Laurence Lopez Hodiesne

Un livre, une toile…

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Catégorie : Romans (Page 1 of 9)

La lettre froissée d’Alice Quinn

 

 

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Que font les auteurs quand ils n’écrivent pas, en général, ils lisent…

Lorsque j’ai découvert le nouveau roman d’Alice Quinn « La lettre froissée », j’ai tout de suite été attirée par la couverture. Le XIXe étant mon siècle de prédilection, je ne pouvais donc passer à côté de cette lecture. Ayant déjà lu des ouvrages de cette auteure, l’ayant même interviewée sur ce blog, voir ici, j’étais curieuse de la découvrir dans un tout autre registre. Du policier toujours, mais du policier historique.

Tout de suite, ce que je peux vous dire c’est qu’Alice Quinn s’est énormément documentée pour écrire cet ouvrage. D’ailleurs, sur son blog, elle nous fait partager toute la préparation du livre, ce qui l’a motivé, ce qui l’a inspiré. L’amour de l’auteure pour sa ville de Cannes, imprègne le récit. On connait la station balnéaire pour sa réputation prestigieuse mais c’est un tout autre aspect que vous découvrirez ici. Cela vous donnera peut-être même envie d’y séjourner en vacances, pour partir à la recherche, armé du guide de l’auteure, des endroits et demeures cités, des rues de cette ville qu’arpenta Guy de Maupassant.

Parlons-en de ce grand monsieur de la littérature, n’était-ce pas un pari risqué de lui donner un rôle important dans l’histoire ? Certes oui, mais Alice Quinn relève ce défi haut la main. On s’attache très vite à ce personnage célèbre et c’est une joie de le voir évoluer dans la sphère Cannoise de la fin XIX. Bien qu’en réalité, ce ne soit pas lui le héros du livre. À priori, ce serait la gouvernante anglaise Gabriella Fletcher, puisque c’est elle la narratrice dans ce roman. Le livre est donc écrit soit à la première personne, soit à la troisième, quand Melle Fletcher ne participe pas directement à l’action mais rapporte les récits de ses amis.

Gabriella est en fâcheuse posture, car déchue de son rang dans la haute société et littéralement au bout du rouleau, lorsqu’elle postule au service d’une jeune fille de joie dont le nom est Filomena Giglio mais qui se fait bientôt appeler Lola Deslys.  Cette dernière est une battante, elle entend par ses charmes se faire un nom dans le cercle ultra fermé de la haute société. Tout oppose ces deux femmes, l’une vient du beau monde, l’autre du peuple. Gabriella est une femme cultivée, une femme raffinée,  avec un secret lourd à porter, surtout pour l’époque, Lola a encore son franc-parler provençale que l’on retrouve tout au long du livre, ce qui en fait aussi le charme.

D’entrée de jeu, on sait que l’on a affaire à un roman policier historique. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le recoupement de faits réels dans l’intrigue même. Certains faits divers de l’époque se retrouvent ainsi élucidés par les deux femmes, sous l’œil pétillant de Guy de Maupassant.  Mais ce roman nous parle aussi de l’aspect sordide de la condition féminine propre aux siècles passés. Une simple employée dans un hôtel de luxe peut mourir dans des circonstances tragiques dans l’indifférence absolue, une fille pauvre n’est en réalité qu’un objet de luxure et pour celles faisant partie de la haute société, rien n’interdit de tomber plus bas que terre.

Bref, La lettre froissée, vaut le coup d’être dépliée et lue, car c’est un beau roman qui vous fera découvrir Cannes sous un nouveau jour, vous immergera dans une belle époque, vous apprendra plein de choses intéressantes et vous donnera certainement envie d’acheter le suivant…

 

 

Sur le blog d’Alice Quinn, vous pouvez même participer à un concours sur le thème de La lettre froissée pour prolonger le plaisir et gagner peut-être un beau séjour à Cannes dans la demeure où vécut Guy de Maupassant et d’autres jolis lots.

À découvrir ici.

LLH

Le journal d’un fou de Nikolaï Gogol relooké par Jean-François Pissard

 

Dans cette version revisitée, Jean-François Pissard nous offre un moment de lecture désopilant et cela malgré le sujet traité. L’exercice était difficile, mais il a réussi avec brio le pari de transposer une nouvelle écrite par un écrivain du dix-neuvième siècle à notre époque.

