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Étiquette : instants de vie

Un an de plus…

anecdotes anniversaire

Souffler les bougies sur le gâteau d’anniversaire ( au chocolat ) ne me fait pas sentir plus vieille. Non, c’est un rituel, sans plus, auquel il faut sacrifier chaque année.

Ce qui me vieillit vraiment, c’est lorsque la veille de ce fameux jour, mon mari annonce à mon fils aîné qu’il serait temps pour lui d’apprendre à se raser.

À cet instant, je prends une grande claque dans la figure. Soudain, je me rends compte du temps passé. Je regarde ce jeune homme d’un mètre quatre-vingt-cinq, et je vois le tout petit bébé que j’ai mis au monde, un matin de printemps particulièrement chaud.

Ce petit être avec zéro poil sur le caillou, qui jusqu’à ses un an, a gardé le crâne lisse, et qui maintenant s’insurge contre la masse de cheveux indisciplinés que « je » lui ai fait.

Je me remémore cet enfant qui, assis dans sa poussette, adorait balancer sa chaussure en l’air, pour que moi, bonne poire, j’aille la ramasser, provoquant à chaque fois l’hilarité des passants témoins de la scène. Ou dans ce grand magasin, cette fourchette qu’il avait attrapé dans un rayon, et qu’il brandissait fièrement, sous le regard étonné des gens, qui ne pensait même pas à m’avertir. En effet, quoi de plus normal qu’un bébé d’un an et demi, tenant dans sa petite menotte, un ustensile de cuisine pointue, donc, à priori dangereux ! Heureusement que je m’en suis rapidement rendue compte.

Ah ! J’en aurais bien d’autres à raconter mais bon…

Tous ces souvenirs remontent à la surface, serrant mon petit cœur de maman. Aujourd’hui, je regarde mes fils avec un peu de nostalgie. Surtout, depuis que la douce mélodie de Oui-Oui a été remplacé par une musique, allez, ne nous voilons pas la face, une musique de sauvage… C’est bien moi qui disait que jamais je n’emploierais ce mot. Il y a combien d’années déjà ? Ben, cela ne fait pas si longtemps en fait. Parce que pour ma part, je n’ai pas l’impression d’avoir vieilli ! Bon, je distingue bien quelques rides sur mon visage, imperceptibles il n’y a pas si longtemps, mais c’est tout.

Cependant, certaines petites choses m’irritent, comme cette capacité de la jeunesse à vouloir tout savoir, tout connaître : « Mais Mamaaaan, t’y comprends vraiment rien !!!  » Aie ! Ça fait mal ! Quand cela est-il arrivé ? À quel moment suis-je passé de l’autre côté, celui des adultes ? Celui dont je me gaussais, quelques années auparavant.

« Jamais je ne ferais ceci, jamais je ne ferais cela.  »

Oh ! Je me rappelle ces paroles vides de sens que je clamais à tout vent. Eh ! Bien, c’est fait, j’ai atteint l’autre bord de la mer et la traversée s’est fait rudement vite. C’est ça qu’ils appellent une croisière !

Non, je ne me laisse pas emporter par un tourbillon d’amertume, bien au contraire, je constate juste les dégâts, c’est tout. D’ailleurs, je me sens bien mieux aujourd’hui que lorsque j’avais vingt ans, c’est tout dire…

Mais si les enfants pouvaient grandir un tout petit peu moins vite, qu’on ait le temps de se voir vieillir…

L.L.H

Coucou c’est moi…

histoires de vie

C’est un après-midi propice à l’inspiration, l’un de ces moments où le stylo ne glisse pas assez vite sur la feuille, peinant à suivre le cours de mes idées. Un moment, où l’on voudrait que le temps, accorde le temps à nos pensées de s’écrire sur papier.

Je suis donc en train de me laisser porter par la vague de mots, qui m’emmène toujours plus loin, m’éloignant du rivage de la réalité, lorsque soudain, la sonnerie de la porte d’entrée résonne dans l’appartement.

Mes doigts se figent dans l’espoir que mon cerveau n’ait pas entendu. Mais voilà que l’on sonne à nouveau. Je fronce les sourcils, en tentant de croire que c’est la porte d’entrée de l’immeuble, car si c’est le cas, je peux toujours faire semblant de ne pas être là.

