Laurence Lopez Hodiesne

Un livre, une toile…

banniere blog laurence lopez hodiesne

Catégorie : Romans historiques

La chambre de Françoise Chandernagor

la chambre françoise chandernagor« Le tour de l’île : vingt-quatre pas. Six du nord au sud et d’est en ouest, depuis la porte d’entrée jusqu’à la fenêtre. Les cloisons de planches, la cheminée de marbre et, comme un lac suspendu, le grand miroir – la géographie de la chambre, ses rivages, ses déserts, sa faune, j’en sais tout. Mais le décor, cet étrange décor, acajou et pavé, brocart et chaises dépaillées, qui l’a composé ? Qui, surtout, a donné l’ordre de condamner les portes, puis la fenêtre, la cheminée, de poser des serrures, des verrous, je l’ignore… Et l’enfant ? Lorsqu’on a détaché sa chambre du continent, pourquoi n’a-t-il pas crié ? Pourquoi s’est-il laissé couler ?

À l’origine du crime, qu’y avait-il ?

Quand la foi soulève des montagnes, elle écrase des enfants. Est-ce la foi qu’on trouve au commencement de cette histoire ? Ou bien la peur, la bêtise, le hasard ? Qu’y avait-il au commencement ? » 

Sans être jamais nommé, on devine que ce petit garçon de huit ans, qui se retrouve enfermé pour des motifs politiques, est le dauphin de France, Louis XVII.

Un enfant que l’on va soigneusement oublier  sous la Terreur révolutionnaire, et qui va, peu à peu, s’oublier lui-même…

La plume acérée de Françoise Chandernagor ne nous laisse aucun répit, avec des passages émouvants, des moments intenses et douloureux. Le tout accompagné de superbes descriptions.

On plonge, aux côtés de ce pauvre enfant, dans une terrible et lente descente aux enfers.

Une lecture propre à la réflexion, un genre de roman qui s’incruste au plus profond de votre âme.

Chiara, l’enfant de l’Etna de Liza Lo Bartolo Bardin

Ah chiara enfant de l'etnal’histoire… D’abord la grande histoire, celle avec un grand H, qui s’inscrit dans les archives du temps, et l’autre, la petite histoire, celle gravée dans la mémoire et le cœur des enfants. 
Cet été-là, les enfants de l’île voient leur vie basculer. Le débarquement des alliés sur les côtes siciliennes est vécu comme une délivrance dans un fracas de fin du monde et une pluie de parachutes qui finiront en dizaines de robes blanches pour les petites filles. Chiara, l’aînée de la famille, petite héroïne du quotidien, nous donne une véritable leçon d’amour et de résistance.
Ce récit d’une guerre vue et racontée par les enfants donne à ce roman un ton particulièrement tendre, émouvant, parfois humoristique même lorsque les situations frisent le drame.

Tendre et forte à la fois, se fait la plume de Liza Lo Bartolo Bardin, pour nous parler de ces enfants siciliens, qui voient la guerre avec le regard de l’innocence. Une innocence volée, brisée pour certains, comme cette attachante petite Chiara, que l’on suit pas à pas, se désolant de ce lourd secret qu’elle cache de son mieux, de cette vie dure, infligée par la force des choses, à une petite fille arrachée à son enfance, contrainte de remplacer sa mère et sa belle-mère décédées. Tout cela pour l’amour de ses frères et sœurs, qui la surnomment tendrement « Mammina Chiara », se régalant de ses petits plats, dont l’auteur nous livre les recettes, dans un clin d’œil gourmand.

L’amour est omniprésent dans ce roman, même dans les situations les plus dures, où Chiara garde malgré tout le sourire. Pas un instant, on ne regrette cette escale en Sicile, qui en apprend beaucoup sur la vie d’une île en plein conflit.

Tendre la main à Chiara, l’enfant de l’Etna, c’est se laisser guider sur le chemin d’un joli roman, alors n’hésitez pas une seule seconde…

Les Dames du Faubourg de Jean Diwo

dames du faubourgSi vous aimez les romans historiques, je vous conseille ce livre écrit par Jean Diwo, un auteur que j’apprécie.

Il nous conte avec brio l’histoire de France à partir de 1471, en nous faisant pénétrer dans l’univers des artisans ébénistes.

Lorsqu’on aime les beaux meubles, on ne peut qu’être séduit par la description sous fond romanesque de leur naissance.

Après cette lecture, on a tendance à voir sa commode d’un autre œil.

Ce roman est un gros pavé certes mais vraiment plaisant à lire et qui donne envie de se plonger dans les deux volumes suivants.

Les Mains au dos de Jean Anglade

mains au dos jean angladeIl y a plusieurs façons de se dresser contre la guerre : la maudire, dépeindre les horreurs qu’elle commet, étaler son absurdité. Dans ce roman à sketches, Jean Anglade se jette dans une entreprise difficile : faire rire d’elle. Car le ridicule peut démolir autant et plus que l’invective.

En fait, c’est l’histoire de sept hommes dont les noms figurent sur un modeste monument aux morts de 1914-1918. Chacun était de son vivant affligé d’un problème insoluble : la guerre a résolu ces sept problèmes.

Le roman a inspiré à Patricia Valleix un très beau film qui a obtenu à Aurillac le premier prix du cinéma rural.

Tombant dessus par hasard, j’ai un peu hésité car ce genre de roman n’est pas, d’habitude, ma tasse de thé, mais finalement, je dois avouer qu’il m’a bien plu.

L’auteur nous conte de manière amusante, l’existence peu banale de sept hommes du terroir, désarmants de simplicité, voire de naïveté et cela juste avant la guerre de 1914-1918.

On oublie trop souvent, que derrière ces simples noms gravés dans la pierre de ces fameux monuments aux morts, se cachent des vies, brisées net dans leur élan, par la fureur d’un conflit désastreux.

En lisant ce livre, on prend plaisir à suivre le destin de ces hommes jusqu’à leur mobilisation.

Une autre manière d’aborder la guerre, plus légère certes, mais tout aussi intéressante et surtout, criante de vérité.

La rosée blanche de Jean-Paul Malaval

la rosée blancheEn Corrèze, de la Grande Guerre à la Seconde Guerre mondiale, deux familles luttent pour demeurer sur leurs terres. Le père Goursat compte parmi ces paysans fiers, durs à la tâche et âpres au gain. Après la disparition de deux de ses fils pendant la Grande Guerre se pose la question de sa succession à la tête du domaine familial. Son dernier fils, Léon, préfère partir vivre pour Brive plutôt que de rester travailler la terre. A la même époque, pour le riche propriétaire Marcellin Bascompt, la vie est douce et insouciante. S’adonnant sans scrupule à la paresse et au jeu, il ne voit pas approcher le spectre de la ruine qui menace sa propriété de Galiane-sur-Sévère. Mais les créanciers se font pressants, tandis que son métayer, le rusé Emile Pauliat, manigance pour s’approprier ses terres… Un tableau réaliste et sensible de la paysannerie corrézienne de l’entre-deux-guerres, en pleine mutation. Dans une langue riche et chantante, Jean-Paul Malaval rend hommage à la beauté des paysages du Sud-Ouest, à son terroir et à ses traditions.

Franchement, ce voyage en Corrèze était agréable.

L’auteur nous balade à travers de somptueux paysages, à la rencontre d’hommes pour qui la terre est tout.

Les pieds plantés dans un sol bien souvent durement acquis, la lutte est difficile mais pour ces gens, elle en vaut la peine, coûte que coûte.

Un beau roman servi par une belle écriture.

Page 2 of 2

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén