Laurence Lopez Hodiesne

Un livre, une toile…

banniere blog laurence lopez hodiesne

Catégorie : Interviews

Interview de l’auteure Monique Massot-Escaravage

monique-massot-escaravage-vent-d27espoirs

Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir Monique Massot-Escaravage dont le roman Vent d’Espoirs sortira le 06 juin aux Éditions AETH.

 

Bonjour Monique, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

  • Bonjour à vous toutes et tous. Je m’appelle Monique Massot-Escaravage. Je suis née en Algérie dans les années d’ après-guerre. J’ai 4 enfants et j’habite dans la belle ville d’Antony depuis 25 ans. J’occupe mon temps entre l’écriture, le bénévolat et le plaisir immense que me procurent mes petits-enfants.

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux

  • Non, je suis à la retraite et j’ai tout mon temps pour me livrer à mes passions.

Combien de temps consacrez-vous en moyenne à l’écriture ?

  • Je ne m’impose rien. Quand j’ai une idée, (souvent la nuit quand je ne dors pas), je me précipite sur mon cahier et je note tout avant que cela ne disparaisse. Je peux rester des jours sans écrire, tout comme il m’est arrivé d’y passer 6 heures sans voir le temps filer.

Qu’est-ce qui vous a poussée à prendre la plume ?

  • J’ai depuis toujours un carnet qui ne me quitte pas. J’y note tout ce qui a de l’importance pour moi. Cela va de mes tristesse face aux coups durs de la vie, à mes mésaventures (en voyage, je me demande souvent si je ne suis pas maudite) pour terminer par mes plus grandes joies (la famille, les amis). Il y a quatre ans, je parlais à mon fils via Skype. Il vit à Montréal depuis 7 ans. Il me montre une grosseur sur son cou. Mon sang n’a fait qu’un tour. Échographie. Diagnostic : Suspicion très forte de cancer de la thyroïde. Retour en France en catastrophe, opération à L’hôpital de la Pitié dans la foulée et l’attente… Entre temps, mon mari me montre également une boule qu’il a dans le cou. Le professeur qui suivait mon fils le rassure, c’est bénin, un goitre. On vous opèrera le mois prochain. Les résultats de mon fils arrivent, ça n’est pas cancéreux. Pour mon mari, ça l’était… Voilà pourquoi je me suis vraiment mise à l’écriture. Je m’évadais de mon quotidien angoissant en m’immergeant dans un autre monde où rien ne pouvait m’atteindre et c’est ce qui m’a permis de me maintenir la tête hors de l’eau.

Comment vous est venue l’idée de votre premier roman ?

  • Il y a 5 ans, j’ai entrepris des recherches généalogiques. J’avais envie de connaitre le parcours de mes ancêtres, essayer de comprendre pourquoi ils avaient quitté leur Alsace natale en 1848, pour peupler la colonie d’Algérie. Par le plus grand des hasards, j’ai mis la main sur un secret de famille qui restera à jamais enfoui dans les oubliettes du temps. L’homme qui a accompagné mon aïeule en Algérie n’était pas son vrai mari et pourtant il avait le même état civil que celui-ci. Que s’était-il passé ? Qui était l’intrus ? Ce mystère était resté en latence dans mon esprit mais il refaisait surface de temps en temps sans que l’idée d’un roman ne s’impose pour autant. Ce sont les circonstances décrites plus avant qui m’ont décidée à franchir le pas. C’était ça ou crever à petit feu.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de vos romans ?

  • Mis à part le fait de me documenter pour ajuster fidèlement mon histoire au contexte historique de l’époque, tout a été limpide. Les idées venaient plus vite que le fait de les coucher sur le papier (Je note tout avant d’écrire sur mon ordi).Je n’ai jamais été en panne d’inspiration, bien au contraire…

Pourquoi ce style de romans ?

  • Tout simplement pour que mes enfants et petits enfants connaissent mon histoire. Sans entrer dans les polémiques, dans la politique, sans chercher qui avait tort ou raison. (D’autres, et ils sont nombreux, se sont largement épanchés sur le sujet). Je l’ai voulu léger, volontairement, pour désamorcer les tensions qui perdurent encore.