Sauf que, maintenant, la personne tape sur la porte de l’appartement, de façon très énergique. Je soupire et me lève, vaincue. A tous les coups, ce doit être un représentant en fenêtres. Il en passe tous les mois dans l’immeuble. J’ai beau leur dire que non, je n’ai aucune intention de remplacer mes fenêtres, comme ce n’est jamais le même, j’ai droit au laïus complet et au prospectus, qui, si je les gardais tous, me permettrait de tapisser un mur. Autant dire que là, je suis un tant soit peu agacée.

J’ouvre la porte en faisant taire le chien, qui hurle son mécontentement d’avoir été dérangé pendant sa sieste. Et là, alors que je prépare mon refus habituel, avec sourire de circonstance, je tombe nez à nez avec :

– Coucou, c’eeeeest mooooi !!!

Finalement, j’aurais préféré voir un représentant.

– Alors, t’es contente de me voir ?

Pourquoi, ça ne se voit pas à mon sourire figé…

– Ben alors, tu ne m’invites pas à entrer ?

Où avais-je la tête ?

Bon, allez, j’avoue, l’espace d’une seconde, j’ai eu la furieuse envie de refermer la porte au nez de cette chère Coucou c‘est moi, mais c’est très malpoli de faire ça… J’ai donc ouvert la porte en grand.

Coucou c’est moi, s’est ruée à l’intérieur de l’appartement, comme si sa vie en dépendait. Je n’ai pu m’empêcher de regarder dans le couloir pour voir si quelqu’un la poursuivait. Un réflexe bien naturel. Coucou c’est moi, a jeté son manteau sur une chaise, en se plaignant d’être éreintée à cause de son boulot.

– Tu m’offres un café ? J’en ai bien besoin.

J’ai jeté un coup d’œil sur mes papiers, posés sur le bureau, à côté de mon ordi.

– Je ne te dérange pas au moins ?

Ben, si un peu quand même…

– Euh…

– Ah ! Tu travaillais sur ton bouquin…

Elle hausse les épaules.

– Tu pourras finir plus tard.

Ben voyons !  Je n’ai plus qu’à appuyer sur le bouton « stop imagination » et à le réenclencher quand elle sera partie, c’est ça !

De toute manière, je n’ai pas le choix. Donc, je file dans la cuisine, pour lui préparer sa tasse de café, tout en regardant l’heure. Quatorze heures. Avec un peu de chance, elle ne va pas rester trop longtemps…

J’apporte le liquide brûlant et quelques gâteaux secs, reste de courtoisie tout de même.

– Oh ! Merci, tu es un amour !

A peine a-t-elle avalé son breuvage, que Coucou c’est moi se lance dans une diatribe sur son boulot. Elle n’en peut plus. Elle travaille à mi-temps, mais n’a le temps de rien. En même temps, si elle prend le café chaque après-midi chez quelqu’un, c’est normal…

Coucou c’est moi, me parle ensuite de ses enfants qui lui prennent la tête, et quand je tente d’en placer une sur les miens, elle m’arrête tout de suite, les siens sont les pires des pires. Mais bien sûr ! Puis, elle me parle des soldes qui ne sont plus des soldes, des écarts de prix entre les différents camemberts…

Et moi, j’écoute bien sagement, calée au fond de mon canapé, les bras croisés, en hochant la tête de temps en temps. Ah ! Si elle était perspicace, elle remarquerait que mon attitude est légèrement fermé là. Je décroise les bras, mais un énorme bâillement tend à vouloir me décrocher la mâchoire. Et Coucou c’est moi qui continue de parler. J’entends un bruit là…zut, c’est juste un de mes personnages qui m’appelle.

– Et toi t’en penses quoi ?

Hein ! Quoi ? Oups, là, c’est la question piège par excellence… Bon, allez j’avoue, j’ai un peu décroché, mais si je lui dis, elle risque de mal le prendre.

– Euh ! Je ne sais pas trop en fait…

Voilà, ça c’est bien. Simple et concis.

– Ah bon ! Tu ne sais pas si cette émission est bien ?

Mince, j’en étais restée au camembert !

– Ben, oui, mais…mais toi qu’en penses-tu ?

– Je viens de te le dire, j’adore…

Je hoche la tête.

– C’est aussi mon avis.