Ce cheminement vers la folie pourrait faire froid dans le dos, mais prête pourtant à rire ou à sourire dans un texte comme dans l’autre. Le style de Monsieur Pissard n’a d’ailleurs rien à envier à celui de l’auteur russe.

Si les personnages, des célébrités de leur temps, ne sont évidemment pas les mêmes, ils restent les victimes, bien malgré eux, de la plume de notre écrivain contemporain.

Somme toute, ce qui est troublant, c’est de constater que l’homme, peu importe son origine et le moment de sa naissance, reste un être dont l’esprit peut, à tout moment, l’emporter dans un monde plus propice à ses rêves et espoirs. Un monde dangereux où l’auteur Jean-François Pissard nous invite à le suivre le temps d’une lecture.

Un grand merci à ce dernier, pour nous donner envie de découvrir ou redécouvrir les écrits de Nikolai Gogol.

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Les grains de sable du temps de Morgane Pinon

 

Dans ce recueil de Nouvelles, Morgane Pinon, auteure à la plume délicate et touchante, nous offre une panoplie de personnages aux destins exceptionnels ou pas.

Le récit écrit à la première personne permet de se plonger dans les réflexions intimes de chaque héros ou « grain de sable ». De mieux ressentir leurs doutes et émotions. Leurs déceptions aussi.

Je me suis régalée à essayer de deviner à chaque fois quel individu était caché derrière l’anecdote racontée. J’en ai deviné quelques-uns mais certains m’ont étonné, car j’ai découvert la clé de voûte de certains destins qui, si les choses avaient tourné autrement, aurait pu changer l’Histoire…

Ce texte est aussi un moyen de réfléchir sur le pourquoi du comment. Il suffit parfois d’un élément, d’une rencontre, d’un refus pour que bascule une vie. Prendre tel ou tel chemin peut nous mener à la réussite, à l’affirmation de soi, au bonheur tranquille ou bien au pire des scénarios.

Le titre est très bien choisi, car en effet nous ne sommes que des grains de sables dans l’univers. Certains laissent leur empreinte en bien ou en mal, d’autres sont rejetés à la mer. De nos choix dépendront l’avenir d’autres que nous. Une belle matière à réflexion.

Personnellement, lire les ouvrages de Morgane Pinon est un plaisir, car ils sont toujours empreints de cette même sensibilité. D’ailleurs, je trouve qu’elle porte bien son prénom. Une petite fée de l’écriture…

 

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Mariage à demi de Robert Dorazi

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Je connaissais l’auteur de romans pour la jeunesse, mais pour ce qui est de « Mariage à demi », je me demande si ce ne serait pas une certaine « Sarah » qui l’aurait écrit…

Avec « Mariage à demi », Robert Dorazi nous entraîne dans les fins fonds de la double personnalité. Le héros, Manu Fretin, se bat avec son autre féminin et croyez-moi, ce n’est pas une mince affaire, car la dame est jalouse. Si lui est un fervent admirateur et consommateur de la gent féminine, Sarah, pas vraiment.

Désopilant est le mot me venant à l’esprit pour parler de ce livre. Car de situations pour le moins cocasses en dialogues hilarants, on navigue à vue dans un univers pour le moins singulier.

L’homme a un côté macho, certes, mais un autre carrément candide. Il lui faudra du temps pour comprendre la situation. En même temps, pas facile d’admettre que l’on est pas seul dans sa tête. Et que l’on ne dispose pas de son corps à sa guise non plus. Son langage est parfois terriblement fleuri, mais son analyse des femmes, par moments, perspicace. Ou bien, carrément misogyne. Le combat féminin-masculin en une seule personne.

Carrément drôle, le combat de Manu Fretin contre l’administration pour pouvoir se marier. Bon, il est vrai que c’est un mariage du genre inédit.

On ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman, et à chaque chapitre, on se demande ce qu’il va bien pouvoir arriver à ce pauvre homme. Une sorte de thriller humoristique au style vif et trépidant.

