. Si mes écrits peuvent contribuer à cela, je serai le plus heureux des hommes.

 

Un grand merci à Patrick pour avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Je vous invite à consulter son blog cité plus haut, vous pourrez y trouver des petits bijoux de littérature.

Et surtout n’hésitez pas à vous procurer ses livres :

Livres de Patrick Ferrer

La Corporation des Gueux de Pascale Madeleine

corporation des gueux

Un très beau roman qui décrit sans concession mais sans misérabilisme aucun  le monde des SDF, ces miséreux desquels notre regard se détourne au détour d’une rue.

L’auteur doté d’une belle plume nous livre des portraits empreints de douceur, tout en finesse.

Une immersion dans un monde sans concession où chaque jour est une lutte contre soi-même, un combat en dehors d’une société qu’ils rejettent ou qui les rejettent.

Car ces hommes ou ces femmes ont eu une vie avant, ont fait partie du moule. Se regroupant en corporation, pas forcément d’indigents d’ailleurs, ils espèrent ouvrir les yeux de tous sur ce qu’ils sont, des personnes à part entières…

La corporation des gueux

Powerful-Tome 1 : Le royaume d’Harcilor de S.N. Lemoing

POWERFUL TOME 1

Bienvenue dans le royaume d’Harcilor où règne un tyran nommé Relan entouré de ses gardiens aux pouvoirs surnaturels.

Mais sous une tente magique se fomente une révolution  pour lui reprendre le trône. Kaaz un Silarien,  son père adoptif et ses amis recrutent une armée de combattants afin de les mener au combat.

Beaucoup de protagonistes de cette histoire ne connaissent pas leur pouvoir et vont en faire l’apprentissage peu à peu.

Un roman d’Héroïc Fantasy d’un genre différent, qui fait la part belle aux sentiments. Des personnages attachants, bien décrits. Des scènes d’action plus vraies que natures.

Un style simple mais efficace font de ce roman un bon moment de détente qui s’adresse à un public jeune ou moins jeune.

La fin nous laisse présager une suite promettant d’être riche en émotions…

Powerful Tome 1 : Le royaume d’Harcilor

ALE 2100 de Sophie G.WINNER

ALE 2100

Lola est une jeune femme de dix-neuf ans vivant  à Bruxelles, en 2025, dans un monde ayant déjà bien évolué.

Accro aux jeux vidéo, elle est choisie pour tester ALE 2100 où n’existe plus le barrage de l’écran. Son casque sur la tête, elle plonge de plain-pied dans une réalité virtuelle plus vrai que nature, car les sensations ressenties sont extrêmement proches du réel .

Ce qui attend la jeune femme et ses amis sous forme de jeu, n’est guère enthousiasmant pour notre planète. Si nous pouvions voir la conséquence de nos actes, si nous pouvions nous immerger dans un avenir d’apocalypse, que ferions-nous ?

Certes, ce roman nous ouvre les yeux sur un avenir incertain, mais sans pour autant que l’on ressente de leçon moralisatrice.

La surprise est totale à chaque fois que notre héroïne entre dans le jeu pour une nouvelle partie, parfois délirante, effrayante mais toujours pertinente.

ALE 2100 c’est aussi un livre plein de sentiments. Lola et les différents personnages sont très attachants, avec des personnalités distinctes mais complémentaires.

De plus, l’écriture de Sophie G. Winner est fluide et très agréable à lire.

Que l’on aime ou pas les jeux vidéo, on adhère très vite à ce roman que je verrais bien sur grand écran.

La fin nous laisse sur les dents avec une furieuse envie d’ouvrir le Tome II…

 

ALE 2100 Partie 1

Les Orakles de Morgane Pinon

les orakles

Coup de chapeau à l’auteur pour avoir su renouveler un genre où bon nombre d’écrivains se sont engouffrés, pas toujours avec succès !

L’héroïne, Lowyn est une jeune lycéenne dont la vie va basculer le jour où ses pouvoirs lui sont révélés. A partir de ce jour, elle évoluera tant bien que mal dans deux mondes, le magique et le non-magique. Pas facile pour Lowyn de cacher la vérité à ses proches, pas facile de passer d’une petite vie tranquille à de grandes responsabilités en tant qu’Orakle de l’Eau… La jeune femme va vite découvrir la nature cachée de certains individus, parfois à ses dépens.

Morgane Pinon nous ensorcelle grâce à sa plume magique. Il est aisé et plaisant de la suivre  sur le chemin de son univers enchanté.

Un beau roman dont la fin très inattendue, ne nous donne qu’une envie, ouvrir le prochain tome…

 

Les Orakles