Bon, ok, je ne sais absolument pas ce que j’adore sans le savoir, mais je ne vais quand même pas perdre la face pour une émission de télé.

– Ah bon ! Ce n’est  pourtant pas ta tasse de thé d’habitude.

Tout va bien, je vais bien…

– J’ai aussi le droit de changer d’avis, non mais !

Coucou c’est moi hausse les épaules.

– Il faut dire que cette émission est vraiment géniale avec toutes ses vedettes. J’ai tellement hâte qu’elle reprenne.

Et moi donc ! Je regarde discrètement l’heure. Même la pendule est contre moi.

– Oh ! Si j’osais, je te redemanderai un café. Il est tellement délicieux.

Non, non, n’ose pas….vraiment !

P.S.: Penser à servir un café dégueu la prochaine fois.

Mais comme je suis une personne polie, je lui prépare un autre café. Coucou c’est moi, l’a bu en deux secondes et demi. Et elle a continué à me raconter sa vie, comme quoi sa pile de repassage s’accumulait dangereusement. J’ai pensé très fort que si elle rentrait chez elle, elle avait encore le temps de s’y mettre, mais apparemment la transmission de pensées ne s’est pas faite. Cependant, comme toutes les bonnes choses ont une fin, Coucou c’est moi s’est enfin levée pour partir.

Bon, entre le temps qu’il lui a fallu pour aller au toilette, enfiler son manteau et me dire au revoir, il s’est bien passé un bon quart d’heure. Lorsqu’enfin, j’ai refermé la porte derrière elle en priant qu’elle n’ait rien oublié, il me restait une demi-heure avant d’aller chercher mon fils à l’école. Je me suis assise devant ma table et j’ai essayé de trouver le bouton « retour imagination » mais ça ne marche pas comme ça. J’ai bien écrit quelques lignes, mais bon…

Merci qui ???

A partir de maintenant, quand je suis là… je ne suis pas là…c’est compris !

L.L.H

L’inconnu qui me connaît

histoire perte mémoire

 

Alors que je sors tranquillement d’un magasin, un charmant jeune homme d’environ la trentaine m’interpelle :

– Salut, Laurence, tu vas bien ?

Évidemment, quand quelqu’un vous appelle par votre prénom, c’est qu’il vous connaît ou alors, qu’il est médium. Comme je penche plutôt vers la première solution, je tente de rassembler tous mes souvenirs, afin de déterminer de qui il peut s’agir. Pour me donner le temps de la réflexion, je sors un brillant :

– Euh…ça va et…toi ?

Grand, baraqué, regard couleur d’azur et chevelure sombre coupée à ras. Habillé très classe. Quand même, il doit bien être planqué dans un coin de ma mémoire. Mon mari arrive sur ces entrefaites, avec le sourire de circonstance qui, après traduction donne : « C’est qui ce type ? Qu’est-ce qu’il te veut ? »

L’ennui, c’est que je ne sais pas du tout qui est cet homme !

– Alors, tes enfants vont bien ?

Ah ! Il sait que j’ai des enfants.

– Deux garçons, je crois.

Oh ça se précise… Donc, je l’ai connu avant d’avoir le troisième.

– Euh…maintenant, j’en ai trois de garçons.

– Ouah, c’est génial ! Tu ne dois pas t’ennuyer chez toi.

– Naannn…

Bon sang de bonsoir, mon cerveau est déconnecté ou quoi. Allô, allô, besoin urgent d’informations !!! On se magne. Est-il utile de préciser que mon mari me regarde de travers !

– Et dis-moi, tu travailles toujours au Labo ?

Labo ! Donc, il connaît mon ancien boulot ! Je jette un œil sur mon conjoint, espérant peut-être une aide de sa part, mais le sourire en biais qu’il affiche ne m’aide pas beaucoup.

– Euh… non, plus maintenant.

– Ah bon ! Mais au fait, tu écris toujours ?

Là, les bras m’en tombent, plus la mâchoire, et j’en passe. Peu de gens dans mon entourage sont au courant pour l’écriture. Je le crie rarement, très rarement sur les toits. Ce qui est normal, car j’ai le vertige. Donc, à une époque, j’ai dû le trouver vraiment très sympa pour lui avoir confier une telle chose. Ou alors, j’étais sous hypnose ! Pas mal comme idée, cela expliquerait mon trou de mémoire.