Ce qui est certain, c’est qu’après la lecture de cette histoire, si une petite absence nous vient, on risque de se poser quelques questions…

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Araldus de David Pascaud

araldus

 

Araldus est un petit seigneur du Moyen Âge. Un personnage obscur ayant vraiment existé, possible fondateur de Châtellerault, une commune dans le département de la Vienne.

Du haut de son castrum construit en bois, loin du faste d’autres châteaux, le vassal règne sur ses terres avec une poigne de fer, mais un grand sens de l’équité.

La différence avec d’autres romans historiques, c’est la plongée en apnée dans le cerveau du héros. Ce dernier, que l’on suit tout au long de sa vie, est proche d’un homme de notre temps. Il est loin d’être le rustre que l’on s’imagine. Ses doutes, ses espoirs, son humanité sont touchants, authentiques.

Bien que des siècles nous séparent, on retrouve les mêmes incertitudes, désirs, inhérents à l’homme.  Des désillusions, mais aussi des joies dans un monde où tout est hiérarchisé. Où s’élever est parfois possible pour le fils illégitime d’un noble, à la force du poignet, au prix de luttes incessantes.

Pourtant, il n’est guère facile d’évoluer dans une société sans  concessions, rude, où les conditions de vie particulièrement difficiles n’invitent pas à la tendresse. La vie d’un homme se joue parfois à peu de choses. Mais notre héros a pourtant des émotions vraies, des amitiés réelles. Devant nos yeux se déroule le film d’une existence, comme sur grand écran.

L’auteur, David Pascaud, manie la précision historique, dans le langage, dans les descriptions, avec brio, sans en faire trop, comme ces conteurs d’autrefois.

Alors si, comme moi, vous êtes férus de ces épopées lointaines, n’hésitez pas à monter en selle derrière Araldus, pour une chevauchée inoubliable sur les chemins d’un autre temps.

 

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J’ai loupé le coche de Céline Vay

j'ai loupé le coche

Lire un livre de Céline Vay est à chaque fois une aventure extraordinaire. Sa plume alerte, parfois déroutante nous entraîne sur des chemins sinueux, à la rencontre d’âmes torturées.

Gaby est auteur. Comme son imagination lui fait défaut, il raconte la vie de ses voisines. C’est un homme tourmenté, luttant avec l’autre partie de lui-même, celle qui est féminine. En proie aux affres du quotidien, il survit dans un monde sans concession.

Gaby manie l’humour avec virtuosité, de façon caustique, jouant de l’autodérision comme d’une arme. Il pourrait être le voisin que l’on croise au supermarché du coin sans se douter une seconde du tsunami mental qui, souvent, l’emporte au-delà de sa propre personne.

C’est une plongée dans un esprit masculin, complexe, dominé parfois par sa libido, dont la concrétisation n’apporte qu’une paix relative. Dans les réminiscences de l’enfance, dans un corps ami ou ennemi selon les moments.

Mais c’est aussi une description de la vie de femmes, les voisines, luttant pour élever leurs enfants, pour garder un emploi. En proie à un système les broyant peu à peu, condamnant leurs illusions. Une analyse concrète de notre temps. Un hymne à la solitude, à cette illusoire pensée que derrière l’écran, il y a la vie.

« J’ai loupé le coche » est un récit jubilatoire et sérieux à la fois, extravagant parfois, un mélange de saveurs différentes, une envolée de mots, servis par une belle plume.

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La meute de Chânais, tome 1, Aymeric- la malédiction de Ysaline Fearfaol

la meute de chanais

 

Enfin une histoire de loups garous se déroulant dans notre pays. Et des plus sexy, ce qui ne gâche rien.  D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement, si nous voulons rêver un peu ?

Ysaline Fearfaol, chroniqueuse des De Chânais, une famille très ancienne et pour le moins différente, nous relate l’histoire d’Aymeric, un beau jeune homme ténébreux. Il va rencontrer une demoiselle, Yseult, dont la vie amoureuse jusque-là, s’est réduite à un échec au goût d’amertume. Pour cette dernière, tomber amoureuse d’un beau gosse n’est pas dans ses projets immédiats, vu ce qu’elle a subi. Pour lui, un passé plus que douloureux le suit, depuis fort longtemps, exacerbant son côté sombre.