Combien de temps pour écrire le mot fin à la dernière page ?

  •  Un an environ.

Combien de temps avez-vous mis pour trouver un éditeur ?

  • Trois ans. Mon livre n’étant pas « bancable » je ne les intéressais pas. Pas dans leur lignée éditoriale.

Quels sont vos coups de cœurs littéraires ?

  • Je lis tout. Je ne vais pas vous ressortir les classiques qui font très intello. Moi, mes coups de cœur, je les ai avant les 50 premières pages. Si ça m’accroche et m’emporte, c’est bon. J’aime trop ce que lire m’apporte pour me farcir des bouquins qui ne sont que masturbation intellectuelle. En gros, mes chouchous : Stephen King, Glenn Cooper, Karine Giebel, Douglas Kennedy, Pat Conroy, Harlan Coben. Parmi les auteurs français, David Foenkinos, Frank Thilliez, Maxime Chattam et j’en passe et des meilleurs. Je lis environ 15 livres par mois, c’est dire.

Quels sont vos projets ?

  • Ce roman, «  Vent d’espoirs » retrace de façon romanesque les premières années de mes aïeux en Algérie. En préparation, le second retracera mes dernières années là-bas.

Avez-vous un site internet ou un blog ?

Un rêve ?

  • Plein de projets. Voyager, écrire, aimer…

Un grand merci à Monique pour la sincérité de ses réponses. N’hésitez pas lorsque son roman sortira à le commander (connaissant déjà quelques extraits, il me tarde de le lire)sur le site de son éditeur : www.lestemps.fr

 

 

 

Interview de l’auteur Robert Dorazi

robert dorazi

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Robert Dorazi, auteur de talent lui-aussi auto-édité, qui a bien voulu répondre à mes questions indiscrètes ! 

  • Robert, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je m’appelle Robert Dorazi, et je suis né dans les années soixante, un peu avant que l’homme ne marche sur la Lune pour la première fois. J’ai fait toutes mes études de biologie à Nancy avant de partir plusieurs années pour le Royaume Uni (j’ai eu, entre autre, la chance de vivre plusieurs années à Edimbourg, une ville magnifique) et les USA (où j’ai malheureusement assisté en direct aux attentats du 11 septembre depuis la cour de l’université de médecine et de dentisterie à Newark.) Je suis revenu en France depuis quelques années. Je n’ai pas d’enfants mais beaucoup de neveux, de nièces et même quelques petites nièces. Aussi je fais souvent du baby sitting. J’ai commencé à télécharger mes ebooks il y a un an et demi environ. 

  • Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-il difficile de concilier les deux?

Jusqu’en novembre 2011 je travaillais en effet. J’avais fait des études universitaires avant de partir travailler au Royaume Uni puis aux USA pendant presque douze ans comme chercheur postdoctoral. Ensuite je me suis retrouvé sans emploi. Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est en ce moment qu’écrire est le plus difficile. On pense souvent qu’être sans emploi permet d’avoir tout son temps libre pour ses hobbies. Ce n’est pas vrai pour moi. Je n’avais donc aucun problème à concilier mon travail et l’écriture. J’ai eu un peu plus de problème à concilier chômage et écriture. Cela dit, je continue à allumer mon ordinateur pour y coucher mon prochain roman.

  • Combien de temps consacrez-vous en moyenne à l’écriture ?

C’est vraiment très variable. Je n’ai jamais pu m’installer à côté d’une pendule et à me dire : je vais écrire deux heures puis j’arrête. Lorsque j’écris, cela peut aussi bien durer dix minutes ou trois heures sans que je ne lève la tête. Peut-être que si un jour je peux vivre de mes livres alors je m’astreindrai une discipline. En attendant, je fais avec les moyens du bord. De toute façon je crois qu’il en va de l’écriture comme du reste. On peut, le lundi, passer trois heures à écrire dix pages qui n’auront aucun intérêt et qu’on effacera le mardi, et puis passer trente minutes sur deux pages le mercredi, qui se trouveront être deux pages absolument essentielles à un roman.

  • Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la plume?

C’est très difficile à dire puisqu’il me semble que j’ai “pris la plume” dès que j’ai su écrire suffisamment bien pour imaginer une histoire et la mettre sur papier. Je devais avoir huit ou dix ans. Le premier texte consistant dont je me souviens date du collège. Il s‘agissait d’une petite nouvelle d’horreur avec une statuette démoniaque. Je crois que j’avais tout simplement eu envie d’écrire un petit scénario de film comme j’en voyais au cinéma ou à la télévision à cette époque (on parle des années soixante-dix.) Donc je pourrais dire, d’une manière assez banale, que ce qui m’a poussé à écrire c’est la volonté de beaucoup de gens d’essayer d’échapper au quotidien, aux lois de la physique et la biologie, et de se projeter hors du temps et de notre vie qui passe.

  • Comment vous est venue l’idée de votre premier roman ?

Mon premier roman est donc intitulé Martin Contremage et le Vol de l’Albatros. C’est un roman jeunesse dont j’ai commencé l’écriture en 2002 alors que je finissais un contrat de recherche à Newark, dans la le Jersey. C’était une sorte de pari avec moi-même. Je voulais savoir si je pouvais inventer un univers où la magie serait présente et qui pourtant serait un univers complètement différent de celui des romans de magies qu’on pouvait lire à l’époque, et en premier lieu, bien sûr, la saga d’Harry Potter. Aussi j’ai immédiatement pensé que je n’avais jamais vraiment lu ou entendu parler d’un roman jeunesse se déroulant dans un village apparemment normal mais où certains êtres particuliers créeraient les instruments magiques que les sorciers utilisent. Il allait de soi que ces êtres ne seraient en aucun cas des sorciers eux-mêmes, mais auraient pourtant les talents nécessaires pour construire ces instruments. C’est évidemment une parabole parlant des métiers de l’artisanat. Tout jeune enfant, mes parents m’avaient emmené en Calabre où je suis tombé devant un souffleur de verre qui prit un petit bloc de verre teinté, le fit rougir à la flamme puis en quelques mouvements vifs et précis le modela pour en faire une biche gracieuse. Je me souviens avoir été émerveillé ! J’ai toujours cette biche après plus de quarante ans. Pour moi c’était de la vraie magie. J’ai décidé d’en faire un livre.

  • Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de vos romans ?

Là encore, chaque livre présente probablement un challenge différent. Pour Martin Contremage, il me fallait tout inventer puisqu’il s’agissait de décrire un village totalement imaginaire et différent de tout ce que je pouvais voir par la fenêtre. Je suis assez content de moi en ce qui concerne les personnages, surtout de ceux qui sont vraiment différents des hommes ou des femmes de notre monde. En revanche, je devais rester dans des limites car je ne voulais pas du tout écrire un livre d’Heroic Fantasy. Et surtout je devais laisser des portes ouvertes puisque Martin Contremage est une série qui devrait comporter sept tomes, sept comme les sept catégories d’instruments magiques ! Pour mon second roman, qui regroupe les cinq aventures d’Hiver Minimus, tout a été très simple. Ce n’était pas véritablement un roman et il n’y avait pas de chapitres. Je n’ai fait aucun plan et j’ai pratiquement écrit chaque histoire en une seule traite. Mon quatrième roman, celui que j’écris en ce moment, nécessite un peu plus de préparation et c’est un livre pour les adultes, bien ancré dans la réalité. C’est plus difficile pour moi de rester dans la réalité. Et ce roman nécessite un plan logique. Je passe bien sûr sur les fautes d’orthographe et de grammaires qui ne sont pas mes points forts.

  • Pourquoi ce style de romans?

