Laurence Lopez Hodiesne

Un livre, une toile…

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Catégorie : Mes Textes

La petite étoile perdue : extrait de mon recueil de Nouvelles

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Extrait de mon recueil de nouvelles :

« Amandine tend à sa mère un petit ange en métal doré, que cette dernière saisit avec précaution pour l’accrocher sur l’une des branches du sapin qu’elles sont toutes deux en train de décorer.

Du haut de ses cinq ans, la petite fille ne peut ignorer la minuscule larme au coin de l’œil de sa maman qui tente de glisser le long de sa joue, mais qu’un rapide revers de la main efface à jamais.Les adultes croient bien souvent que les enfants ne comprennent pas, étant trop jeunes.

Pourtant, Amandine sait bien pourquoi sa mère est si triste. Pourquoi ce Noël est si particulier. Pourquoi sa grand-mère, assise dans le fauteuil du salon, regarde par la fenêtre depuis maintenant vingt bonnes minutes, comme si elle attendait quelqu’un. Une personne qui, comme chaque soir lorsqu’il rentrait du travail,  ne lui fera plus jamais signe en s’engageant sur le chemin menant à la maison.

La petite se doute bien qu’elle ne reverra plus ce grand bonhomme, avec son sourire si lumineux, qui vous faisait oublier en un instant l’objet de votre colère. Cet homme si joyeux, qui s’occupait de sa seule petite fille avec tendresse et bonté depuis sa naissance tant attendue, se faisant complice de ses jeux et quelquefois… de ses bêtises. Même si, parfois, sa santé laissait à désirer, il faisait fi de ses souffrances pour porter Amandine dans l’escalier menant à l’école, juste parce que la petite n’avait pas envie de marcher. Si elle avait su…

Mais on ne raconte pas la maladie à des enfants. Ils la saisissent par des bouts de mots volés au détour d’une conversation.

Amandine se souvient comme si c’était hier du jour où son papy, qui n’avait même plus la force de lui lire une histoire, est rentré à l’hôpital. Parce qu’à partir de ce moment, elle ne l’a plus jamais revu. Depuis, elle a si peur de ce grand bâtiment blanc qui vous vole ceux que vous aimez.

Sa mère lui a expliqué que son grand-père était parti pour un très long voyage, mais le cœur d’Amandine sait bien que l’on ne revient jamais de ce genre de voyage, comme le vieux chat qui s’en est allé au ciel, un jour de printemps, couché là dans son panier….

Alors oui, la petite fille est triste, mais elle veut être forte pour Maman et pour Mamy qui a perdu tous ses mots. Une à une, elle saisit, avec toute sa délicatesse d’enfant, les décorations si brillantes, si gaies, objets inconscients du moment, que sa mère dépose sur les branches d’un sapin sentant bon la forêt.

Alors qu’il ne reste plus rien à accrocher, Amandine et sa mère regardent vers le haut de l’arbre.

Il manque l’étoile ! »

 

L.L.H

recueil nouvelles amour

 

 

 

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Anna et son petit chien : extrait de mon Recueil de Nouvelles

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Extrait de mon recueil de nouvelles :

« Anna vit seule dans son petit appartement. Enfin, pas tout à fait seule. Elle est l’heureuse propriétaire d’un petit chien adoré, un magnifique Lhassa Apso blanc prénommé Loulou. Une petite folie qu’elle s’est offerte voilà cinq ans, lorsque son compagnon a décidé un beau jour qu’il ne l’aimait plus.