Mêlant le fantastique à la romance, l’histoire nous emmène le long de la côte atlantique, dans un village mystérieux, un peu hors du temps, dominé par un château ancestral.  Des scènes très croustillantes parsèment le roman, qui s’adresse plutôt aux jeunes, ou moins jeunes, adultes.

Beaucoup de rebondissements, magie, malédiction, vengeance, sensualité, se mélangent pour un cocktail détonnant. Chaque personnage est bien décrit, cachant des blessures secrètes qu’il nous tarde de découvrir, pour certains dans les tomes suivants, à priori.

Evidemment, à la fin, une seule envie reste, celle de lire la suite justement, de continuer à suivre « La meute de Chânais » pour qu’elle nous emmène sur le chemin d’un pays chimérique, où vivent des personnages dont les intentions ne sont pas tendres envers nos charmants héros.

Âmes esseulées ou pas, ne surtout pas s’abstenir…

 

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La cité des sables de Michel Rouvère

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On découvre dans ce roman palpitant, le destin de deux femmes se battant pour exister dans un monde dirigé par les hommes.

D’abord Adonia, une reine adolescente vivant en 686 av.JC, qui évolue entre complots, amour et  trahisons. Puis Moira, jeune anglaise au caractère bien trempé,  née dans une époque où imposer ses points de vue en tant que femme relève du parcours du combattant. En survivant à un crash d’avion au-dessus du Sahara, cette dernière est bien loin de se douter de la formidable découverte qu’elle va mettre à jour.

L’auteur Michel Rouvère, nous fait voyager d’une époque à une autre avec bonheur, et l’on suit avec intérêt les péripéties vécues par les deux touchantes héroïnes. Un bon moyen aussi de découvrir le monde de l’archéologie, passionnant, parfois dangereux, mais aussi riche en belles émotions.

Un livre à ne pas manquer si l’on aime se plonger dans les mystères du passé…

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Un aussi long chemin de Juliette Benzoni

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L’un des meilleurs romans de Juliette Benzoni, à mon sens.

Je l’ai dévoré.

L’histoire se situe au début du Moyen Âge où la beauté apparaît comme un fardeau lourd à porter. La toute jeune et très belle Marjolaine des Bruyères va vivre maintes péripéties, de son mariage forcé à son départ pour Saint-Jacques de Compostelle, en compagnie de pèlerins. Un voyage éprouvant autant mentalement que physiquement.

On ne peut que s’attacher à cette femme fuyant un destin tout tracé et sans amour. D’ailleurs, aura-t-elle droit à sa part de bonheur, telle est la question !

Une route semée d’embûches, des personnages hauts en couleur, c’est un livre difficile à reposer, tant on est avide de connaître le dénouement. L’auteure, au départ avait prévu une suite, mais elle n’a pu se faire et c’est bien dommage !

En tout cas, si vous aimez les histoires d’époque mettant en scène de belles héroïnes, alors n’hésitez pas, suivez Marjolaine sur le chemin du grand pèlerinage.

Au-delà des tours de Anaïs W.

 

Ayant eu la chance de lire ce roman en avant-première, j’avoue avoir été conquise par cette histoire. Pourtant, le sujet est douloureux.

Debbie est une adolescente vivant dans un quartier populaire où la violence se rencontre plus souvent qu’à son tour. Sa famille déficitaire, marquée par des évènements tragiques, la laisse seule face à un quotidien dangereux.

De nombreux thèmes sont abordés avec brio, loi des cités, drogue, peur viscérale, mais aussi amitié envers et contre tout. Chaque personnage est finement analysé. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour ses jeunes sans avenir à priori, en découvrant les raisons de leur descente aux enfers. Des enfants livrés sans pitié aux griffes d’un monde cruel, parfois par leurs propres parents.

Malgré tout, l’auteur nous offre avec son style direct et sans ambages, une belle leçon de vie, de courage. Comme quoi on peut s’en sortir même si toutes les conditions n’étaient pas réunies au départ.

Alors, n’hésitez pas à regarder « Au-delà des tours », vous les verrez désormais sous un autre jour…

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