J’ai commencé à écrire des romans pour les plus jeunes parce que je pense que c’est à eux qu’il faut donner envie de lire en premier lieu. Les enfants lisent de moins en moins pour des raisons diverses, aussi faut-il leur donner envie d’ouvrir un livre, que ce livre soit fait de papier ou d’encre électronique. Lorsque j’étais plus jeune j’aimais beaucoup une série de petits périodiques dont le titre était « Si tout m’était conté » et qui étaient remplis d’histoires fantastiques, de héros imaginaires ou historiques, de légendes. J’adorais ces mondes différents. Alors j’ai naturellement opté pour l’imaginaire quand j’ai commencé à écrire. Les plus jeunes ont un esprit très concret, très visuel. Je crois qu’ils/elles doivent pouvoir lire une page et imaginer facilement la scène dans leur tête. C’est ce que j’ai voulu faire avec Martin Contremage et Hiver Minimus. Ces deux romans sont très graphiques.

  • Combien de temps pour écrire le mot « fin » à la dernière page ?

Pour terminer Martin Contremage il m’a fallu cinq ans. Mais c’est surtout parce que j’écrivais peu, et que je devais constamment penser aux tomes suivants. Je devais semer quelques indices dans le premier tome qui seraient repris dans les tomes suivants. J’ai donc commencé à écrire le tome 2 alors que le tome 1 n’était pas terminé. En revanche, pour Hiver Minimus, chaque histoire a « coulé hors de mon stylo » en un mois à peine. J’écrivais quasiment directement sur mon PC, sans plan. J’ai été très agréablement surpris du résultat. Surtout qu’Hiver Minimus était en réalité le premier nom de Martin Contremage ! Puis j’ai changé d’avis et j’ai fait d’Hiver le héros de BD préféré de Martin Contremage avant de lui donner une vie littéraire propre. Le roman que j’écris en ce moment me prendra quatre mois environ. J’aime l’idée centrale, et je crois qu’elle est assez surprenante. Je n’en dis pas plus pour l’instant.

  • Avez-vous tenté l’édition classique ? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

J’ai soumis Martin Contremage et Hiver Minimus à une trentaine de maisons d’éditions ou plus, avec cette idée qu’ont tous les auteurs, c’est à dire que leur roman vaut bien ceux qui sont publiés par telle ou telle maison d’édition. Je n’ai reçu que des réponses types négatives, ou pas de réponse du tout. Je ne me faisais aucune illusion d’ailleurs. Je n’ai donc pas été franchement déçu. La première fois que j’ai soumis Martin Contremage c’était en 2007. Puis je l’ai remis dans un tiroir virtuel où il est resté en compagnie d’Hiver Minimus pendant environ six ans. C’est en 2013 que j’ai décidé de leur donner une chance sur Amazon, en ebooks. L’auto-édition a ses avantages et ses inconvénients, mais quand l’édition classique ne veut pas de vos livres, l’auto-édition ne peut avoir que des avantages. Et puis quelques auteurs français et quelques centaines d’auteurs américains arrivent à vivre de leurs ebooks. Alors je me suis dit « pourquoi pas essayer ? »

  • Quels sont vos coups de cœurs littéraires ?

J’ai toujours eu un faible pour St Exupery et Marcel Aymé. Christian Bobin m’impressionne. Ses romans sont courts, mais intenses. Je suis aussi un fan de Ian Rankin, Colin Dexter ou Alexander McCall Smith. J’avais beaucoup aimé Marc Haddon, Yann Martel ou Marina Lewycka.

  • Avez-vous des contacts avec vos lecteurs ?

Malheureusement je n’ai pas assez de lecteurs pour avoir des contacts avec eux 🙂

J’espère que ça viendra un jour. Je ne suis pas très à l’aise en société cependant.

  • Quels sont vos projets ?

Le premier projet est bien sûr de retrouver un emploi qui me plaise suffisamment pour que j’imagine pouvoir le faire sans trop d’ennui. Je ne suis pas très optimiste pour l’instant. Et surtout j’ai la quasi certitude maintenant que ce ne sera pas dans le domaine de la recherche. Hors c’est tout de même vingt ans de ma vie que je jette au panier. Ce n’est pas facile à accepter. L’autre projet est de terminer le roman sur lequel je travaille actuellement. Je pense que deux mois de plus y suffiront. Je crois à ce roman parce qu’il parle d’un sujet de société actuel sous un nouvel angle. C’est un livre où l’humour aura aussi sa place, mais ce sera plutôt de l’humour noir.