Le couple vit alors sur un bateau, ancré au port de Beaulieu sur Mer. Anna n’a jamais particulièrement apprécié cette façon de vivre, surtout les soirs d’hiver où la mer démontée les oblige à se réfugier dans l’appartement du père de son ami. Mais Anna aime par-dessus tout son Antoine et elle ferait n’importe quoi pour lui. Comme ne pas avoir d’enfants car Monsieur n’en veut pas ! Alors elle met son petit mouchoir par-dessus son désir immodéré de maternité et continue malgré tout à aimer cet homme. Anna se contente de sourire lorsque son amie et collègue de bureau lui conseille de bien réfléchir, car si jamais il prenait l’envie à Antoine de mettre les voiles, elle se retrouverait toute seule et le temps passant, ne pourrait plus avoir d’enfants. Mais Anna secoue  la tête en disant que jamais son homme ne la quittera, qu’ il ne cesse de le lui répéter et elle le croit.

Elle n’aurait pas dû. »

 

L.L.H

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Perdue dans la forêt : extrait de mon Recueil de Nouvelles

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Extrait de mon recueil de nouvelles :

« Le feuillage sombre des arbres me cache le ciel.

Est-ce la nuit ou bien le jour ? Des frissons m’assaillent dus autant à la pénombre qu’à l’humidité de l’air. A perte de vue, il n’y a que des épineux, des buissons enchevêtrés, dont la vue m’oppresse.

Instinctivement je serre quelque chose contre moi. Baissant les yeux, je découvre cet objet que je tiens si fermement.

Mon manuscrit ! Comment et pourquoi suis-je ici dans cette forêt inconnue avec mon manuscrit ?

Ni sac, ni bouteille d’eau, rien qui puisse me servir. Je suis perdue. Pas seulement physiquement, non. Je suis perdue, car je ne sais plus comment j’ai pu atterrir au beau milieu de nulle part. Tournant sur moi-même, je cherche une issue. Aucun sentier, rien que ces buissons aux pointes acérées. Mon souffle s’accélère, j’avale difficilement ma salive. Je lutte tant bien que mal devant la panique tentant de s’insinuer en moi. »

LLH

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La cousine grinçante

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Une fois de plus, elle serre les dents tout en gardant un sourire imperturbable. Doit-elle oui ou non, répondre à la question ?

Cette cousine, qu’elle ne voit qu’une fois par an et encore, vient de lui demander d’une voix hautement mielleuse, si elle continue toujours à écrire ou si elle a enfin abandonné cette idée saugrenue.

La jeune femme inspire profondément avant de répondre que jamais elle ne laissera tomber la seule chose pour laquelle elle se sent faite. Un sourire ironique se dessine aussitôt sur le visage trop bronzé de la cousine.

— Tu ne rêves pas un peu, ma vieille ! dit-elle en toisant son interlocutrice.

Cette dernière doit faire un effort surhumain pour ne pas lui jeter au visage, le fond de sa pensée. C’est une réunion de famille après tout. L’esclandre n’y a pas sa place.

— Le rêve est le propre de l’homme et dans mon cas, de la femme, ma chérie.

Qu’y a t-il de plus terrible que deux femmes s’affrontant du regard, le mépris au bord des lèvres !

— A mon avis, il faut que tu retournes travailler, continue la bienveillante cousine.

Cette fois-ci, la jeune femme serre les poings, manquant briser le pied du verre de champagne qu’elle tient dans sa main. Si elle était un homme, il est probable qu’elle lui demanderai de sortir dehors pour s’expliquer. Malheureusement, elle est une femme avec un minimum d’éducation lui interdisant ce genre d’agissements.

— Pourquoi devrais-je retourner travailler ?

L’autre hausse ses maigres épaules.

— Je ne pourrais pas m’arrêter de bosser, moi. Je ne sais pas comment tu fais pour rester toute la journée à la maison. Ton boulot ne te manque pas ?

— Oh, énormément ! Sept heures du matin, sept heures du soir. Pas un instant à moi entre les gosses et la maison. Ne plus pouvoir écrire une seule ligne, tu parles que ça me manque !

La cousine fait une moue dubitative avant d’avaler une gorgée de champagne.

— De toute manière, tu ne seras jamais publiée ! A cet instant, deux options fort alléchantes font leurs apparitions dans l’esprit de la jeune femme. La première, elle arrache les yeux de cette idiote, la deuxième, elle lui griffe le visage. L’ennui, c’est qu’elle n’a pas d’ongles…

Ne laissant rien paraître du trouble intérieur l’agitant profondément, la jeune femme se compose un sourire parfait, avant de répondre d’une voix suave, que seul l’avenir est en mesure de le prouver.

— Je persiste à dire que tu perds ton temps, continue la cousine d’un air dédaigneux à présent.

Que répondre à cela ? Cette personne est tellement persuadée d’avoir raison qu’elle ne tolère aucune explication. « Autant parler à un mur, pense la jeune femme. »

Elle réalise soudain en regardant son vis-à-vis hautement superficiel, qu’elle se moque finalement de ce que pense sa cousine. Cette dernière n’a jamais ouvert un livre de sa vie, à moins d’y avoir été obligé. Pourquoi s’obstine-t-elle à vouloir dénigrer la passion de la jeune femme ? Celle-ci n’en a pas la moindre idée, mais soudain elle ressent une vague de pitié pour sa cousine. Lui arrive-t-il seulement de rêver, de s’évader quelques instants de son esprit tortueux ! Il est fort probable que non, et la jeune femme trouve cela vraiment triste. Combien de fois elle-même s’est-elle projetée en rêve, non pas de gloire ou de fortune, mais plutôt de partage avec des personnes appréciant ses écrits. Les deux cousines sont si différentes. Jamais il ne viendrait à l’esprit de la jeune femme de briser le rêve de quelqu’un à grands coups de mots haineux. Si on enlève l’espoir à une personne, que reste-t-il ? Un avenir étriqué, fait d’habitudes et de lassitude…

La jeune femme ne sait pas si, un jour, elle réussira à toucher du doigt son rêve, mais aujourd’hui plus que jamais, elle est sûre d’une chose, c’est qu’elle n’abandonnera pas. Pendant toutes ces années, elle a laissé filer le temps, reniant ce qu’elle était à cause de tous ces gens, qui n’ ont jamais cherché à la comprendre. Elle a souvent ployé sous l’averse, se redressant péniblement à chaque fois, reléguant sa passion au rang de vulgaire loisir, mais comme par magie, tous ses doutes et peurs qui l’assaillaient, viennent enfin de rendre les armes. Le chemin promet d’ être long et difficile, mais la jeune femme est convaincue que, sans plus aucun remord, il lui faudra laisser sur le bord de la route tous ses étriqués du cerveau.

Levant son verre de champagne bien haut, elle regarde sa cousine en souriant.

— Merci… lui dit-elle dans un souffle.

L’autre la regarde sans comprendre, une fois de plus….

L.L.H

La visite : extrait de mon Recueil de Nouvelles

Images pixabay

Extrait de mon recueil de nouvelles :

« Elle trottine derrière l’agent immobilier de toute la force de ses petites jambes frêles. Son visage est plus ridé qu’une pomme oubliée au fond d’une corbeille et sur son front, se dessine un pli soucieux. Dans son regard, délavé comme le ciel en plein hiver, on peut lire le doute qui s’est insinué dans le cœur de la vieille dame aux cheveux blancs comme neige.

Un homme la précède, grand, élégant dans son costume de ville, qui s’agite sans se soucier le moins du monde de cette femme dans son sillage. Avec de grands gestes, il décrit chaque pièce du rez-de-chaussée de la maison, usant et abusant de termes élogieux, tout cela pour le compte du jeune couple à ses côtés. Ce dernier l’écoute, suspendu à ses lèvres, émerveillé. Il faut dire que la maison leur plaît. Ancienne certes, mais spacieuse et bien agencée. Une de ses vieilles demeures semblant posséder une âme. De celles vous donnant envie de poser sur-le-champ vos valises. »

L.L.H

recueil nouvelles amour

 

 

 

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