– Oui, oui, je continue, mais toi qu’est-ce que tu deviens ?

J’ai bon espoir que, s’il me dit ce qu’il fait dans la vie, je vais enfin me souvenir de lui, car pour l’instant j’ai l’impression de sombrer dans le néant. Va falloir que je fasse le ménage dans ma tête. Un balai quelque part ? Même pas une balayette. Pourtant, un beau mec, cela ne s’oublie pas en général !

– Oh, je viens de monter ma propre boîte ! On démarre doucement mais ça va venir. Faut du temps pour tout mettre en route.

Alors là, ça m’aide vachement. Une boîte de quoi ? Je n’ose pas lui demander car je suis peut-être censée le savoir et donc, je vais passer pour une imbécile, que je suis, de ne pas me rappeler. Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer. J’en ai mal aux neurones.

– Ah, c’est génial…

– Merci ! En tout cas, toi, tu n’as pas changé.

Changé par rapport à quoi, à quand !!!

– Toi non plus…

C’est drôle, ma voix est toute fluette. Quelle menteuse ! Oh ça, c’est pas bien ! Mes joues sont si rouges, que je risque de me brûler la main si je la pose sur mon visage. Et en plus, j’ai hooonte ! Réfléchis, réfléchis. Mais fais un effort bon sang. Je le regarde dans les yeux, qu’il a fort beaux d’ailleurs et mon trouble augmente d’autant plus. Il me sourit. Est-ce qu’il se doute du fait que je ne me souviens plus du tout de lui ? Peut-être même pense-t-il que je ne suis qu’une sombre idiote ? Oh là là, c’est la honte ! Je souris, aussi. Bêtement !

– Bon, faut que j’y aille. Cela m’a fait plaisir de te revoir.

– Euh…moi aussi…

– Allez, à bientôt peut-être.

– Oui…à bientôt.

Et il s’en va d’un pas alerte.

– Dis-donc, c’est qui ce type ? Me demande aussitôt mon mari.

– Je n’en ai aucune idée !

– Tu te fous de moi, là !

– Naaan, je ne sais pas qui c’est, c’est la vérité.

– En tout cas, lui, te connaît, c’est certain.

Et soudain, le déclic. Cerveau reconnecté. Trop tard. Je regarde en direction du jeune homme avant de me mettre à rire.Ce n’est pas possible ! Enfin, les souvenirs me reviennent. L’idée subite et fugace me vient de le rattraper et de lui dire : ça y est, je me rappelle de toi ! Mais pour qui va-t-il me prendre ? J’aurais dû lui avouer tout de suite que je ne le reconnaissais pas. Maintenant, c’est trop tard. Je vais passer pour une…blonde sans cervelle. La honte, quoi ! Avec un peu de chances, il ne s’est rendu compte de rien. Faut espérer… Un fou rire nerveux me secoue de haut en bas ou de bas en haut, au choix, provoquant l’exaspération de mon mari.

– Bon, c’est qui ce type alors ?

– C’est un gamin, dis-je en essayant de ne plus rire, enfin, je veux dire, à l’époque, c’était un gamin, un petit stagiaire de vingt ans, qui a travaillé quelques semaines avec nous. Cela doit faire au moins dix ans !

Et à l’époque, croyez-moi, il n’avait pas du tout la même allure ! Les cheveux lui tombaient presque dans les yeux, cachant presque en totalité son regard limpide. Maigrichon, jamais bien rasé, habillé à la mode des jeunes, dix ans plus tôt. C’est fou ce que je me rappelle soudain. Tous ces petits détails d’alors, qui m’ont marqués. Dommage qu’ils viennent trop tard. Beaucoup trop tard !

– Ben dis-donc, il a de la mémoire lui, me dit mon mari en m’entraînant vers la voiture.

– C’est le moins que l’on puisse dire.

Je jette un dernier coup d’œil dans la direction prise par le jeune homme. Pourvu qu’il ne se soit douté de rien. C’était un garçon vraiment sympa à l’époque ! Tout me revient à présent. Hormis son prénom… Un peu plus tard, j’entre dans ma pharmacie habituelle !

– Bonjour, vous n’auriez pas une mémoire en stock, par hasard ? Non ! Bon, des vitamines, ça ira…

L.L.H

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