  • Avez-vous un site web ou un blog

J’ai un blog www.hiverminimus.over-blog.com J’y poste des extraits de mes romans, quelques petits articles parfois ou des critiques des ebooks que j’ai lus.

  • Un rêve ?

Je ne rêve pas beaucoup. Ou plutôt, dans mon esprit, un rêve est, par définition, quelque chose d’inaccessible à jamais. Si ça me semble un but atteignable alors c’est juste un projet qu’on peut entreprendre ou pas, c’est selon. Mais un rêve doit rester hors d’atteinte. Un vœu, me semble plus proche de la réalité. Donc je fais le vœu de pouvoir un jour prochain vivre de ma plume ou de mon clavier. Je souhaiterais pouvoir me dire que demain je n’aurai pas à me lever pour voir un ciel gris, mais que j’inventerai un nouveau personnage que d’autres que moi auront envie de connaître.

Un grand merci à Robert pour s’être livré ainsi.

L’univers fantastique commun à ses livres vous ravira, n’hésitez pas à aller faire un tour sur Amazon pour les découvrir :

http://www.amazon.fr/Robert-Dorazi/e/B00LAB16D8/ref=ntt_athr_dp_pel_1

Interview de l’auteure Caroline Plouffe

interview-caroline-plouffe-auteure-quebecoise

 

Bonjour à tous,

J’ai aujourd’hui le plaisir de vous présenter Caroline Plouffe, une auteur auto-éditée québécoise que j’ai connue grâce à son excellent roman « Causalité paradoxale ». C’est non sans humour qu’elle a accepté de se plier au jeu des questions/réponses pour ce blog !

Bonjour Caroline, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

  • J’ai vécu 32 ans dans le quartier Rosemont/La-Petite-Patrie à Montréal. J’habite maintenant depuis 7 ans dans un village rural de l’est de l’Ontario, à proximité d’Ottawa. Ancienne militante pour l’indépendance du Québec et pour le maintien de la langue française, je suis la preuve vivante qu’il ne faut jamais dire jamais. Je suis une féministe sans enfant qui ne croit pas que sa vie a moins de valeur à cause de son choix de préférer les chats aux bébés, malgré les commentaires de certaines personnes à ce sujet. Je suis aussi militante pour la fabrication des dits bébés en bocaux au lieu que la femme serve d’utérus sur deux pattes, ce qui fait de moi une femme un peu siphonnée aux idées non conventionnelles (c’est parfait pour une auteure, non?).

Avez-vous un métier en dehors de l’écriture et si oui, est-ce difficile de concilier les deux ?

  • Je suis adjointe administrative et juridique dans le domaine de la propriété intellectuelle pour un important cabinet d’avocats à Ottawa. Depuis que je me suis mise à l’écriture (il y a environ 5 ans), je trouve de moins en moins facile de concilier le travail et ma passion. Les idées d’histoires arrivent plus rapidement que j’ai le temps de les écrire. J’essaie toutefois de me rappeler que c’est un passetemps qui me coute de l’argent au lieu de m’en procurer, et qu’un « vrai » travail est important si je veux continuer à écrire sans avoir à manger du Kraft Diner, accompagné d’un délicieux verre d’eau, au souper (je préfère de loin le saumon fumé et le vin!).

Combien de temps consacrez-vous en moyenne à l’écriture ?

  • Je n’écris pas la semaine : me levant très tôt le matin (vers 4 h 30) je suis trop fatiguée après une journée de travail passée devant l’ordinateur. En général, je mets ma casquette auteure la fin de semaine. Je préfère écrire durant plusieurs heures un samedi ou un dimanche au lieu de faire de petites séances par-ci par-là. C’est le moment où mon mari va faire une visite d’une journée à sa famille, se branche sur un jeu vidéo avec des écouteurs ou bien va se cacher au sous-sol en tentant de faire le moins de bruit possible (c’est vraiment une petite bête bien domptée!).

Qu’est-ce qui vous a poussée à prendre la plume ?

  • Je passe plusieurs heures de déplacement en automobile depuis que j’habite en Ontario. Je trouve que penser aux détails d’une histoire en conduisant rend le déplacement dans le trafic beaucoup plus agréable, et je ne vois presque pas le temps passer. Après, il ne me reste qu’à coucher sur le papier les idées que j’ai eues. Je n’ai donc jamais le syndrome de la page blanche, car, lorsque je suis devant l’écran, j’ai déjà une bonne idée de ce que je veux écrire. Je trouvais également que je perdais lentement ma maitrise du français à lire et à écrire presque uniquement en anglais. J’ai ainsi fait une pierre, deux coups, car cela m’a permis de me renouveler au niveau de la langue (donc, ce n’est pas que j’ai oublié certains accents dans mon texte, c’est qu’ils ne sont plus nécessaires!).

Comment vous est venue l’idée de votre premier roman ?

  • Disons que la mort de ma mère, décédée depuis peu à l’époque, m’a inspiré une histoire où une jeune femme ferait l’impossible pour sauver sa propre mère. Je dirais que c’est une inspiration soudaine. L’histoire est toutefois complètement fictive (mon père n’est PAS un salaud!). L’idée provient d’un sentiment d’ennui envers une personne qui me manque terriblement. Après ça, les détails se sont imposés à moi, presque contre ma propre volonté (j’ai parfois l’impression de souffrir du syndrome de la personnalité multiple lorsque je suis en processus de création).

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour l’écriture de vos romans ?

  • Je lis presque uniquement en anglais depuis plusieurs années. La façon de rédiger est bien différente. Les anglophones ne se compliquent pas la vie avec les répétitions de mots; en français, c’est un sacrilège. Heureusement que j’ai le programme de correction Antidote qui m’aide sur ce point. Il y a aussi la question des personnages : ils ne veulent pas toujours faire ou être ce que MOI je veux. Ils deviennent vivants et refusent parfois de prendre la direction que je leur avais destinée. Je dois donc faire avec et modifier mon histoire en conséquence. Il m’arrive même d’être surprise en écrivant et de dire, à la fin d’un chapitre : « Eh bien, je ne l’avais pas vue venir celle-là! »

Pourquoi ce style de romans ?

  • Je n’ai pas un style défini. Je veux écrire ce qui me vient à l’esprit. J’aime toutefois les personnages complexes qui sont émotionnellement fragiles. J’ai cependant pris la décision de n’écrire qu’en nouvelle orthographe, car j’en trouve les fondements logiques et qu’une langue doit se modifier selon les époques afin de rester vivante.

Combien de temps pour écrire le mot fin à la dernière page ?

  • Une seconde… ce n’est tout de même que trois lettres! 🙂

Avez-vous tenté le chemin de l’édition traditionnelle? Pourquoi le choix de l’auto-édition ?

  • Oui, j’ai essayé cette alléchante avenue avec mon premier roman. Ça coute extrêmement cher en impression et frais d’expédition. On attend une éternité pour se faire dire non ou bien ne jamais recevoir de réponse. J’ai essayé avec un éditeur à compte d’auteur et ça m’a couté la peau des fesses (peut-être pas autant qu’en France) pour un service pas très professionnel (j’ai même fait annuler mon contrat un an avant l’échéance afin de rééditer mon roman de science-fiction). Je ne vendrai peut-être jamais beaucoup de livres, mais au moins j’ai la main mise sur tout : mon style, le type d’histoire, la mise en page, la couverture, etc.

Est-ce plus difficile de se faire connaître au Québec ?

  • Oui, surtout en autoédition. Les gens ont encore une vision snob de l’écriture et si tu n’es pas publié par une « vraie » maison d’édition et vendue chez Québec Loisirs ou Archambault, tu es un raté. Puisque les maisons d’édition traditionnelles vendent généralement les livres électroniques avec un petit rabais de 30 à 40 % par rapport au prix papier, les gens ne trouvent pas que ça vaut la peine d’investir dans une liseuse (et je ne parle pas de leur gout tenace pour la sacrosainte odeur du papier!). Il faut ajouter à cela que les bibliothèques ne prêtent les livres qu’en format Epub et que, pour bien des gens, Amazon ne vend que des trucs anglophones et vous verrez que le petit Québécois (ou Franco-canadien) est mal barré! C’est pourquoi j’ai trouvé un imprimeur à la demande et que je vends toujours environ 25 livres de cette façon, sinon, je n’aurais vraiment pas beaucoup de lecteurs à part mon mari!

Quels sont vos coups de cœurs littéraires ?

  • J’aime passer d’un auteur à l’autre et d’un style à l’autre. J’ai une prédilection pour tout ce qui est intrigue policière ou suspense juridique. Je lis aussi parfois des histoires vécues. Dans la catégorie des auteurs autoédités, j’aime bien Alan Annand (qui est, étonnement, aussi astrologue!) et Matt Shaw (qui est… plutôt dérangé si vous voulez mon avis). Il y a aussi Carolyn McGray (bien c’est plus une écrivaine en série et que, parfois, la qualité laisse un peu à désirer). Dans le francophone en édition traditionnelle, j’ai une prédilection pour Patrick Sénécal, un auteur québécois qui n’écrit pas le genre d’histoire généralement vendue au Québec.

Avez-vous des contacts avec vos lecteurs ?

  • J’ai quelques contacts avec mes lecteurs. Toutefois pas autant que je voudrais. Les gens ne comprennent pas qu’il est important pour un auteur autoédition d’avoir le pouls de son public et d’avoir un petit coup de pouce pour faire parler de ses livres. Ils ne voient pas tout le travail que doit abattre un auteur autodidacte.

Quels sont vos projets ?

  • M’incruster comme une tache de sauce tomate sur une chemise blanche dans le domaine de l’autoédition! Je ne me laisserai pas abattre et je continuerai à faire ce que j’aime le plus : écrire! J’ai une novella, très différente de ce que je fais habituellement, qui sortira en format électronique sous peu (http://booklaunch.io/carolineplouffe/coverup101) et j’ai également une trilogie policière dont le premier tome, actuellement en réécriture, sortira (je l’espère!) au courant de l’automne en format papier et électronique (http://booklaunch.io/carolineplouffe/pointderupture). J’ai aussi un projet de traduction de cinq de mes nouvelles pour les publier sur Amazon en anglais (probablement sur un pseudonyme plus « vendeur »).

Avez-vous un site internet ou un blog ?

  • Oui, j’ai un blog (http://carolineplouffeauteure.com), ou plutôt un « blogue » en nouvelle orthographe, mais pas uniquement littéraire. Bien que quelques auteurs m’aient suggéré d’axer uniquement mes textes sur le domaine de l’écriture, je désire parler de ce qui m’intéresse, que ce soit la politique, la langue française (j’écris désormais en nouvelle orthographe) ou un sujet d’actualité. S’il fallait que j’écrive juste des trucs qui se vendent, je pondrais de la chick lit (je ne serais pas une poule très prolifique, puisque ce n’est pas mon style!).

Un rêve ?

  • Juste un?! Impossible! Que quelqu’un qui a du poids dans le monde littéraire tombe en amour avec un de mes livres et que je devienne la future J.K. Rowling! Ou bien qu’un producteur s’intéresse à un de mes romans pour en faire un succès cinématographique au boxoffice. Ou encore, gagner quelques millions de dollars à la loterie pour pouvoir dire « Bye! Bye! Boss! » et me concentrer sur l’écriture… acheter une hobby farm et devenir fermière. Effectuer un voyage interstellaire longue durée et découvrir une nouvelle galaxie, peut-être?

Un grand Merci à Caroline pour ses réponses. N’hésitez pas si vous voulez en savoir plus ou bien vous procurer ses ebooks,  à vous rendre sur son blog : (http://carolineplouffeauteure.com).

Vous ne serez pas déçus du voyage et ça vous coûtera moins cher qu’un aller-retour France-Canada !

LLH

Page 2 of 2

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén